‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 47 sur 158 · and 2 Will. IV, c · texte numérisé non relu

and 2 Will. IV, c

4. H. of C, 30 septembre : discours de Hume (Pari. Deb., 3rd ser., vol. VII, p. 883) : « ... tlie people were anxiously watching the Vestry BiU. He could ensure the House, that it caused a great sensation among the people, more than any other subject except the Ref orm Bill it self ». — V. par contraste, la lettre alarmée de Wellington à lord Kenyon, 19 novembre 1831 : « ... it appears to me that we are upon some points gone one stage beyond the Reform Bill. I cannot give a stronger proof of this fact than our récent vote upon the Parish Vestries Bill, by which we huve laid the foundatioii for leaving the property of every man at the disposition of the rabble of his parish, particalarly in the towns. » (Wellington, Despatches, ConL, vol. VIII, p. 215).

5. H. of C, 30 juin 1831 (Pari. Deb., 3rd séries, vol. IV, pp. 501-2); 25 juillet 1831 (Ibid., vol. V, pp. 300-1); 15 septembre 1831 (Ibid., vol. Vil, pp. 51-2); et surtout 30 septembre 1831 (Ibid., pp. 879 sqq.).

6. Tel avait été le vœu primitif de Hobhouse (H. of C, 30 septembre 1831 ; Pari. Deb., 3rd ser., vol. VII, p. 882).

du vote plural. Contribuables résidents, propriétaires absents, reçurent un nombre de voix proportionné au montant de leurs contributions. Les « bureaux de gardiens » eurent pour fonction d'appliquer aux cas individuels les règles générales édictées par les commissaires. Il leur incomba également de nommer les administrateurs locaux de la Loi des Pauvres, les commissaires se réservant un droit de révocation.

Ce vaste système unifié, mi-électif, mi-bureaucratique, on le reconnaît : c'est celui même que Bentham avait décrit dans son « Code Constitutionnel ». Roebuck, disciple de Bentham, n'avait pas réussi en 1833 à obtenir qu'il fût appliqué à l'établissement d'un système d'éducation populaire : maintenant que Chadwick, autre disciple de Bentham, avait utihsé ces mêmes idées pour l'amendement des lois d'assistance, ne pourrait-on espérer, si la réforme réussissait, une rapide généralisation de la méthode? Supposons achevée l'œuvre que les commissaires de la Loi des Pauvres allaient entreprendre, et l'Angleterre répartie en un certain nombre d' « unions », suffisamment grandes, suffisamment égaies entre elles, qui empêcherait d'assigner aux « bureaux » élus de ces unions des fonctions nouvelles : éducation populaire, entretien des routes, hygiène? Ainsi pourrait se trouver régénérée en peu de temps toute l'administration locale du royaume^; l'Angleterre démocratique échapperait à ce chaos qu'était le vieux self government aristocratique.

Une chose surprend : si vraiment la loi nouvelle était grosse de ces conséquences révolutionnaires, comment expliquer qu'elle ait été votée rapidement, presque hâtivement, par un Parlement où dominaient les country gentlemen'? et pourquoi le programme benthamique de centraUsa-

1. YoÎT London and Westminster Review, janvier-avril 1836, art. xii. State of Politics :n gênerai (vol. XXV, p. 273). — Cf. art. iv. Municipal Rejorm as required for the Metropolis (vol. XXV, pp. 98 sqq.). — Cf. une curieuse brochure, qui émane du groupe des disciples de Bentham : Hints on the expediency of an improved diuisional arrangement of England for administrative piirposes, 1834. Tout un plan de réorganisation administrative de l'Angleterre y est exposé. Voir p. 11 : In a well arranged représentative Government, where the central power is in fact but the gênerai expression of the will of the several parts, the influence exercised by the machinery of centralization is merely the reflection of the Nvishes of the différent members of the society, after having been corabined and brought into unison and regularity, by their transmission through and digestion by the central organ. — • Et p. 15 ; The two Systems, the Municijîal and the Central, are therefore essentially connected.... Expérience alone can point out wherh lies the happy mean between, for example, the inconvénient restraint of the Frence System of Centralization, under which a stone cannot be laid upon a road at the extremity of the kingdom, wthout an order from Paris, and the equally inconvénient want of control of the existing English system, under which a road may remaiu unrepaired for years, unless some private individual will take on himself the odium and expense of an indictment at Quarter Sessions. — Voir encore dans le Times, 20 mai 1835, les extraits d'un autre opuscule, émanant du même groupe, et conçu dans le même esprit : The Principles of Delegated, Central, and Spécial Authority, applied to the Poor Laws Amendment Bill, 1834.

tion administrative, qui paraissait éveiller dans l'opinion anglaise de si vives susceptibilités, se trouva-t-il tout à coup, sur ce point particulier, avoir conquis, — ou peu s'en faut — l'unanimité des deux Chambres? C'est que les counlry gentlemen étaient directement intéressés à cette réforme.

