‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 198 sur 387 · Geo. III, c · texte numérisé non relu

Geo. III, c

baisse moins vite que le revenu. Ce ne sont donc pas seulement les gens d'affaires de la Cité, les manufacturiers des grandes villes, ce sont les gentilshommes campagnards, appuyés par leur clientèle de fermiers, qui tiennent des meetings et signent des pétitions pour demander labrogation d'un impôt accusé d'être, comme jadis les droits d'Excisé, contraire aux principes d'une constitution libre.

Après quatre mois de tergiversation, le ministère, au mois de février 1815^ capitule. Vansittart, le Chancelier de l'Échiquier, apporte un projet de budget d'où l'impôt sur le revenu est absent^. Il estime que le Fonds Consolidé, accru de la somme prélevée sur les taxes de guerre pour le service de la Dette, s'élève à 40 962 000 1.. Les charges auxquelles le fonds consolidé doit subvenir s'élèvent d'autre part à 37 543 000 1.. On dispose donc d'un excédent de 3419000 1.. Ajoutez-y le produit des droits annuels perçus pour le remboursement des Exchequer Bills, soit 3 000 000 1.. L'excédent total est de 6 500 000 1.; il ne suffit pas pour assurer l'équilibre du budget, si on se prive de la Property Tax. Les garnisons à entretenir dans les nouvelles possessions coloniales, de grosses réparations à faire aux navires de la flotte, l'énorme accroissement des traitements de demi-solde et des pensions, empêchent de réduire les dépenses militaires au-dessous de 19 000 000 1.. Défalquez 2 000 000 1. qui sont à la charge du budget irlandais. Restent 17 000 000 1., sur lesquelles 6 500 000 seulement sont disponibles : 10 500 000 sont à trouver. On pourrait se tirer d'affaire en suspendant l'amortissement : la solution avait été prévue par la presse'. Mais Vansittart s'y refuse. Une série d'impôts — maintien des droits de guerre sur les douanes et VExcise, nouveaux droits de douane, aggravation presque générale des Assessed Taxes, relèvement du tarif postal, accroissement des droits de timbre — combleront le déficit. « En renonçant à l'impôt sur le revenu, en nous abstenant de toucher au fonds d'amortissement, nous fortifierons, déclare Vansittart, chaque jour notre position. » Oui, à condition que l'on échappe à l'obligation de contracter de nouvelles dettes. Or, un gros emprunt est immédiatement nécessaire pour liquider l'arriéré de l'exercice 1814. Puis Napoléon revient de l'île d'Elbe; et les deux Chambres doivent se résigner à voter, pour faire face aux frais de guerre, la continua-

1. Voir Yong»', Lifi; of lord Liverpool,\o]. Il, pp. 7.3, 77, «l-«2 : Icllrcs de lord Livorpooi Il lord Caslleroagh, 18 iiuv. 1814; ù Cannia^^, 28 déc. 1814; a Cu»llerc'ugh, Junv. 1815. — Sur 1«» lîllorts du ministère pour conserver l'impôt, voir encore H. ofC, î) fev. 1815 : discours de Gascoynf!; //. of C, 20 fev. 1815 : discours de Tiorney {Pari. Dcb., vol. XXIX, pp. OU."., 875-70).

2. H. of a., 20 fév. 1815 {Pari. Deb., vol. XXIX, pp. 854 sqq.).

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