Mem. and Corr. of lord Castlereagh, vol. IV, pp
3. Un»! fois défraya; ii; curale ou vi(5aire, qui est logé, nourri, est pourvu d'un cheval et Hiçoit 10 1. d'argent de poche (Mem. and Corr. of lord Castlereagh, vol. IV, p. 99; cf.
pp. i:}()-i:n).
4. Le Dr. Stock, évoque protestaut do Waterford, cité par Wakedeld, Ireland, vol. 11,
p. .mT.
lui reste, d'affirmer son indépendance vis-à-vis du Parlement de Westminster et de la Couronne d'Angleterre.
Sans cesse, les Irlandais émigrent, passent en Ecosse et en Angleterre : ainsi déborde sur la Grande-Bretagne le catholicisme irlandais. Il y a plusieurs milliers de catholiques à Londres, à Liverpool; c'est que, dans l'une et l'autre ville, l'immigration irlandaise est très forte. Mais la Grande-Bretagne possède aussi ses catholiques indigènes, qui peuvent, à leur tour, être répartis en deux groupes. Ce sont d'une part des lambeaux de population catholique, demeurée fidèle aux vieilles croyances à travers deux siècles de persécution, dans les Highlands écossais, dans le Lancashire et le Staffordshire. Ce sont d'autre part de vieilles familles de l'aristocratie et de la geniry, éparses dans tous les comtés anglais : chacune de ces familles, avec ses domestiques catholiques, ses fermiers catholiques, son chapelain qui fait comme partie de la domesticité, constitue un petit centre isolé au milieu de la masse des protestants environnants." Au total, suivant des évaluations très approximatives, 60000 catholiques environ en Angleterre, 30000 en Ecosse'.
C'est une infime minorité ; mais, dirigés par des chefs de très nobles et très vieilles familles, les catholiques de Grande-Bertagne se considèrent et sont considérés, par opposition à la plèbe irlandaise, comme formant l'élite du catholicisme anglo-saxon^. Un certain nombre, depuis que la persécution s'est relâchée, ne se sont plus piqués de rester fidèles à la religion de leurs pères : tel le duc de Norfolk, l'ami de Fox, un des grands hommes du parti whig. Mais ceux-mêmes — de beaucoup les plus nombreux — qui mettent leur point d'honneur à ne point se convertir, sont en fin de compte des gentilshommes campagnards, très semblables, par les croyances et les mœurs, à leurs pairs de religion protestante ^ : aussi loyalistes depuis qu'il n'y a plus de prétendant catholique à la Couronne d'Angleterre, et en même temps aussi attachés aux traditions du self-government, aussi hostiles à toute
1. Ces évaluations sont tout à fait conjecturales. Elles reposent sur les calculs auxquels se livre le rev. Joseph Berington, dans son livre intitulé The State and Behaviour of English Catholics from the Révolution to the Year 1780, 1780, p. 111. Mais, d'une part, même en 1780, les conclusions de Berington étaient incertaines. Voir les renseignements contradictoires donnés en 1773 et en 1786 par les Vicaires Apostoliques de Londres (Ward, Dawn of the Catholic Revival, p. 30). D'autre part, l'immigration irlandaise peut, de 1780 à 1818, avoir accru le nombre des catholiques anglais. — Pour l'Ecosse, le nombre de 30 000 est donné par Amherst {Hist. of Cath. Emancipation, vol. I, p. 279); Sinclair, Scotland, vol. IV, p. 9, donne le chiffre de 27 000; et même ouvrage, vol. I, p. 21, le chiffre de 50 000 (faute d'impression pour 30 000?).
2. Berington, State and Behaviour ... 1780, p. 120 : 8 Pairs, 19 Baronets, et environ 150 « Gentlemen of landed property ».
3. Cobbett, Rural Rides, 30 oct. 1821. To be sure the Roman Catholic religion may, in England, beconsidered as a gentleman's religion, it being the most ancient in the country.
espèce de bureaucratie dans TÉtat et dans l'Église. Que l'on considère quelle a été, quelle est en 1815, sous le régime des lois d'exception, l'organisation de l'Église catholique en Angleterre. Point d'archevêques ni d'évêques : quatre w vicaires apostoliques », « délégués » par Rome, président, sans procédure régulière, à l'administration des quatre « districts » entre lesquels l'Angleterre est répartie. Point de paroisses organisées à l'intérieur de chaque district : c'est seulement d'une manière confuse que chaque vicaire apostolique sait combien de prêtres servent sous ses ordres. Ces prêtres sont des chapelains, attachés aux familles aristocratiques. Ils ont été choisis par les riches laïques qui les logent et les nourrissent, non par les évoques. Ces laïques se trouvent donc naturellement amenés à se considérer comme les patrons de leur Église, désignés, par l'organisation même du catholicisme anglais, pour en gérer les affaires.
