‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 97 sur 158 · and 2 Vict. c · texte numérisé non relu

and 2 Vict. c

qui fut adoptée. Un bill fut introduit aux Communes pour suspendre la constitution de la Jamaïque pendant cinq ans. Au cours de ces cinq années la colonie serait administrée par le gouverneur assisté d'un conseil dont feraient partie un certain nombre de commissaires nommés par la métropole. Une fois résolus les problèmes difficiles de l'émancipation, la constitution serait rétablie « avec les modifications nécessaires».

Comme en 1838 les affaires du Canada, les affaires de la Jamaïque jetèrent en 1839 le désarroi parmi les radicaux. Ils étaient les protecteurs des esclaves, mais aussi les défenseurs des libertés constitutionnelles. Seul parmi eux, Charles BuUer, le secrétaire de lord Durham, prit position en faveur du Jamaica Bill. De leur côté, les conservateurs essayèrent, sous la direction de Sir Robert Peel, d'ébranler le ministère : ils voulurent ou bien l'obliger à modifier le bill en conformité avec leurs exigences comme il s'y était résigné l'an passé, ou bien le mettre en minorité s'il faisait preuve d'intransigeance. Sir Robert Peel, sans se solidariser expressément avec les colons, demanda que l'on prît à leur égard des mesures moins immédiatement brutales, et que le bill prévît, avant l'établissement de la dictature, une dernière tentative de conciliation avec l'assemblée. Le 6 mai, par la défection de dix radicaux, le ministère n'obtint qu'une majorité de cinq voix.

Lord Melbourne et lord John Russell jugèrent que, dans ces conditions, ils ne pouvaient, sans compromettre leur dignité, demeurer au pouvoir : le cabinet donna sa démission. Mais Iheure de Sir Robert Peel n'était pas venue : le parti libéral fut sauvé une fois encore, et dans des conditions bizarres, par une sorte d'intrigue de cour.

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