‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 80 sur 158 · and 2 Vict., c · texte numérisé non relu

and 2 Vict., c

4. 3 et 4 Vict., c. 113 (Ecclesiastical Commissioners Act). — Cette loi, sur laquelle les chefs de partis étaient d'accord, fut votée au milieu de l'indifférence générale (v. baron Bunsen, Memoirs, vol. I, pp. 509-10; lettre du 27 frévier 1839). Deux « stalles » furent ajoutées au chapitre de Christ Church Collège, Oxford, pour être attachés l'une à la chaire d'histoire ecclésiastique, l'autre à la chaire de critique biblique (H. oj C, 6 avril 1839; Pari. Deb., 3rd. ser., vol. LUI, p. 59). V.. en connexion avec cette création, la lettre de Bunsen à sa femme, 16 avril 1839 (Memoirs, vol. 1, p. 517). — Il y eut un contre-projet de Sydney Smith (v. Second Letter to Arehdeacon Singlelon, sub finem) et un contre-projet présenté par un comité des cathédrales (H. of C, 6 avTil 1839; Pari. Deb., 3rd ser., vol. LUI, pp. 590-sqq.). Le 25 novembre Peel s'impatiente, et avertit Goulburn que, si les chapitres ne proposent pas immédiatement une solution acceptable, il passera outre (C. S. Parker, Sir Robert Peel, vol. II, pp. 411-2).

Le nombre des chanoines fut fixé à six à Canterbury, Durham, Ely et Westminster; à cinq à Winchester et Exeter; à deux à Llandall et Saint- David's; à quatre partout ailleurs. C'était une réduction importante, par où l'on comptait réaliser une économie de 130 000 1. par an. Ces 130 000 1. seraient affectées au relèvement des revenus du bas clergé. Un revenu minimum fut fixé pour tous les bénéfices qui dépendaient du patronage de la Couronne. Il ne pouvait être inférieur à 180 1. quand le nombre des fidèles était inférieur à mille ; il allait ensuite se relevant progressivement ; le maximum était fixé à 400 1., à partir du moment où le nombre des fidèles dépassait cinq mille.

Ces réformes, très énergiques, soulevèrent les protestations d'un certain nombre de High Churchmen. Tels Sir Robert Inglis à la Chambre des Communes, l'évêque d'Exeter à la Chambre des Lords ^ Ils alléguèrent que l'État, le Parlement, n'avait pas le droit de considérer les biens de l'Église comme une masse dont il lui appartenait d'opérer à son gré la distribution. Chaque évêque, chaque chapitre, chaque dean et chaque chanoine, chaque détenteur d'un bénéfice, jouissait d'un revenu auquel l'État ne devait pas toucher. Ou bien le prêtre devenait un simple fonctionnaire rémunéré par l'État : toute la constitution de l'Église était faussée. Ils protestèrent contre le mécanisme imaginé pour la mise en vigueur de la loi de 1836. Ils n'aimaient pas cette « corporation » permanente de « commissaires ecclésiastiques », où les deux archevêques et l'évêque de Londres siégeaient côte à côte avec une majorité de membres laïques, pour confisquer l'excédent des revenus trop élevés, pour verser une allocation aux évêchés trop mal pourvus, pour élaborer des projets de règlements administratifs, qui, une fois approuvés par la Couronne et pubhés dans la Gazette, n'auraient pas même besoin, pour entrer en vigueur, de la consécration d'un vote parlementaire.

Sans doute la législation avait ménagé les inquiétudes du parti de la Haute Église. Chaque évêque restait l'administrateur de ses biens : il était tenu seulement de comparaître devant les commissaires, de déclarer le montant de ses revenus, et de subir, le cas échéant, le prélèvement exigé par la loi. Dès l'année suivante, cependant, afin de résoudre l'inextricable question des Church Rates, le ministère essaya d'aller plus loin-. 11

1. V. notamment H. of C, 10 mars 1S3G : discours de Sir Robert Inglis {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXXII, pp. 162-3): — H. of L., 29 juillet 1836 : discours de l'évêque d'Exeter (Pari. Deb., Srd ser., vol. XXXV, pp. 661-3).

2. H. of C, 3 mars 1837 : discours de Spring Rice {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXXVI, pp. 1207 sqq.). — Sur les protestations du clergé, qui considéra le projet de Spring Rice comme un manquement de parole à son égard, v. Sp. Walpole, Life of lord John Russell, vol. I, p. 278 n..

proposa de confier aux commissaires l'administration de tous les biens de l'Église. Ils les administreraient mieux que ne faisaient les clercs, paieraient au clergé ses revenus accoutumés, et affecteraient le surplus à l'entretien des lieux du culte. Les church rates, devenus inutiles, pourraient être alors supprimés : n'est-ce pas ainsi qu'on s'y était pris pour supprimer, en 1833, le church cess irlandais? Projet avorté : car l'Angleterre n'était pas l'Irlande, et d'ailleurs l'Église avait pris depuis 1833 conscience de sa force. Les clameurs cléricales, à l'idée de cette frustration déguisée, furent si violentes que le ministère recula, et, ajournant le vote du bill, se borna à ouvrir une enquête sur les revenus du clergé. C'est en 1840 seulement, dans le bill pour la réforme des chapitres, que fut — mais cette fois d'une façon catégorique — consacré le principe de déléguer l'administration des biens ecclésiastiques, dans tous les cas où des canonicats furent supprimés, à cette « commission », simple émanation du Parlement et de l'État. Les High Churchmen n'avaient-ils pas le droit de s'alarmer de cette disposition? Si ce n'était pas la séparation de l'Église et de l'État, n'était-ce pas la subordination de l'Église à l'État?

