Geo. III, c
3. Poor Rate, moyenne des années 1783, 1784, 1785 : 2 167 750 I. — Gounty Rate, 1792 : 218 185 1. — Voir Local Taxation, 1839, p. 50.
4. Report from Ihe Select Committee on Ihe Poor Laws, 1817, Min. of Ev., p. 86.
5. Le budget irlandais, môme après 1800, est resté distinct du budget anglais. C'est en 1816 seulement que l'union financière suivra l'union politique.
6. Produit brut : 83 436 765 I.. Produit net : 75 324 084 !.. — La différence (8 112 681 1.).
rapporte 13 000000 1. : à 10 p. 100, c'est, pour l'Angleterre, l'Ecosse et le Pays de Galles, un revenu global de 130 000 000 1. '. Il semble donc que, chaque année, plus de la moitié du revenu de la nation soit perdu par les classes laborieuses, gagné par les rentiers oisifs et les fonctionnaires de l'ordre civil et militaire ^, Il a fallu l'énorme développement des forces productives de la nation pour rendre possible cet accroissement presque extravagant des dépenses de l'État. Mais le progrès de la richesse publique n'est pas un progrès continu. Il est interrompu par de violents à-coups, par des crises subites : chaque fois qu'une de ces crises éclate, la surcharge fiscale devient insupportable.
Grise de 1793; crise de 1797; crise de 1800; crise de 1803; crise de 1810, la plus grave de toutes; crise de 1813 enfin. Nous avons défini les causes de ces convulsions. Les banquiers sont toujours prêts à avancer de l'argent aux industriels qui leur en font la demande : les industriels produisent au-delà des besoins des marchés. Ghaque fois que les débouchés manquent, les usines chôment, les banques font faillite, les ouvriers meurent de faim. Soulèvements, à la ville et à la campagne, d'un prolétariat misérable et révolutionnaire. Guerre ouverte, pour compliquer les choses, entre les villes libre-échangistes et les campagnes protectionnistes. Le poids écrasant de l'impôt vient aggraver ces désordres, mais ils sont inhérents à la structure môme de la société économique.
Sismondi visite l'Angleterre en 1817. G'est un conservateur, que le spectacle de la révolution industrielle épouvante. Il prédit, si les gouvernements ne réussissent pas à rétrograder vers un état de production lente et de besoins limités, que, de crise on crise, la société s'achemine fatalement, vers une crise suprême, où la foule des prolé-
nf! doit pas cependant être considérée comme constituée tout entière par des frais de perception : une partie en est constituée par des remboursements d'impôt, des drawbacks.
1. Voir notamment Ed. Rev., fév. 1822, no LXXII, art. IW. Slate ofthcNation{\o\.XXX.\l, |)p. .37.")-37a). -- D(î Montveran (Situation de l'Angleterre, 1819, vol. I, p. 437) propose, pour 1813, le chiffre de 1 .59 ,584 .'ÎOO 1. — Cependant Colquhoun, en 1814 (Wealth... of the British Empire, p. 126) arrive au chiffri' d(î 4.30 .521 372 1. (dans lesquelles il comprend, il est vrai, le revenu de l'Irlande). — Mêmes incertitudes quinze ans plus tôt. En 1798, Pitl évaluait le revenu annuel de la nation à 102 000 000 I., après déduction d(î 1/5 de divers revenus, alln de tenir compte des individus dont le revenu n'est pas frappé par l'impôt (Pari. Hist., vol. XXXIV, p. 18). Mais un contemporain (Three essays on taxation of income, etc., London, 1799, pp. 03 sqq.) discute ces chiffres, et propose celui de 2.30 (MM) 000 I.
2. llol)(;rt Wilsoii. An Inquiry into the Causes of the High Priées of Corn and Labour ... (ap. Farmer's Maga:ine, fév. 1816, vol. XVil, pp. 79-80). — Cf. Cohhell's Pol. Reg., 12 sept. 1810 (vol. XVII, p. 330) : If by the gripe of taxation every grain of the surplus of a country be taken from the lowest clas» of those who labour, they will hâve the menus of bare existence lefl ... that surplus produce which should go to the making of an addition lo their meal, or to the creating of things for their use, will be annihilatal by those who do nolhing but eat ... Siii li is itir \v,iv iii wiiich taxes opernte.
