and 5 Will. IV, c
4. Pol. Reg., 22 juin 1833; vol. LXXX, pp. 725. — Cf. Times, 9 mai 1834 : le Times, qui déplore le rejet du bill, reconnaît la réalité et la force des préjugés qui ont fait obstacle à son adoption.
5. H. of. L., 9 juillet 1833 : discours de lord Lyndhurst et de lo;d Brougham {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XIX, pp. 312 sqq., 313 sqq.). — Quarl. Rcv., octobre 1833, art. x. The Reform Ministry and ihc Rcformed Parliament (vol. L, pp. 244-5). — Greville Memoirs, 12 juillet 1833.
suspect dans le fait que le projet semble emprunté à ces maudits gouvernements allemands ^ » La Chambre des Lords crut pouvoir rejeter le bill sans indisposer l'opinion,
La réforme de l'organisation judiciaire avait 1.IZ. rix^Di^ciii:. donc, d'une manière générale, réussi. Elle n'avait
DE L'INSTRUCTION , , . ,. , , i, ..... .
PUBLIQUE échoue, par exception, que lorsqu elle était entrée
en conflit avec les préjugés décentralisateurs du peuple anglais. Voici un cas inverse où la pohtique de réforme administrative du ministère whig n'eut qu'un très médiocre succès, parce qu'elle se heurta tout de suite à ces mêmes préjugés. Les grands hommes du radicalisme anglais voulaient que le peuple fût « éclairé », éclairé sur ses véritables intérêts et la manière de les défendre, ]\Iais il ne pouvait l'être sans l'intervention de l'État, et d'abord, à la base, sans un système d'enseignement populaire obligatoire. Le ministère de 1830 fit peu de chose pour orienter l'Angleterre dans cette voie.
De là, chez les radicaux et chez les libéraux avancés, des plaintes très vives, et dont la vivacité va jusqu'à nous déconcerter. Car on a l'impression, à les écouter, que la pensée anglaise est emportée par un mouvement de presque irrésistible décadence : et nous savons cependant que c'est au cours de ces mêmes années que Lyell publie ses « Principes de Géologie », que Faraday transforme la science de l'électricité par une série de grandes découvertes. Mais ce qui choque en réalité les intellectuels du libéralisme et du radicalisme contemporains, c'est l'indifférence du pouvoir à l'égard des lettres et des sciences.
Ils voient la France de 1830 gouvernée par des philosophes, protégeant les lettres et les arts, s'inquiétant d'organiser l'enseignement populaire. Et plus souvent encore, les regards se tournent vers l'énigmatique Prusse, si aristocratique et cependant si soucieuse du bien-être des classes pauvres, si despotique et cependant si progressive. Le grand âge de la poésie allemande est passé; mais l'Allemagne brille au premier rang des nations occidentales par ses historiens et ses juristes. Boeckh, Niebuhr, Grimm, Ottfried Mûller, Heeren, Savigny, Gans trouvent à Londres, à Oxford, à Cambridge, des traducteurs et des lecteurs. Et c'est sur le modèle d'une institution allemande que, las de compter sur l'assistance de l'État, Sir David Brewster fonde, par la libre collaboration de tous les savants du Royaume-Uni, la grande British Scientific Associa-
î. Pol. Reçj., 13 juillet 1833 (voL LXXXL p. 101). Il convient d'ajouter que cette démarche de la Chambre des Lords ne fut pas sans inquiéter le Standard (13 juin, 4 et 10 juillet 1833).
tion - se constitue. Austin, jeune disciple de Bentham, chargé de faire à Londres un cours de philosophie du droit, s'y prépare par un voyage d'études à l'Université de Bonn ; et ce voyage a pour lui la valeur d'une révélation : « Nous n'avons pas chez nous, déclare-t-il en rentrant, les hommes dont nous aurions besoin pour faire ce qu'ils ont fait là-bas^ ». « En Danemark et en Prusse, écrit Bulwer Lytton, la forme du gouvernement, c'est la monarchie absolue » : mais qu'importe? « Nulle part les hommes ne sont plus heureux... L'État les protège, les éduque, et les aime! » Et la grande « Revue d'Edimbourg » elle-même fait écho à ces aspirations : elle se demande si jamais l'Angleterre connaîtra cette « gloire », cette « bénédiction », le « triomphe d'un gouvernement paternel ^ ». En tenant ce langage imprudent, les libéraux, les radicaux, se rendent délibérément suspects de « gallomanie » et de « prussomanie ». Le ministère whig allait-il donc, attaquant le mal à sa base, donner à l'Angleterre cet enseignement public, cet enseignement primaire d'État, qui lui faisait totalement défaut? Brougham, exilé à la Chambre des Lords, absorbé d'ailleurs par les questions de droit pénal et d'organisation judiciaire, cessa de jouer en cette matière le rôle d'initiateur qu'il avait joué avant la Réforme *. Mais un disciple de Bentham, un jeune Canadien du nom de Roebuck, qui aspirait à devenir un jour le leader d'un véritable parti radical, vint tracer, en 1833, devant le Parlement réformé, le programme du groupe. Il parla sur un ton brutal, qui semblait fait pour effaroucher les préjugés libéraux plutôt que pour les apprivoiser. Il s'attaqua à l'idole de la liberté : « tous les jours, nous soumettons les hommes à des contraintes légales, nous les privons de la liberté. La liberté
1. Ed. r.ev., janvier 1835, art. vii. The British Scientific Association (vol. LX, pp. 363 sqq.).
2. J.-S. MiU. Autobiography, pp. 176-7. — Cf. J. S. Mill à T. Carlyle, 11, 12 avril, 18 mal 1833 (Letters, vol, I, pp. 45, 51). — Cf. London and Westminster Review, jatnier 1836, art. iv. Local Govnnmenl of ihe Metropolis (vol. XXV, pp. 101-3) : Those \sho may one day see a Prussian révolution, will never witness the scènes of violence and bloodslied, in that country, which pr^'vailed in France. The next génération in Prussia will, to a m .n, h..ve h;'d the benefits of an enlightened system of éducation. They will hâve been accustomed to govern themselves in their own local affairs, and when the peoplc discover that the national afïairs may as well be governed upon the same principles, the object will be noiselessly eflected with a single effort.
