LE PROBLEME
DE LA RÉFORME tracés par Bentham et son groupe, dont 1 adop-
ADMINISTRATIVE tion semblait devoir être la suite logique de la
Réforme électorale de 1832? Le Poor Laiu Amendment Ad de 1834 avait été, pour les disciples de Benthara, une première victoire; et maintenant c'est en Irlande, où jusqu'alors tout système d'assistance publique avait fait défaut, que le ministère libéral prenait l'initiative paradoxale d'introduire la Loi des Pauvres. Nous disons : paradoxale, puisque c'étaient primitivement Michel Thomas Sadler et les tories intellectuels qui demandaient l'extension à l'Irlande de la Loi anglaise des Pauvres, pendant que les libéraux orthodoxes se déclaraient hostiles au principe même de la loi. Même après qu'ayant
great event. — The first book since Burke that goes to the botiom of tho vital question, far above lus party and his tinie... Gladstone is the first man in England as to intellectual power (Memoirs of Baron Bunsen, vol. I, pp. 489-490).
1. First Letter to Archdeacon Singleton on the Ecdesiastical Commission, 1837. — Second Letter..., 1838. — Third Lelter... 1839 (Works, vol. II, pp. 255 sqq.).
2. H. of C, 22 mai 1837 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXXVIIl, p. 232)
3. R. Vaughan, Thoughts on the Past and Présent State of Religions Parties in England, 1838, p. xvi : It maj- be strictly lawful that there should be no Established Church; but in the state of society existing in England it may be far from expédient. The whole question, thoiigh truly one of principle, is also one to be deterrained in a great degree by circuinstances. While the social system of England shall be what it is, and while the prévalent fechng in favour of an Established Churcli shall be what it is, there ought, as I conceivc, to be such a Church. — P. xvm : My own conviction, in regard to the Church of England. and that, as I believe, of Dissenters generally, is not that she should be demohshed or de>poiled, but that she shoiàd be regarded as pertaining to the religion of the majority, according to the real state of things in England,...
réformé le système de l'assistance publique, ils se furent réconciliés avec une loi qui dorénavant était leur œuvre, l'embarras subsista. Les ministres gouvernaient l'Irlande de concert avec O'Connell : or O'Connell, disciple intransigeant de Ricardo, était hostile à toute Loi des Pauvres ^ Ils nommaient une commission pour étudier le problème de la misère en Irlande : or cette commission, dont faisait partie l'archevêque Whately, adepte de la doctrine malthusienne, se prononçait contre l'idée d'une assistance prêtée par l'État aux indigents valides. Pourtant il était urgent de venir en aide, sur le sol de leur patrie, aux pauvres irlandais; ou bien l'afïlux des immigrants irlandais en Angleterre serait une source de troubles toujours croissants.
Les ministres dépéchèrent alors en Irlande un des trois commissaires de la Loi des Pauvres, George Nicholls, muni d'instructions qui sans doute ressemblaient à des ordres. Une tournée de six semaines lui permit de rédiger un rapport par lequel il préconisait l'introduction en Irlande des principes de la nouvelle Loi des Pauvres : obligation du workhouse, administration par les contribuables à la base, et contrôle exercé au sommet parles trois commissaires de la métropole. Un bill fut rédigé, conforme aux conclusions de George Nicholls, déposé dès 1837, et finalement voté en 1838^. Ainsi le principe que les ministres whigs, sous l'influence du groupe de Bentham, avaient quatre ans plus tôt introduit dans l'administration remportait un nouveau triomphe. Pourquoi donc ne pas étendre à d'autres branches de l'administration locale le nouveau système qui recevait en matière d'assistance publique l'approbation du Parlement? C'était le vœu des « radicaux philosophiques «. Mais de grosses difTicultés s'opposaient à ce que le vœu fût adopté.
Si, d'abord, l'opinion publique redevenait favorable à l'Église, il était naturel qu'elle redevînt, du même coup, favorable à tout cet ensemble de traditions locales dont l'Église était en quelque sorte l'expression : ce n'est pas seulement en matière de religion, c'est en toutes matières que l'Angleterre, une fois passée la convulsion de 1832, avait cessé de se sentir révolutionnaire. D'autre part, cette Loi des Pauvres, qui pouvait servir de base à tout un nouveau système d'administration locale, se trouvait précisément en butte à une formidable impopularité. Nous reviendrons plus tard sur l'agitation des basses classes qui s'organisa vers cette époque dans les districts industriels contre la construction des workhouses. Nouvel
1. H. of C, 13 février 1837 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XXXVI, pp. 485 sqq.); 28 avril 1837 (Pari. Deb.. 3rd ser., vol. XXXVIII, pp. 360 sqq.); 9 février 1838 {Pari. Beb., 3rd ser., vol. XXXVIII, pp. 947 sqq.); 30 avril 1838 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XLIl, pp. 681 sqq.).