HISTOIRE DU PEUPLE ANOUAM
et sortis vont croissant, mais non pas le nombre et le tonnage total des navires K De sorte qu'on se demande si, dans une certaine mesure, les crises d'engorgement dont souffre l'industrie anglaise ne s'expliquent pas par Finsuffisance des moyens de transport. Sans doute les inventeurs sont à la recherche des procédés qui vont révolutionner bientôt l'art de la navigation. Déjà leurs efforts aboutissent. En 1801, lord Dundas se sert d'un petit bateau à vapeur pour l'aire le remorquage sur un canal écossais -'. En 1807, Boulton et Watt construisent, sur les plans de Fulton, un autre bateau à vapeur, destiné à être mis en service sur l'Hudson. Depuis 1811, deux ou trois petits vapeurs font régulièrement, et plus vite que le mail coach quand le temps est favorable ^, le service de la Glyde entre Glasgow et Greenock. Deux autres navires, construits comme ceux-là à Glasgow, naviguent sur la Tamise, l'un entre Londres et Gravesend, l'autre entre Londres et Margate. Ce dernier bateau vient d'arriver à Londres par la voie de mer; et les journaux signalent comme un fait glorieux le voyage de 1 500 milles qu'il vient d'accomplir, en doublant le cap de Land's End *. Cependant l'idée d'employer le bateau à vapeur pour la navigation maritime semble utopique encore ; on ne songe à en généraliser l'emploi que pour faciliter le transfert des passagers, dans les estuaires anglais, entre les eaux profondes et les quais de débarquement.
Les armateurs bénéficient en somme de cette insuffisance des moyens de transport. Ils sont en mesure de dicter leurs conditions aux négociants qui se disputent la faveur de faire passer leurs marchandises sur leurs navires ^ : les premières années du siècle ont été pour
1034 804 tonneaux. En 1809, à l'entrée : 1697 962 t.; à la sortie 163U315 t. (pas de variations sensibles dans l'intervalle 1801-1809). En 1810, à l'entrée : 2 072 244 t., à la sortie : 1 999 139 t.. En 1820, a l'entrée : 2 113 671 t.; à la sortie : 1 982 313 t. (pas de vnriatinns sensibles dans l'intervalle 1810-1820. Chiffres de 1813: à l'entrée : 2 119 093 t.; à la sortie : 2150 063 t.). Toutes ces statistiques ne tiennent compte ni du cabotage ni du commerce anglo-irlandais (Porter, Progress of the Nation, 1831, pp. 397-398).
1. En 1810, à l'entrée : 3134 vaisseaux britanniques, 6 876 vaisseaux étrangers; à la sortie 3 969 vaisseaux britanniques, 6 641 vaisseaux étrangers. En 1813, à l'entrée : 8 880 vaisseaux britanniques, 3 314 vaisseaux étrangers; à la sortie : 8 892 vaisseaux britanniques, 751 377 vaisseaux étrangers. En 1820, à l'entrée : 11 285 vaisseaux britanniques, 3472 vaisseaux étrangers; à la sortie : 10102 vaisseaux britanniques, 2 969 vaisseaux étrangers (Porter, ibid.). D'autre part, une évaluation de Porter ne donne pas un accroissement aussi fort de la flotte marchande britannique (Royaume-Uni, possessions d'Europe, colonies), pour les mêmes années : 23 703 vaisseaux en 1810, 24 860 en 1813, 23 374 en 1820 (ibid., p. 168). Il faut donc admettre que chaque vaisseau fit un nombre plus grand de voyages (ibid., p. 374).