‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 173 sur 387 · Felkin, Uosiery and Lace, pp · texte numérisé non relu

Felkin, Uosiery and Lace, pp

homme étant désigné par un numéro d'ordre ; puis un coup de pistolet est tiré, tout le monde se disperse, et les autorités ne réussissent jamais à trouver les coupables. Le bris des métiers par les ouvriers mécontents n'est pas une nouveauté dans la région; et depuis longtemps c'est une expression proverbiale, quand des métiers sont détruits, de dire que « Ned Ludd a passé par là ». Le bruit court, en conséquence, que le mouvement est dirigé par un personnage légendaire, « le roi Ludd », ou « le général Ludd »; et il semble que plusieurs chefs de bande se soient laissés donner ce surnom *.

Au mois de février 1812, le ministère se décide à agir. Plus de trois mille hommes de troupes avaient déjà été massés à Nottingham. Deux lois sont votées, l'une pour édicter la peine de mort contre les destructeurs de métiers à tricoter ^, l'autre pour donner aux Juges de Paix du comté des pouvoirs de police exceptionnellement étendus '. Mais, juste à ce moment, l'agitation s'étend à la région de la laine dans le West Riding du Yorkshire, à la région du coton dans le Gheshire, le Lancashire, et jusque dans les Lowlands d'Ecosse, où éclate une grève générale de tisserands *. Partout les maux dont souffre la classe ouvrière sont les mêmes, partout sévit la même crise de surproduction. La panique s'empare des classes dirigeantes. Le bruit court qu'une vaste conspiration, depuis Glasgow^ jusqu'à Londres, obéit aux mêmes chefs, que le dessein est de provoquer d'abord un soulèvement dans le Nord, d'attirer là-bas les troupes de la capitale et puis, une fois Londres privé de sa garnison, de faire éclater l'insurrection générale du royaume^. Napoléon se prépare à envahir la Russie, la guerre est imminente avec l'Amérique, le premier ministre est assassiné, et la nouvelle de sa mort est accueillie par de joyeuses manifestations populaires. Southey, qui écrit, pour la Quarterly JReview, un article sur la' Révolution française, confie à un correspondant que le sujet est « d'une actualité déplorable ». « L'armée seule, ajoute-t-il, nous préserve en ce moment de la plus terrible des calamités, d'une insurrection des pauvres contre les riches; pour combien de temps d'ailleurs pouvonsnous compter sur l'armée, c'est une question que j'ose à peine me poser ^. » « Vous avez tout à fait raison, écrit de son côté Walter Scott

1. Leeds Mercury, 9 mai 1812; 22 août 1812; Felkin, Lace and Hosiery, p. 231.

2. 52 Geo. III, c. 16 (la peine prévue par une loi antérieure, 28 Geo. III, c. 16, était la déportation). A la fln de 1813, l'ordre est suffisamment rétabli pour qu'une loi substitue de nouveau la peine de la déportation à la peine de mort (54 Geo. III, c. 42).

3. 52 Geo. III, c. 17 : loi temporaire, devant expirer le 1" mars 1814.

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