LE RÉVEIL
DE LA HAUTE ^^ ^^ ^^^^ ^^^ l'Eglise d'Irlande achevait d'être
ÉGLISE voté par la Chambre des Communes, trois
ET LES DÉBUTS jeunes fellows d'Oxford qui appartenaient au
DU MOUVEMEXT p^j-^i ^e la Haute Église, ^Yilliam PaJmer,
Arthur Perceval et James Hurrell Froude, allèrent trouver, dans sa paroisse de Hadleigh, le révérend Hugh James Rose, un théologien de Cambridge qui, depuis deux ou trois ans, avec le plein appui de l'archevêque de Canterbury, menait campagne en faveur des principes du parti ^. Rose s'était intéressé au projet, formé par un cer-
1. H. of L., 19 juillet 1833 {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XIX, pp. 924 sqq., 975).
2. Rev. William Palmer, A Narrative of Events connected with thc publication of
tain nombre de dergymen, de constituer, à l'intérieur même de l'Église, une association pour la défense de la tradition religieuse ^ C'était lui qui avait fondé le British Magazine, substantielle revue de théologie et d'édification. C'était lui qui avait fondé la Theological Library, pour renouer en Angleterre la tradition des premiers siècles chrétiens et réveiller le goût des études de patristique. A la recherche de collaborateurs pour l'édition de cette série, il avait fait en 1832 le voyage d'Oxford ^ et c'est au cours de ce voyage qu'il s'était lié avec les jeunes gens qui venaient maintenant délibérer avec lui sur les mesures à prendre, d'urgence, pour la défense de l'Église d'Angleterre en péril.
Ces jeunes gens ne se considéraient d'ailleurs que comme les émissaires de deux hommes d'Oxford qui n'avaient pas fait le voyage. L'un, déjà quadragénaire, était illustre dans tout le monde pieux. C'était John Keble, qui, désireux de faire pour la Haute Église ce que Wesley avait fait jadis pour le piétisme évangélique, de lui donner une valeur poétique et sentimentale, avait publié, en 1827, un recueil d'hymnes, le Christian Y car, dont le succès avait été très grand : l'ouvrage en était, en 1833, à la quatrième édition. John Keble venait, il y avait peu de jours seulement, de faire un coup d'éclat par le sermon qu'il avait prononcé dans l'église de Sainte- Marie, à Oxford, pour dénoncer VIrish Church Bill, « désaveu direct de la souveraineté divine », acte d'« apostasie nationale^ ». L'autre, John Henry Newman, plus jeune de neuf ans, et encore inconnu du grand public, n'en avait pas moins déjà scandaUsé Oxford par ses fantaisies novatrices. Élevé dans les principes d'un évangélisme rigoureux, il avait fait son apprentissage de théologien dans la société des intellectuels d'Oriel Collège, de ce groupe de professeurs qu'on appelait les « Noétiques » : et Whately et ses collègues avaient ébranlé l'assurance de son dogmatisme piétiste sans le rallier à leur latitudinarisme. Quand en 1829 l'Université d'Oxford avait eu à réélire Robert Peel, qui venait, sur la question de l'émancipation catholique, d'accomplir son grand acte de trahison, il avait été le plus ardent, parmi les fellows, à faire campagne contre le tory renégat. Nous le voyons, à partir de ce moment, au cours des années troubles qui suivent le vote de V Emancipation Bill, incliner
the Tracts for the Times, with refledions on existing Tendencies io Romanism, 1843, pp. 5-6. — H. P. Liddon, Li/e oj Edward Bouoerie Pusey, vol. I, p. 267. — On appela le groupe dont faisait alors partie H. J. Rose le « Canterbury Party » (W. N. Molesworth, History of the Church of England from 1660, p. 317).