Lorsqu'à la fin du xviii'' siècle, ils ont constitué un comité pour obtenir la réforme des lois d'exception qu'ils subissent, c'est à grand peine qu'ils se sont décidés à y laisser pénétrer une minorité d'ecclésiastiques. Ils se sont déclarés disposés à prêter un serment, dont ils ont rédigé la formule, par lequel ils refusent au Pape toute autorité temporelle, restreignent dans des limites définies son autorité spirituelle, condamnant en termes exprès ses prétentions à l'infaillibilité. Ils ont dressé tout un plan de réforme de l'organisation ecclésiastique, demandé que les « vicsfires apostoliques », trop directement soumis aux volontés de la Cour de Rome, soient remplacés par de véritables (jvôques, doués d'une autorité indiscutable, nommés par le clergé subalterne des diocèses, ou môme par les fidèles. Le duc de Norfolk, à qui certains d'entre eux exposent leurs desseiils, les écoute avec sympathie, mais non sans ironie : « Je vous félicite, leur dit-il, vous exaucez mes vœux. Vous êtes en train de suivre mon exemple. Vous serez bientôt de bons protestants. J'ai seulement trente-cinq années d'avance sur vous^ » Les catholiques « cisalpins », comme on les appelle, comme ils s'appellent eux-mêmes par opposition aux ultraiiioiilaiiis. sont d'autant plus impatients d'obtenir leur émancipation
1. lÀfe and Spceches of Daniel 0' Connell, vol. I, p. 372. — On trouvera une bonne •'xpression du « oisalpinisme » anglais dans le livre de James Barry, A LcUer lo the ... Society for the encouragement of Arts ... 1793. Barry flétrit les grands monarques du prol(!stantisme anglais, Henri VIIl, Klisabeth (pp. 16-17), montre combien le» prétentions au pouvoir politique ont été funestes pour la papauté elle-même (p. 24-25), invoque un certain nombre d'autorités catholiques favorables au principe de la souveraineté du peuple (pp. 57-58), rappelle (ju'il y a eu uu catholicisme démocratique avant la Héforme, que ce catholicisme populaire persiste dans les cantons suisses, exprime l'espoir de voir s'établir en France uu catholicisme gallican et démocratique (pp. 07 sqq.).
complète, qu'ils se sentent moins séparés, par leurs manières de penser et de sentir, de leurs compatriotes protestants.
En fait l'émancipation catholique est très avancée déjà. Les dures <( lois pénales « qui, depuis le commencement du xviii" siècle, pesaient sur les catholiques des trois royaumes, n'étaient plus que mollement appliquées dans les premières années du règne de George III. Les infractions n'étaient pas dénoncées; ou bien, si elles Tétaient, les juges s'ingéniaient à créer une jurisprudence aussi favorable que possible aux catholiques. A partir de 1771, une série de Relief Acts ont été votés, pour corriger la législation anticatholique. En Irlande, une loi de 1771 a pour la première fois autorisé les catholiques, dans certaines conditions définies, à affermer de la terre à long bail; une loi de 1774 a créé, à l'usage des catholiques, une formule spéciale de serment d'allégeance; une loi de 1778 a établi l'égalité des droits, entre catholiques et protestants, pour tout ce qui touche à la propriété et à la location de la terre; deux lois de 1782 ont accordé aux catholiques la liberté du culte et de l'enseignement; une loi de 1793 a permis aux catholiques d'exercer l'électoral politique et d'être promus aux grades militaires inférieurs au grade de colonel. En Angleterre une loi de 1778^ met à la disposition des catholiques une formule de serment, copiée sur la formule irlandaise de 1774, et abroge un certain nombre d'articles de l'ancienne loi. Dorénavant un catholique pourra acquérir de la terre, par voie d'héritage ou d'achat ; un catholique pourra ouvrir une école sans être passible de la prison perpétuelle; « un prêtre », un « évêque », un « Jésuite », ne seront plus exposés au péril d'une dénonciation privée. Une loi de 1791^ complète la loi de 1778, et, moyennant certaines formalités légales, accorde aux catholiques, clercs ou laïques, la liberté du culte. En 1793^ les avantages obtenus par les catholiques anglais sont étendus aux catholiques écossais.
Est-ce la complète émancipation civile? Pas tout à fait. En Ecosse, les catholiques n'ont pas encore le droit d'ouvrir des écoles. Ni en Ecosse ni en Angleterre, ils n'ont le droit de célébrer publiquement