Ils voyaient le poor rate s'accroître d'année en année : les pessimistes ^r 'disaient que cet impôt finirait par absorber tout le revenu foncier de la -nation. Très habilement, et d'ailleurs en toute sincérité, les ministres présentaient ce bill comme une mesure d'agricultural relief, de « soulagement », d'assistance aux agriculteurs \ On n'avait pu concéder aux propriétaires fonciers la suppression ni même la réduction de l'impôt sur le malt : on leur promettait sinon l'abolition totale de l'impôt des pauvres, tout au moins une administration beaucoup moins relâchée que par le passé du système d'assistance pubhque. Tant que le squire, en butte aux sollicitations des indigents de sa paroisse, serait libre de leur accorder tous les secours qu'ils réclamaient, tout espoir de voir ces charges allégées serait vain. Il avait besoin d'être protégé contre lui-même par des règlements inflexibles, par les décisions d'une bureaucratie anonyme. Les Juges de Paix consentirent, demandèrent, à être déchargés de leurs fonctions d'assistance afin d'échapper à la ruine.

Wellington, à la Chambre des Lords, osa prendre parti, avec les réserves nécessaires, pour le principe de la législation nouvelle ^. Sir Robert Peel, sans jamais donner au bill gouvernemental son approbation expresse ^ lui accorda l'appui silencieux de son vote. L'Opposition ne dépassa jamais une cinquantaine de voix. Elle tomba généralement à vingt, une poignée d'extrémistes des deux bords : tories et radicaux. C'étaient les radicaux qui en prenaient la direction. Mais eux-mêmes étaient divisés. Et ne nous bornons pas à présenter le groupe benthamique comme étant partisan de la loi : il en était l'auteur.

Une autre cause contribua au vote rapide de la loi : c'en fut l'impopu-

1. H. of C, 21 février 1834 : discours de lord Althorp (Pari Deb., 3rd ser., vol. XXT, p. 661). — H. of C, 8 février, 18 février, 27 avril 1836 : discours de lord John Russell (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXXI, p. 1 491.)

2. H. of L., 21 juillet 1834 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXV, pp. 268 sqq.). — Le bill, tel qu'il fut envoyé par la Chambre des Communes à la Chambre des Lords, spécifiait qu'à partir de juin 1835 toute assistance en dehors du workhouse cesserait. A la demande de lord WelHngton, les Commissaires purent, sur l'avis des bureaux de gardiens, prolonger pendant quelque temps, selon les besoins des localités, le système de l'assistance à domicile. Ainsi, pour rendre plus douce et plus graduelle l'application de la loi, Wellington renforçait le pouvoir discrétionnaire des commissaires.

3. Si nous en jugeons par les Parliamenlary Debates. Voir cependant H. of C, 21 février 1834, un discours par lequel il encourageait formellement les ministres à entreprendre la réforme de la loi des Pauvres (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXI, pp. 691-2).

larité. On a l'impression, en lisant ces débats, que les parlementaires les expédient, afin de mettre, aussi vite que possible, le pays en face d'un fait accompli, et de ne pas laisser à une agitation hostile le temps de s'organiser. Car les meetings se multipliaient déjà dans la capitale contre cette loi de dure bourgeoisie, qui prétendait condamner les indigents à la prison; et la presse était loin de montrer à l'égard du bill le même zèle que le Parlement. C'est sur cette question que le Times se brouilla avec Brougham sinon encore tout à fait avec le ministère. Le Standard, du côté conservateur, après avoir commencé par donner au bill sa pleine approbation, insensiblement changea de tactique, et finit par adopter une attitude de virulente hostilité. Pourquoi, demandait le Standard, l'Opposition laisse-t-elle échapper l'occasion de se réconcilier avec l'opinion en combattant à fond la nouvelle Loi des Pauvres? Pourquoi, demandait le Times, le ministère commet-il la faute de s'aliéner la faveur des classes pauvres en soulevant cette grave question, au moment où, sur d'autres questions, il soutient contre ses adversaires conservateurs une lutte difficile? La victoire remportée par le ministère, quand il enlevait le vote de la nouvelle Loi des Pauvres, était une victoire parlementaire, mais non populaire : elle contribuait peut-être à ébranler son prestige au moment même où ce prestige était gravement compromis par la discussion absorbante, passionnée, de ces autres questions auxquelles le Times faisait allusion, et dont il nous reste à entreprendre l'examen : les questions religieuses, étroitement liées à la question d'Irlande.

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