‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 221 sur 387 · Geo. III, c · texte numérisé non relu

Geo. III, c

4. QnarUrly Review, oct. 1815, art. XII. Livcs of Melanchthon andJeremy Taylor {\o\. .XIV, p. 237). - Cf. Life of llannah More, vol. 111, p. 445 : lettre ii Mr. Ilarford, 22 «'v. 1816 : - Our cluircli ... is rcnt in |)ieces by the divisions of the high churcli and the evangelical parties. 0 how I hâte faction, division, and controversy in religion ! •

son rêve primitif, non pas créer une secte nouvelle, mais régénérer l'Église elle-même. Des clergymen, disciples de Wesley et de Whitefield, sans rompre avec l'Église, prennent sur eux de fonder, dans leurs paroisses, de petits groupes où des laïques se concertent pour l'édification mutuelle et pour la propagation de la vérité religieuse \ Des laïques bâtissent des chapelles pour suppléer au manque d'églises, les gèrent à leurs frais et sous leur responsabilité, sans consulter ni le clergyman de la paroisse ni l'évêque du diocèse. Le vieux parti de la « Basse Église », du Low Cliurch, se réorganise sous leur direction, non plus libéral et rationaliste comme autrefois, mais piétiste, ou, comme on dit, « évangélique ». Nous voici donc obligés de compliquer encore notre tableau de la société religieuse en Angleterre. Si la secte v^csleyenne, hiérarchique dans sa constitution, nettement conservatrice en politique, constitue comme la « Haute Église » du nonconformisme, inversement le nouveau parti de la « Basse Église », le « parti évangélique », est une sorte de méthodisme anglican.

Quelle a été l'histoire du mouvement? D'abord une série de clergymen, sans rompre avec l'Église dont ils étaient les fonctionnaires attitrés, mais sans s'attacher non plus à en respecter superstitieusement la discipline, sont restés les amis de Wesley et de Whitefield, les logeant lorsque, au cours de leurs tournées de prédication, ils traversaient leurs paroisses, les invitant môme à prêcher dans leurs églises, imitant parfois leur exemple, et s'en allant évangéliser les paroisses voisines, dont les clergymen les scandalisaient par leur tiédeur. Tels Walker, le Revivalist des Gornouailles; Hervey, l'auteur des « Méditations sur les Tombes »; Grimshaw, le « parson fou » des landes du Yorkshire, qui poussait à coups de fouet ses ouailles vers l'église; Robert Newton, l'ancien négrier, devenu le parson d'Olney, et qui se glorifiait d'avoir « converti » le poète Gowper; d'autres encore, plus graves et plus froids, comme Venu et Romaine. Toute cette génération a passé maintenant; et c'est au moment même où, petit à petit, elle s'éteignait, dans les dernières années du xviir siècle, dans les premières années du xix^ siècle, que les « Évangéliques » se sont organisés en « parti », avec leurs centres de propagande, leurs méthodes d'actions, leurs amis reconnus, leurs ennemis non moins déclarés.

1. Le caractère équivoque de ces organisations se marque bien lors des débats de 1812 sur le New Toleration Ad. Les évangéliques prennent garde qu'à l'article où se trouve défini le statut légal des prédicateurs, le mot « dissident » ne soit pas prononcé, afin que les chefs laïques de leurs organisations ne se trouvent pas mis en demeure ou de dissoudre ces organisations, ou de se fondre dans le Dissent. Voir Life of Wilberforce, vol. III, pp. 507-508, 509; et Corr. betweenJebb and Knox, vol. II, pp. 221-222 : lettre de Jebb à Knox du 25 mai 1815.

Le premier centre de la propag-ande « évangélique », c'est l'Université de Cambridge; le parti y compte deux grands hommes, les chefs ecclésiastiques du mouvement. Isaac Milner, pesant et formidable — un de ses admirateurs le compare à un marteau-pilon, — occupe la chaire de Newton : tout à la fois président de Queen's Collège et doyen de Carlisle*, c'est un professeur beaucoup plus qu'un savant, un prédicateur religieux beaucoup plus qu'un professeur. Charles Simeon, vicar de Trinity Church, exerce la fonction depuis trente-deux ans, gratuitement, par pur zèle religieux, ayant abandonné à son frère sa part de l'héritage paternel, afin de n'être pas détourné par une fortune excessive de l'accomplissement de sa tâche; demeuré riche d'ailleurs, il vit en gentleman'^. Il lui a fallu, pendant de longues années, lutter contre l'hostilité des fellows de son collège, et de tous les maîtres et de tous les étudiants de toute l'Université. Des fermiers des environs, de pauvres gens de la ville, écoutaient ses sermons, interrompus par les quolibets et les huées des étudiants. Mais il possède, pour triompher enfin, et devenir, malgré des haines persistantes, un des hommes les plus respectés de Cambridge, cette forme particulière du génie, ce mélange de mansuétude et de dureté, qui fait le grand ecclésiastique. Il est prêt, tant qu'il le faut, à subir tous les outrages; il sait aussi foudroyer du regard ^, faire appel à la police, imposer à ceux qui l'insultent des humiliations publiques, la prison. Il a sous ses ordres une petite armée de cent vingt enthousiastes, organisés selon le modèle wesleyen en groupes de vingt membres, qui se réunissent constamment pour la méditation en commun, pour la confession publique, pour la gestion d'un fonds charitable. Il a, autour de Cambridge, son « circuit » de paroisses, qu'il visite périodiquement. Simeon recrute à Cambridge le jeune clergé évangélique, pour le disperser ensuite à travers le royaume entier, et faire pénétrer insensiblement dans la prédication anglicane l'esprit du nouveau piétisme*.

A Clapham, près de Londres, un autre groupe prête son assistance au groupe de Cambridge. Ce sont des laïques^qmservent d'intermédiaires entre le clergé évangélique, d'une part, et, d'autre part, le monde politique et le monde des alîaires auxquels eux-mêmes appar- / tiennent. Ce .sont des hommes riches, qui se chargent d'avancer les/

1. CariH, Lifit of Simeon, p. .373 : Simeon au.rpv. Thomas Thomnson, IG iionl 1813.

2. Voir la dcscriplion d«! son train do vie dans Arthur Younf^, Aulobiograpliy, p. 31M). .3. Two younp mcii ... v.nuw into my church in a inost disordcrly way : and as usual 1

fixfd my cycs upoii llicm with stornnoss, indicative of iny diph-asurc. One of thom was ahashi'd : but th« olhf-r, tlie only one that cver was daring enowjh ta wilhstand my eyc .... (CaruH, life of Simeon, p. 02).

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