taires révoltés détruira toute civilisation. Karl Marx observe, trente ans plus tard, l'industrie britannique, et utilise, les retournant en quelque sorte, les conclusions pessimistes auxquelles aboutissait Sismondi : il salue, dans la révolution industrielle, le prélude de la révolution sociale qui, avant la fin du siècle, émancipera les masses, abolira l'État, transformera la conscience du genre humain. Dira-t-on que tous les économistes ne confirment pas les conclusions auxquelles aboutissent Sismondi et Karl Marx? qu'il se forme précisément en Angleterre une école optimiste suivant laquelle la libre expansion des forces productives, la libre concurrence, la libre industrie et le libre commerce, conduisent, par eux-mêmes et sans crises, à l'harmonie des intérêts? Mais Ricardo est un des grands hommes de cette école; et la doctrine de Ricardo, élaborée aux environs de 1815, est loin d'être aussi optimiste qu'on le croirait à lire ses disciples. Partout il aperçoit des luttes de classes : c'est à lui que les théoriciens du socialisme en emprunteront les formules. Il voit seulement dans ces conflits un effet nécessaire de l'opération des lois de la nature, et ne croit pas qu'il soit au pouvoir d'un gouvernement, par des artifices législatifs, d'y apporter un remède. De sorte que le spectacle des mêmes faits économiques inspire à tous les mêmes réflexions : qu'il s'agisse du monde agricole, du monde industriel, des institutions de crédit, partout surproduction, déséquilibre dans la distribution des richesses, liberté anarchique, révolution en permanence.
Si le matérialisme historique était vrai, s'il fallait chercher, dans la série des faits économiques, la cause explicative de toute l'histoire, l'Angleterre du xix^ siècle devrait être le pays prédestiné de la révolution politique et de la révolution religieuse. 11 n'en sera rien cepen? i dant. Dans aucun autre pays d'Europe, les transformations de la ! société ne présenteront un caractère plus marqué de continuité. De \ cette continuité, de cette stabilité relative, où faut-il chercher le prin- J cipe? Ce n'est pas, nous venons de le dire, dans la société économique. Ce n'est pas davantage dans la société politique : nous avons vu combien, prises en elles-mêmes, les institutions politiques de l'Angleterre étaient instables et anarchiques. 11 nous faut donc, dans la recherche des causes, faire un nouveau pas en avant, analyser un dernier ordre de phénomènes sociaux : les croyances, les émotions et les opinions, aussi bien que les institutions et les groupements, où ces croyances, ces émotions et ces opinions prennent une réalité directement saisissable à l'observation scientifique.
Les institutions religieuses sont, au Royaume-Uni, comme les institutions politiques, complexes et confuses. L'Eglise officielle est épiscopale en Angleterre et en Irlande; mais elle est presbytérienne en Ecosse. La majorité des sujets britanniques est protestante; mais quatre millions d'Irlandais sont catholiques. La majorité des protestants est attachée à l'Église d'État; mais deux millions appartiennent à des communautés libres, d'organisation plus ou moins républicaine. Cette diversité sera-t-elle, comme elle le fut au xvii'' siècle, une cause de désordre ou d'anarchie? ou bien, parmi tant d'influences contraires, verrons-nous s'exercer une influence dominante et pacificatrice? Quelle influence?
L'Angleterre n'est pas seulement imbue de religiosité; elle est un ()ays de haute culture artistique, littéraire, scientifique. Elle possède une belle école de peinture. Elle a les |)Iiis j^rands poètes qui soient au monde, Dalton, Davy, les Herschell, sont des savants illustres. Les philosophes et les économistes anglais étonnent l'Europe par l'audace avec laquelle ils appliquent à l'étude de l'homme les méthodes en usage dans les sciences de la nature. Faut-il dire que cet épanouissement s'est produit en opposition directe à la religiosité dominante? ou bien, ici encore, quelqu»; influence conciliatrice se laisse-t-elle découvrir? Entre des tendances hostiles, des concordats, (>\|>rrs ou Licites, ont-ils été conclus? Quels concordats?
L'Angleterre a été le théâtre, au xviii' siècle, d'un graml moiivc uu'.nl religieux qui n'a pas eu son équivalent sur le contincnl, du
dernier mouvement d'opinion protestante qui ait réussi à fonder des institutions durables; et c'est le « réveil méthodiste », le « réveil évangélique », qui, se combinant d'une part avec les vieilles traditions j politiques du parti whig, d'autre part avec les nouvelles mœurs indus- ■ trialistes, donne au libéralisme anglais, dans les premières années du ? xixe siècle, son caractère distinctif. Nous ferons voir l'action du : méthodisme s'exerçant d'abord sur les sectes dissidentes, puis sur ' l'Église Établie, enfin sur les formes laïques de la pensée elles-mêmes. Par elle nous essaierons de résoudre le problème dont jusqu'à présent la solution nous échappait. Par elle nous expliquerons la stabilité exceptionnelle dont la société anglaise est destinée à jouir, dans un siècle de révolutions et de crises, et ce qu'on peut appeler le miracle de l'Angleterre moderne, anarchiste, et cependant bien ordonnée, positive, industrielle, et cependant religieuse jusqu'au piétisme.