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fallait que lord Melbourne, paternellement, s'attachât à la calmer ^. C'est lui sans doute qui obtint qu'au mois d'août, une place s'étant trouvée vacante dans sa maison, elle y fît entrer pour la première fois la femme d'un pair tory, lady Sandwich ^. Mais elle était moins sûre d'elle-même qu'elle ne l'avait été pendant ses deux premières années de règne : la malheureuse affaire de lady Flora Hastings, une de ses demoiselles d'hoTineur, accusée d'être enceinte, obligée parla jeune reine à subir l'humiliation d'un examen médical, et s'en allant mourir chez elle d'une tumeur interne, avait été pour Victoria quelque chose de plus qu'une simple contrariété ^. Elle était déprimée ^ énervée ; cherchait les distractions^; heureuse, quand par hasard des jeunes gens l'entouraient, de se rappeler qu'après tout elle était très jeune, elle aussi ®; effrayée, une fois le bal passé, de se sentir seule au milieu des hommes d'État et des vieillards '. C'est alors qu'arriva une lettre du roi des Belges, annonçant la visite des deux jeunes princes de Saxe-Cobourg-Gotha. « Vous désirez qu'ils viennent? « demanda lord Melbourne à Victoria; et, sur sa réponse affirmative, il déclara qu'il n'y voyait pas d'objection ^.
Les deux princes étaient fils du duc régnant de Saxe-Cobourg, et cousins germains delà reine. Ernest, l'aîné, était l'héritier présomptif du duché; et Léopold, oncle des deux jeunes gens, avait depuis longtemps formé le projet de marier le cadet, Albert, à sa nièce Victoria. Présenté à celle-ci au printemps de 1836, Albert avait plu à la princesse, qui avait admiré sa parfaite beauté et ses manières distinguées. Elle l'avait agréé pour futur époux, évinçant un prince de la maison d'Orange que proposait Guillaume IV. Pour achever l'éducation du jeune Albert, le baron Stockmar, curieux personnage, familier de la cour de Bruxelles et de la cour de Kensington, ancien médecin de Léopold, patriote allemand et dévoué serviteur de la maison de Cobourg, avait été choisi par le roi des Belges, d'accord avec la princesse Victoria ^. Il avait conduit Albert à Bruxelles,
1. Diary, 23 septembre 1839 (The Girlhood of Queen Victoria, vol. U, p. 253). Cf. Greville Memoirs, 22 janvier 1840.