‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 67 sur 158 · VICTOIRE DE L'ÉGLISE. CHUTE DU MINISTÈRE WHIG · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE L'ÉGLISE. CHUTE DU MINISTÈRE WHIG

En Ecosse, où nous avons vu le mouvement RECUL séparatiste prendre naissance, il subit une

DU MOUVEMENT brusque déviation. La réforme électorale de

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ET EN ANGLETERRE ^es corporations municipales, qui cessèrent d'être des corporations fermées, se recrutant par cooptation, et furent élues par les ten pound householders, en d'autres termes par une foule de petites gens parmi lesquels les Dissidents et les membres des Voluntaiy Church Associations abondaient. Mais la constitution de l'Église presbytérienne d'Ecosse voulait que le conseil municipal de chaque ville envoyât un représentant à 1' « Assemblée Générale de l'Église d'Ecosse ». Ces Dissidents, ces partisans de l'Église et de l'État, se trouvèrent donc brusquement responsables du gouvernement de l'Église que jusqu'alors ils attaquaient du dehors : l'histoire de l'Église d'Ecosse se trouva de ce fait modifiée.

S'il y avait en Ecosse des évangéliques qui demandaient le régime de la liberté des cultes afin de restaurer l'intégrité du dogme, compromise dans l'Église d'État par le régime du patronage laïque, il y avait à l'intérieur même de cette Église d'autres évangéliques — le docteur Thomson à Glasgow, le docteur Chalmers à Edimbourg — qui espéraient ramener cette Église elle-même à la pureté de son institution primitive ^ Ils se trouvèrent enfin en majorité à l'Assemblée de 1834. Ils avaient fondé, par voie de souscription, des chapelles pour faire concurrence aux Dissidents et subvenir aux besoins spirituels de la population toujours croissante des grandes villes : ils obtinrent de l'Assemblée Générale que les pasteurs de ces chapelles eussent le droit de siéger dans l'Assemblée, en même temps qu'une loi parlementaire, votée sous leur influence, protégeait expressément ces chapelles contre le droit de nomination auquel prétendait le

1. Rev. W. Hanna, Memoirs of... Thomas Chalmers, vol. III, pp. 341 sqq.

patron laïque de la paroisse sur le territoire de laquelle elles étaient bâties*. Ils obtinrent en outre de l'Assemblée une décision plus importante. Pour la première fois, à la majorité de quarante-six membres, et sous réserve de l'approbation ultérieure de la majorité des presbyteries, elle donna, à la majorité des fidèles régulièrement inscrits dans chaque paroisse, un droit de veto sur la présentation du patron locaP. Ainsi devenait aiguë une querelle qui allait, pendant des années, agiter le presbytérianisme écossais. Mais on voit comment, d'une manière au moins temporaire, le terrain de la lutte était changé. Les mécontents demandaient non plus la séparation de l'Église et de l'État mais la réforme de l'Église, non plus la laïcisation de l'État mais la démocratisation de l'Église.

En Angleterre le recul fut plus sensible encore. Il apparut bientôt que l'agitation menée contre l'Église d'État, pour bruyante qu'elle fût, n'était guère dangereuse. Les Dissidents politiques, quelques radicaux réclamaient la séparation; pendant ce temps les boutiquiers de Londres demandaient l'abolition des assessed taxes, les ouvriers du Lancashire demandaient la journée de dix ou de huit heures : et ces revendications, par leur discordance même, afïaiblissaient le mouvement. Les Dissidents furent au contraire déconcertés par la puissance de la contre-manifestation anglicane, dont Oxford avait donné le signal, et dont le succès étonnait ceux mêmes qui en étaient les promoteurs, si peu de temps après les émeutes de novembre 1831 et l'incendie du palais épiscopal de Bristol,

Les hommes d'ordre, à commencer par les ministres whigs, furent encouragés par ce succès dans leur volonté de ne pas ébranler V Establishment : lord Grey reçut avec une froideur glaciale les délégués qui venaient lui présenter la pétition des partisans de la séparation ^ et répondit à leurs demandes par un éloge de l'Église Établie. Au Parlement il s'était trouvé en 1833 un certain Faithfull, représentant radical du bourg de Brighton, pour introduire des résolutions révolutionnaires qui tendaient à déclarer inutile l'institution d'une Église d'État, et légitime l'affectation à des fins d'utilité nationale de la plus grande partie, sinon de la totalité, des revenus de l'Église. Cobbett l'avait appuyé; mais aucune voix n'était venue s'ajouter à ces deux voix isolées'*. En 1834 il ne fut pas présenté de motion tendant à la séparation de l'Église et de l'État: Faithfull, s'il

1. 4 and 5 Will. IV, cil. — Rev.W. Hàima, Memoirs of... Thomas Chalmers, voJ. III, pp. 446 sqq.

2. Rev. W. Hanna, Memoirs of... Thomas Chalmers, vol. III, pp. 360-1. — Ann. Bcg., 1834, p. 220. — Quart. Rev., décembre 1840, art. vu. Affairs of ihe Charch of Scotland (vol. LXVII, pp. 203 sqq).

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