3. E. Bulwer Lytton, England and the English, Book V, chap. viii, 1"^ éd., vol. IL p. 307.
4. Ed. Rev., janvier 1835, art. vu. The British Scientific Association (vol. LX, p. 364) : Great as hâve been the improvements of our social institutions, Europe has not yet achieved in any of her states the blessed triumph of a paternal government. The events which now agitate England indicate her distance from so glorious a consummation.
5. Voir cependant son discours, H. of L., 20 juin 1834 (Pari. Dcb., 3rd ser., vol. XXIV, pp. 616 sqq.) et, sur ce discour.s, l'clogieuse appréciation de Greville, 24 juin 1834,
n'est pas un bien en soi \ » Il demanda à ses concitoyens de suivre, en copiant le modèle prussien, l'exemple de la France, qui avait eu le courage, dominant ses préventions nationales, d'envoyer Victor Cousin en mission à Berlin pour étudier la politique scolaire de la Prusse ^ et qui, conformément aux conclusions de cette enquête, venait de voter une grande loi d'enseignement primaire. II réclama l'obligation scolaire de sept à quatorze ans; l'établissement d'écoles enfantines {infant schools). d'écoles professionnelles (schools of industry), de cours du soir, de cours du dimanche et de cours de vacances, à l'usage des adolescents, d' « écoles normales >> (il employa ce vocable français) pour former les maîtres et les maîtresses. II réclama la division de toute l'Angleterre en districts scolaires, chaque district étant doté au moins d'une école, chaque école étant soumise au contrôle d'un corps local démocratiquement élu. Au sommet, un ministre, membre du cabinet, chargé de surveiller toutes les écoles du royaume, d'autoriser les constructions d'écoles nouvelles, de distribuer les subventions légales, de gouverner les écoles normales, de fixer les programmes.
Mais il se heurta à l'hostihté de la Chambre tout entière, non seulement de Sir Robert Peel, mais de lord Althorp, qui demanda si l'étabhssement d'un enseignement primaire d'État, en décourageant l'initiative privée, ne ferait pas plus de mal que de bien, non seulement de Sir Robert Inghs, tory et protestant orthodoxe, mais d'O'Connell, qui dénonça le caporalisme prussien et l'impiété française^. Roebuck, cédant aux instances de lord Althorp, retira sa motion. L'année suivante, on se contenta de nommer une commission parlementaire, qui ne déposa pas même de rapport, se borna à publier les dépositions des témoins et à réclamer un supplément d'enquête *. La grande réforme était ajournée.
Quel se trouvait être, en fm de compte, après cet échec, le bilan pédagogique du ministère? En 1832 un Board of National Education avait été
1. H. of C, 30 juillet 1833 {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XX, p. 154). — Cf. London and Westminster Review, janvier 1837, art. IV. Fallacieson PoorLaws (voL XXVI, p. 377): ... we advocate, bolh for England and Ireland, the necessity of a national provision forthe moral and industrial training of the young. In the old we cannot hope for much improvement. But the new génération springing up might be modelled to our will.
2. Le rapport de Victor Cousin lit époque dans l'histoire de la pédagogie non seulement française mais britannique : paru en 1833, il fut traduit dès 1834 par la femme du juriste Austin, Sar..h Austin. — Cf. Ed. Rev., juillet 1833, art. xiii. Cousin on German Schools (vol. LVII, pp. 505 sqq.) ; et octobre 1833, art. i. National Education in England and France (vol. LVIII, pp. 1 sqq.).
3. H. of C, 30 juillet 1833 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XX, pp. 172, 167, 170, 169).
4. Report from the Select Committee of Inquiry into the Présent State of the Education of the People in England and Wales, and into the Application and Effects of the Grant made by Parliament for the Erection of Schools, 1834 : en réalité ce n'est pas un «rapport ».
établi à Dublin. Dans les écoles que ce Board subventionnait, de simples extraits de la Bible, choisis de manière à ne pas froisser la conscience catholique, étaient lus deux fois par semaine pendant les heures de classe : la Bible elle-même ne devait être lue, les autres jours, qu'en dehors des heures de classes. Fragile tentative de concorde entre l'intolérance cathoUque et l'intolérance protestante ^! En Angleterre les résultats obtenus étaient plus médiocres encore : il fallut que les réformateurs se contentassent d'un crédit de 20 000 1., annuellement inscrit au budget à partir de 1834, et distribuées à titre de subvention entre les institutions libres d'enseignement populaire, la National Society anglicane, la British and Foreign Society dissidente. Est-ce tout? Non, pas absolument tout. Car les radicaux utihsèrent, pour en venir à leurs fins, le biais de deux grandes lois d'organisation démocratique. Loi des fabriques de 1833, loi des pauvres de 1834 : il faut savoir dans quelles conditions ont été votées ces deux lois et quelle en est l'économie pour vraiment comprendre l'esprit du parti qui vient de conquérir le pouvoir aux élections de 1832.
Transportons-nous dans le Yorkshire, au
L'AGITATION lendemain des élections générales de 1830.
POUR LA Depuis des mois et des années, ce grand comté