Black Book, 1820, p
2. Twiss, Life of lord Eldon, vol. I, p. 390. — Un certain nombre de lettres de lord Eldon, dans ce même ouvrage, fournissent des renseignements curieux sur la manière dont se font les promotions ecclésiastiques. Voir notamment, vol. I, pp. 388-389 (lord Eldon à Reay, 8 sept. 1801), et vol. III, pp. 465-466. — Voir encore une lettre de lord Eldon à Rose, 1801 (Diaries and Correspondence of .... George Rose, vol. I, pp. 376- 377).
3. Voir des exemples caractéristiques de ces annonces dans T. Timpson, Brilish Ecclesiastical History, pp. 500-501. — R. Hodgson, Life of Porteus, pp. 142-144, signale certaines pratiques curieuses imaginées au xvni" siècle pour tirer de la possession d'un bénéfice tout le parti possible.
Soit qu'ils aient obtenu leurs postes par la faveur, soit qu'ils les aient achetés à prix d'argent, les clergymen anglais sont aussi peu « prêtres » que possible. Un jeune homme de grande famille, ou simplement de bonne ou de riche famille, se fera-t-il ecclésiastique ou soldat? Les circonstances, le caprice des parents, le hasard souvent, en décident ^ Tant que dure la guerre, la carrière militaire offre plus de débouchés *. Vienne la paix, et l'Église verra de nouveau affluer les candidats à l'ordination. Les military pansons, comme les appelle Cobbett, vont s'abattre en foule sur les parsonages ruraux, cumulant avec les revenus du bénéfice leur demi-solde d'anciens officiers^. Trop souvent, semble-t-il, un vicarage est considéré par un cadet de bonne famille, après une jeunesse agitée, comme un moyen de faire une fin. En voici un qui, après sa sortie de l'Université, mangea dans la capitale une forte partie de son patrimoine : « il épousa la fille d'un clergyman, et prit les ordres ». En voici un autre qui, couvert de dettes, se tira d'affaires en obtenant une cure dans le Suffolk. « 11 y devint le grand favori des country gentlemen; car c'était un excellent cavalier, un grand chasseur, un buveur intrépide. Très bon chanteur, excellent danseur, les jeunes femmes n'auraient pas considéré une fête comme complète sans lui. » Après de nouvelles vicissitudes et de nouvelles difficultés d'argent, nous le trouvons pourvu d'un bénéfice ecclésiastique : « par où, nous dit le témoin, il lui fut de nouveau possible de se lancer dans le monde où l'on s'amuse* ». Tout ce que l'on peut demander à des clergymen ainsi recrutés, c'est de ne pas faire scandale, et de se conduire en honnêtes gentlemen farmers.
On ne saurait, en tout cas, leur refuser beaucoup d'argent. Ils appartiennent à la bonne société; ils ont généralement femme et enfants; même avec des traitements fort élevés, c'est tout juste s'ils
1. Miss Austen, Sente and Sensibilily, ch. xix : « Wc never could agrée in our choice of a profession. I always preferred the church, as I still do. But that was net smart enough for my family. They recominended thn army. That was a groat deal too smart for me. • — Pridi; and Préjudice, chap. xvi : « A military life is not what I was intcnded for, but circumstanccs hav(; now madi; il eligil»!»;. The church ought to hâve been my profession. I was brought up for the church, and I should at this lime havti been in possession of a most valuablo living, had it pleased Mr. Darcy (le « patron • du bénéfice).
2. Overton, Ënglisli Church in the 19lh. Ccntury, p. 145), qui cite un mandement de Kaye, évécjue de Lincoln : « In conséquence of opportunities of employment in the army and navy efforded to young mcn during the war, the number of candidates for Holy Orders was not erjual to the dcMuand for curâtes. During the? flrst ten years of this century, the number of young mcn who annually graduated as H. A. in January at Cambridge nverngfid little more than a hundnid : it now (1852) averages more than three hundred.
3. V. Hural Hidm, 23 scfpt. 1826; Il oct. 1820. — Sur ces anciens militaires devenus panons, voir Wakelleld, Ircland, vol. Il, pp. 47.")-470.
t. Gunning, Réminiscences of Camhriil<ii\ vnl. Il, iip. (V2. l'ili.
peuvent subvenir aux dépenses que leur rang leur impose. Certainement le clergé anglican coûte cher à la nation. Mais il est difficile de dire avec certitude ce qu'il coûte : comment estimer d'une manière fixe ou rigoureuse la valeur locative des immeubles, le revenu de la glèbe, le produit de la dîme? Gove, en 1810, estime à plus de 2 900 000 1. le revenu global annuel de l'Église*. D'autre part, le Black Book de 1820 l'estime à plus de 5 000 000 \^\ il se trouvera vers 1832 des critiques du régime établi pour l'estimer à 9 000 000 1. ^ Retenons le chiffre officiel qu'obtiendra, en 1833, une Commission nommée à cet effet, le chiffre de 3 500000 1.*, intermédiaire entre l'évaluation de Cove et celle du Black Book. Encore ce chiffre global donne-t-il une idée trop grossière du mode de rétribution du clergé anglais.
Les archevêques et évoques anglais et gallois, y compris l'évêque de Sodor et de Man, jouissent d'un revenu total de 181631 1.. Mais, tandis que l'archevêque de Canterbury et l'évêque de Durham touchent des revenus supérieurs à 19 000 1. et l'évêque de Londres, plus de 15 000 1., l'évêque de Rochester doit se contenter de moins de 1 500 1., et l'évêque de Llandaff de 900 1. tout juste ^ Considérons-nous d'autre part le clergé paroissial? Il touche un revenu de 3 250000 1.. Mais, si l'on cherchait à se faire une idée du revenu d'un parson anglais en divisant ce chiffre par le nombre des bénéfices, on obtiendrait une moyenne peu significative. Le revenu de 4000 bénéfices — plus du tiers de l'ensemble — est égal ou inférieur à 150 1.. Sur ces 4000 bénéfices pauvres, il en est 1 726 dont le revenu est compris entre 100 et 1501., 4 061 dont le revenu est égal ou inférieur à livres^. Faudra-t-il donc conclure que l'organisation de l'Église Anglicane est une organisation chaotique? Faudra-t-ildire, sans réserves, qu'elle avantage les uns au détriment des autres? En fait, les statistiques officielles sont souvent trompeuses. Le clergé anglais a organisé, pour relever des revenus jugés insuffisants, tout un système, consacré par l'usage, de cumuls, de pluralities.
Un même titulaire peut obtenir simultanément deux, trois, quatre postes ou davantage : on cite un ecclésiastique qui en occupe huit à
1. Gove, An Essay on the Revenues of the Church of England, d' éd. 1816, pp. 106, 109, 124. Revenues of bishops : £ 130 000; of Deans and Ghapters : £ 276 000; of Ihe parochial clergy : £ 2 557 202. — Total : £ 2 962 202.