‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 81 sur 158 · Voir notre vol. I, p · texte numérisé non relu

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des années qui nous occupent, le réveil marqué d'un christianisme orthodoxe et rigide.

L'antichristianisme blasphématoire, qui avait obtenu une sorte de vogue superficielle au lendemain de 1815, semblait discrédité. Que l'on compare, pour s'en rendre compte, le ton de Robert Owen, qui poursuivait sa campagne en faveur d'une société sans religion, avec celui qu'avaient adopté, quinze ou vingt ans plus tôt, Bentham, Hone, Carlile, Byron lui-même. Bowring, éditeur des œuvres complètes de Bentham, éliminait purement et simplement ses pamphlets antichrétiens. La critique allemande était peu connue, tenue en défiance : la « Vie de Jésus » de Strauss, déjà plusieurs fois traduite çn langue française, attendait encore un traducteur anglais. Toutes les attaques dirigées vers 1832 contre la liturgie anglicane avaient été repoussées. L'Église avait réformé sa constitution et maintenu l'intégrité de son dogme.

Cette victoire de l'Église, disons-nous, était à bien des égards précaire, menacée par bien des périls. Les catholiques, sous la direction du persuasif Wiseman, opéraient des conversions nombreuses : et les hommes du mouvement d'Oxford allaient, avant beaucoup d'années, leur tendre la main. Mais, pour l'instant, Newman n'avait pas conscience de sa destinée; et c'est pour répondre à Wiseman qu'il publiait au début de 1837 son livre sur «la fonction prophétique de l'Église, considérée par rapport au romanisme et au protestantisme populaire ^ ». L'ouvrage reste aujourd'hui encore le plaidoyer classique en faveur de la situation « moyenne » de l'Église d'Angleterre. De même encore les évangéliques écossais, las de ne pas obtenir cette réforme de l'Église nationale d'Ecosse qu'ils s'étaient crus en 1834 sur le point d'enlever, allaient prendre bientôt le parti du schisme sous la direction de Chalmers. Mais, pour l'instant, Chalmers, partisan du principe des Églises d'État, venait à Londres défendre l'Establishment par une série de conférences qui firent sensation ^. Le jeune Gladstone écrivait son livre « sur l'Église et l'État », livre qui semble aujourd'hui bien médiocre, mais dont le succès, à l'heure où il parut, n'en est que plus significatif ^ Sydney Smith, doyen

1. The Propbetical Office of the Church viewed relatively to Romanism and Popular Protestantism, 1837. Wiseman avait publié en 1836 ses Lectures on the doctrines of Catholicism. Mais NeAvman semble avoir, dès 1834, commencé le travail qui devait paraître en 1837 (Apologia pro Vita Sua, Part IV, éd. 1913, p. 164).

2. Rev. W. Kanna, Memoirs of Thomas Chalmers, vol. IV, pp. 345 sqq. — John Morley, Life of W. E. Gladstone, vol. I, pp. 177 sqq.

3. The State initsRelationwith tlieChurch, 1839[1838j. — Voi:,sur le livre deGladstone, l'article de Macai-.lay, Ed. Reu., avril 1839, art. x. Church and Siatc (vol. LXIX, pp. 231 sqq.). — Cf. Bunsen à sa femme, 13 décembre 1S38 : Last nighl, at eleven, wlun I came from the Duke, Gladstone's book was on mj- table... It is the book of the tinic, a

de Saint-Paul, mécontent de n'avoir pas été promu au rang d'évèque par ses amis du parti whig, se vengeait en se faisant l'avocat des chapitres épiscopaux, menacés par le bill qui allait devenir loi en 1840; et jamais il n'avait été plus spirituel et plus jeune que dans ses trois « Lettres à l'Archidiacre Singleton >' \ Les Dissidents eux-mêmes, ou du moins leurs plus notables représentants — Baines au Parlement -, Vaughan par le livre ^ — se défendaient de vouloir loucher au principe de l'Establishment. Tous — Newman et Chalmers, Gladstone, Sydney Smith et les autres — volaient au secours de l'Église.

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