‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 84 sur 158 · LA RÉFORME · texte numérisé non relu

LA RÉFORME

11 y avait, en premier lieu, une séparation

traditionnelle entre les villes et les campagnes, DES CORPORATIOXS , , , , ..,,„.,.

MU\ICIPA.LES " "Ourgs )) et les « comtes », qu il fallait abolir

si on voulait appliquer le plan unificateur des disciples de Bentham. Mais on n'avait pas osé y toucher quand, en des années plus instables, on avait réformé le régime électoral. 11 n'y

1. The Health of Nations. A review of iheworks of Edwin Chadwick. \Yith a biographical dissertation. By Benjamin WardRlchardson, 1887, vol. I,pp.xLiii-XLV. — Sur la manière dont Chadwick utilisa, dès 1839, les commissaires pour préparer, par des recherches statistiques appropriées, la constitution ultérieure d'un service d'hygiène publique, Y. Gilbert Slater, The Making of Modem England, pp. 165-6. — Les Registrars, ou fonctionnaires de l'état civil, se trouvèrent tout naturellement désignés pour organiser en 1841 le recensement général de la population, et les Registrars' Districts servirent de cadres à cette organisation (3 and 4 Vict. c. 99).

2. Voir notamment dans : Appendix to Third Annual Report of ihc Commissioners under the Poor Law Amendment Act, 1837, le Report from the Commissioners to the Right Honourable Lord John Russell relative to procecdings in the Huddersfield Union, -21 juin 1837 (pp. 71 sqq.).

avait pas lieu d'espérer, maintenant que revenaient le calme et même l'apathie, un abandon de ce dualisme consacré par les siècles. On légiféra séparément pour les bourgs et les comtés.

La réforme des corporations municipales écossaises avait déjà été accomplie, silencieusement, presque sans débats, en 1833 \ par le premier Parlement réformé. La commission qui fut nommée la même année pour étudier la question de la réforme des corporations anglaises déposa son rapport en 1835 "^. Le ministère de lord Melbourne, à peine revenu au pouvoir, décida d'y donner suite. Le bill, voté en première lecture par la Chambre des Communes le 5 juin, fut définitivement adopté et promulgué le 9 septembre '. Non sans un sérieux conflit avec la Chambre des Lords, qui crut un moment avoir réussi, en introduisant dans le bill des amendements limitatifs, à le rendre inacceptable au parti libéral et à en provoquer l'abandon. Mais tout s'arrangea grâce à l'arbitrage de Sir Robert Peel. Les corporations irlandaises restaient à réformer : ce fut un gros travail, qui occupa le Parlement pendant cinq sessions successives *. Et le bill qui fut voté finalement en 1840^ après de longs débats contenait beaucoup de concessions aux objections, aux répugnances du parti conservateur et protestant. Tant bien que mal, la réforme se trouvait donc, à cette date achevée pour l'ensemble du Royaume-Uni. Quelle en était l'économie?

Considérons, pour en comprendre l'esprit général, la plus importante des trois lois, la loi de 1835 qui concerne l'Angleterre et le pays de Galles. Il y avait, antérieurement au vote de la loi, cent quatre-vingt-quatre « corporations » fermées, se recrutant par cooptation, où sévissaient le népotisme et l'exclusivisme religieux, et dont la tâche principale était d'administrer un certain nombre de fondations charitables et pieuses. Elles furent supprimées, et remplacées par un nombre égal de corps élus. Les fonctions qui échurent à ces nouvelles corporations furent rigoureusement définies par la loi, et fort restreintes. Elles perdirent, d'une part, le droit d'administrer les fondations pieuses. Elles acquirent, d'autre part, le droit de veiller à l'éclairage et à la sécurité des rues, selon les dispositions de ces Lighting and Watching Acts que le Parlement avait pris

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