En fait, ce n'était pas encore cela, malgré les apparences. Cette commission, au sein de laquelle, primitivement, les laïques l'avaient emporté en nombre sur les clercs, changeait profondément de caractère en 1840, au moment même où on étendait ses attributions. Dorénavant tous les évèques en feraient partie : ce serait donc, à proprement parler, une assemblée de prêtres qui veillerait à l'administration des biens de l'Église *. D'ailleurs, en tout état de cause, l'idée de réduire les revenus de l'Église se trouvait, dans cette législation, expressément abandonné : il ne s'agissait plus que de redistribuer ces revenus laissés intacts. Le législateur n'osait même point opérer un prélèvement sur les revenus des évêques au bénéfice du clergé pauvre; et non seulement la loi de 1836 maintenait beaucoup d'inégalité encore entre ces revenus, elle les maintenait en outre à un niveau très élevé. Comment s'en étonner, puisque cette législation, selon la méthode conçue par Sir Robert Peel, était l'œuvre de l'épiscopat? Et voilà pourquoi l'autorité épiscopale sortait renforcée de tout ce travail réformateur, contre lequel protestaient les cléricaux les plus intransigeants. La loi de 1836, en ce qui concernait la résidence du clergé paroissial, augmentait le droit de dispense des évêques \ La loi de 1840 donnait aux évêques le droit de nommer les

1. Le bill primitif avait même renforcé davantage l'autorité épiscopale : mais les dispositions en furent atténuées au cours des débats : voir sur ce point S. Smith, Third letler to Archdeacon Singleton (Works, vol. II, p. 287).

chanoines, alors qu'auparavant les chapitres s'étaient recrutés par cooptar tion. Un Cliurch Discipline Bill, voté la même année, renforçait le droit de contrôle de l'épiscopat sur les simples prêtres ^.

Bref, il se produisait, une fois de plus, ce qui

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DE L'ÈGLi'iE S était produit lors du vote du Church- Reform

Bill de 1817 '. Le parti évangélique avait donné l'impulsion au mouvement réformateur; la Haute Église en avait retiré le bénéfice. Mais, à vrai dire, un pacte avait été cette fois concla entre ces deux partis contre l'alliance impure des catholiques avec les incré-. dules. Ce pacte portait ses fruits. L'Église prouvait sa vitalité en seréformant elle-même, et elle se fortifiait en s'épurant. Jamais elle n'avait paru plus grande qu'au lendemain des élections de 1837, où, pour la première fois depuis 1830, le parti radical cessa de progresser.

Il ne faut pas assurément, quand on parle de la victoire remportée par l'Église d'Angleterre aux approches de 1840, se figurer une victoire irrévocable et permanente en ses effets. Les sciences poursuivaient leur inexorable progrès; et, par le fait de ce progrès, une nouvelle cosmogonie se constituait, de jour en jour plus difficile à concilier avec la cosmogonie biblique. C'était en particulier la géologie qui était depujs une dizaine d'années, pour les chrétiens orthodoxes, un sujet de graves perplexités: lorsque, chaque été, aux assises tenues par 1' « Association Britannique pour l'Avancement des Sciences », ces questions étaient débattues, les colères de la presse bien pensante se déchaînaient. A l'intérieur même de l'Église, le zèle des évangéliques et des High Churchmen était tenu en respect par le libéralisme des hommes d'État. Lord Melbourne « libéralisait » l'épiscopat par une série de promotions qui mécontentaient les orthodoxes : Maltby à Chichester puis à Durham, Whately à Dublin, Butler à Lichfield, Stanley à Norwich, Thirlwall à Saint-David's. La promotion de Hampden à la chaire de théologie d'Oxford provoqua, en 1836, une insurrection cléricale, dont le souvenir est resté fameux dans l'histoire de l'Église. Et ce n'étaient pas seulement les hommes d'État whigs qui s'attachaient à user de leur pouvoir pour tempérer les excès de l'orthodoxie anglicane. Sir Robert Peel, pendant son court ministère, avait pris sous sa protection Milman, l'historien des Juifs, suspect au parti orthodoxe : il l'avait fait chanoine de Westminster. Mais cela dit et une fois prises les précautions que rend nécessaires le caractère toujours si complexe, si nuancé, des institutions britanniques, il faut constater, au cours

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