‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 174 sur 387 · S. et B. Webb, Hist. of Trade Unionism, p · texte numérisé non relu

S. et B. Webb, Hist. of Trade Unionism, p

5. Pellew, Life of lord Sidmouth, vol. III, p. 84 : lettre du Major Seale à lord Sidmouth, 30 juin 1812. — Court of England under the Prince Régent, vol. I, pp. 284-285 : lettre de W. H. Fremantle au marquis de Buekingham, 2 mai 1812.

Q.Smiles,MemoirofJohnMurray,\ol.l,i>. 202 : lettre de Southey à Murray, 19 mai 1812.

à Southey, d'appréhender une Jacquerie : le pays est miné sous nos pieds'. » De nouveau le ministère demande au Parlement des armes pour réprimer l'émeute qui s'est généralisée, et fait voter au mois de juillet une loi d'exception « pour la préservation de la paix publique dans les districts troublés^ ».

En réalité, la guerre civile, endémique en Angleterre, n'y présente pas un caractère d'atrocité : l'émotion extraordinaire soulevée, à la fin d'avril, par le cas isolé de l'assassinat du manufacturier Horsfall, près de Huddersfield, prouve à quel point les troubles de 1812 ont été en fin de compte peu sanglants. Au mois de janvier 1813, lorsque les juges, en vertu d'une commission spéciale, rendent leurs derniers arrêts contre les émeutiers du Yorkshire, l'ordre peut être considéré comme étant partout rétabli. Napoléon a évacué la Russie, l'industrie anglaise a retrouvé des débouchés, le prix du blé a baissé, et la reprise des affaires, beaucoup plus que les mesures répressives, explique l'apaisement d'une émeute qui n'avait jamais été qu'une insurrection de la faim. Les chefs d'industrie se préoccupent cependant, même après l'apaisement, de fortifier leurs positions. Ils vont remporter sur les organisations ouvrières une dernière victoire. _____

Les artisans mécontents du Nottinghamshire, en même temps qu'ils organisaient une conspiration pour la destruction des métiers, adressaient au Parlement une pétition aux termes de laquelle ils demandaient, les vieux règlements corporatifs étant tombés en désuétude, que la loi intervînt pour les protéger, ainsi que le public, contre la fraude et la malfaçon. La loi qu'ils réclament garantirait aux ouvriers une mesure exacte de la quantité de travail fournie, interdirait le pâîè"-" ment en nature, obligerait enfin les employeurs, sinon à payer des salaires fixés par la loi, tout au moins à afficher publiquement les prix offerts, afin de rendre impossible tout marchandage déloyal '. Rien de plus régulier que cette démarche, rien de plus conforme à l'esprit de la législation industrielle du xviir siècle. L'État anglais interdit aux ouvriers de former des coalitions, mais en môme temps intervient entre patrons et ouvriers, à titre d'arbitre impartial, pour réglementer leurs relations : en réalité, s'il s'oppose à ce que les ouvriers forment des coalitions, ce n'est pas qu'il tienne les objets poursuivis par ces coalitions pour illégitimes en soi, c'est parce qu'il considère que les ouvriers usurpent sur ses fonctions propres en prétendant se faire jus-

1. Lockhnrt, Lift oj Hir Waller Scoll, vol. III, pp. 352-3 : lettre de Waller Scott à Rob. Southey, 4 juin 1812.

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