Ann. Reg., 1837, p
part le fonds des salaires ^ Nassau Senior avait, à la même époque, donné au gouvernement une consultation ofTicieuse sur la manière de paralyser le droit de grève sans toucher à la liberté de coalition récemment concédée ^. En ce qui concernait la Loi des Pauvres, il avait fourni publiquement son avis, conforme aux principes de Malthus : elle devait être non réformée, mais abolie ^. Il n'était pas le seul à professer cette opinion radicale. Miss Martineau pensait comme lui*. De même Brougham, le Lord Chancelier^. Était-il cependant politiquement possible de supprimer, tout d'un coup, un vaste système de lois auquel le pays s'était adapté depuis plus de deux siècles? Et d'ailleurs si vraiment, d'avance et pour des raisons de principe, on savait que tout droit à l'assistance devait être refusé aux indigents, à quoi bon cette vaste enquête?
Les conclusions auxquelles s'arrêta la commission furent donc nécessairement plus modérées. Elle demanda que l'on renonçât à cette application relâchée de la loi qui, depuis le temps de Pitt, avait fait tant de mal dans les campagnes anglaises : que l'on interdît aux autorités locales de reconnaître le droit à un salaire normal, et que la Loi des Pauvres fût considérée comme ayant pour objet, non de supprimer la pauvreté, mais de soulager l'indigence temporaire. Elle demanda, en conséquence, que l'on demeurât fidèle à l'esprit du vieux statut d'Elisabeth, et que l'ouvrier indigent valide fût obligé de venir gagner l'assistance dans une « maison de travail », un workhouse. Ainsi en décida la nouvelle Loi des Pauvres®. La Commission spécifia en outre que l'indigent assisté devrait être soumis dans le workhouse à un régime tel que sa condition fût et parût moins désirable que celle de l'ouvrier non assisté le plus misérable '. Elle aurait voulu même que l'assistance ne fût jamais donnée qu'à titre de prêt, et que l'ouvrier assisté, ayant retrouvé du travail, fût astreint au remboursement de ce que les contribuables avaient dépensé pour l'aider * : lord Althorp n'osa pas incorporer cette disposition dans le projet de loi gouvernemental.
Sur un deuxième point, moins fondamental mais important encore, la
1. The Lectures on the Rate of Wages, delivered before the University of Oxford in Easter Term, 1830. With a Préface on the causes and remédies of the présent disturbances.
2. S. and B. Webb, Hist. of Trade Unionism, 2^ éd., 1920, pp. 139-140.