Corn Laws Report, Min. of ev., p
vieux colliers de paille et les charrues d'il y a cinq cents ans^ Même aux environs de Londres, dans le Surrey, le Board of Agriculture dénonce ces fermiers, trop nombreux à son gré, qui portent encore le round frock de leurs aïeux, « ennemis aussi déterminés du progrès agricole que du relâchement des mœurs », si mauvais commerçants « qu'ils aiment mieux vendre leur grain bon marché à de vieux clients que d'accepter des propositions plus avantageuses, venant d'individus avec lesquels ils n'ont pas l'habitude de traiter^ ». Mais ce ne sont là, en fin de compte, que les survivances du passé. La nouvelle génération a une tout autre allure.
De tous les fermiers d'Europe, les fermiers anglais sont les plus étrangers à cet esprit de routine laborieuse, austère, parfois sordide. Ce sont des capitalistes avisés, qui cherchent tous les moyens nouveaux de s'enrichir, toutes les occasions de s'instruire : dans le Lincolnshire, le Durham, il est de règle qu'un bon fermier enfourche parfois son cheval, et s'en aille faire un tour d'Angleterre, pour se mettre au courant du progrès accompli dans d'autres provinces'. De connivence avec les propriétaires, les tenanciers deviennent, en même temps que des capitalistes, des spéculateurs de profession. A mesure que les petites exploitations disparaissent, englouties par les grandes entreprises agricoles, il est plus facile à quelques gros fermiers de se coaliser pour relever le cours des grains ; à mesure aussi que ces gros fermiers, devenant plus riches, disposent de réserves d'argent plus importantes, ils sont moins souvent pressés par la nécessité de vendre immédiatement, et peuvent attendre le moment le plus favorable pour écouler le blé qui s'entasse dans leurs granges. Gobbett, démagogue archaïque, a beau dénoncer les spéculateurs du marché de Londres, les Quakers de Mark Lane, dignes compères des Juifs de Change AUey ; toute la législation contre l'accaparement des grains, le foreslalling et le regrating, tombe en ruines depuis une quarantaine d'années, par, le fait que les agriculteurs sont maintenant les complices, cl lum plus les victimes dos arcnparoments qui peuvent se produire *. Aijisi K-s intérêts