‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 253 sur 387 · Hook VHl · texte numérisé non relu

Hook VHl

.5. Hook VIII.

0. La Quarterly Rcvicw, janvier 1814 (vol. X, pp. 404-40."»), observe (|uc •■ a ... rcasonalilc

/,■ Wordsworth, Walter Scott sont néanmoins des tories; et les tories /^l'acceptent pas Témancipation catholique : ils se conforment, en matière de législation ecclésiastique, aux vues du parti de la « Haute Église ». Pourquoi donc ce parti est-il délibérément hostile à la cause catholique? N'est-il pas, des deux partis qui se disputent la direction de Tanglicanisme, celui qui tend à effacer le caractère protestant de rÉglise Établie, celui qui insiste au contraire sur les côtés par lesquels son idéal se rapproche de l'idéal romain? Mais, s'il se trouve en 1815 quelques théologiens * — Alexander Knox, Daubeny — pour s'élever jusqu'à cette conception philosophique de l'Église anglicane, ils sont très peu nombreux 2. Trois quarts de siècle après le « réveil » de la « Basse Église », la « Haute Église » sommeille encore; et, pour qu'elle se réveille, il faudra justement que l'émancipation catholique enfin consommée change brusquement les forces respectives des deux partis politiques, et provoque, par contre-coup, une révolution profonde dans la vie de la nation. En attendant, la « Haute Église » anglicane est un parti sans idéal. Un parti d'hommes en place : c'est, pour les évêques anglicans, une perspective déplaisante de voir se dresser en face d'eux une hiérarchie rivale d'évêques catholiques. Un parti essentiellement officiel : la « Haute Église » invoque, contre l'émancipation catholique, des arguments non théologiques, mais politiques.

La communauté catholique, disent les adversaires de l'émancipation, n'est pas une secte chrétienne comme les autres, et c'est pourquoi elle requiert un contrôle spécial. Autocratique, bureaucratique par sa constitution, elle est fondée tout entière sur le principe de l'obéissance passive à un chef absolu, qui est en même temps un souverain étranger : elle est, elle vise à être, un État dans l'État. Les catholiques allégueront-ils que cette obéissance, ils la doivent au pape seulement en ce qui concerne les choses spirituelles? Mais, entre le spirituel et le temporel, la distinction est difficile à faire, et c'est au Pape que les catholiques s'en remettent pour opérer la délimitation des deux domaines. N'est-ce pas un article de foi, pour les catholiques, que nul n'est tenu de respecter la foi jurée dans ses rapports avec un

appréhension is that to which many Protestants are not insensible, thatthe cause of popery will be eventually a gainer, from the play which its system gives to religions feeling », mais semble, ce disant, penser à l'Allemagne surtout : « One of the remarkable effects of mysticism has been, that some of its principal supporters in the North of Germany hâve gone over to the Roman Catholic opinions » ...

1. On trouvera des expressions caractéristiques de leur état d'esprit, dans Thirty years' correspondence between Knox and Jebb; Lettres de Knox à Jebb, 13 juin 1811, 5 janv., 8 mars, 13 sept. 1813; et Jebb à Knox, 7 mars 1813.

2. Voir sur ce groupe des détails abondants, — trop abondants, dirait-on volontiers, étant donnée son peu d'importance réelle, dans Overton, English Church in the XIXth Century, pp. 25 sqq.

hérétique? que le pape peut les dispenser à l'avance de tenir leurs serments, les absoudre quand ils les ont violés? A quoi bon exiger d'eux qu'ils répudient expressément ces opinions, puisque leurs allégations, même apportées sous la foi du serment, devront toujours être tenues pour suspectes? Est-il prudent de renoncer aux lois d'exception grâce auxquelles l'Angleterre a pu ignorer, un siècle durant, les difficultés que suscitent, chez tant de nations continentales, les conflits du clergé avec l'État?

Il est visible, cependant, que, depuis une cinquantaine d'années, ces arguments politiques eux-mêmes perdent beaucoup de leur force persuasive. Les souvenirs de l'Armada, bénie par le pape, des deux derniers Stuarts, catholiques et trahissant la nation, commencent à devenir lointains : l'âpre Docteur Duigenan, le pédantesque Sir John Cox Hippisley, ont beau insister sur les périls que l'ingérence du Saint-Siège peut faire courir à l'unité nationale, ils sont écoutés par la Chambre des Communes avec une impatience croissante, ils font lire plus qu'ils n'irritent. C'est que l'état de l'Europe a changé.

L'Angleterre a vu débarquer sur ses plages, de 1792 à 1795, tout le ilergé catholique français, proscrit par la révolution jacobine : elle sest piquée de leur offrir une large hospitalité. Quinze ans à peine après les Gordon JRiots, une souscription publique en faveur des prêtres réfugiés a produit 33 775 1. ; le gouvernement, avec l'assentiment du Parlement et de l'opinion tout entière, leur a donné des mensualités régulières, 10 1. aux évêques, 1 1. 15 s. aux simples prêtres. Les maisons religieuses que les catholiques anglais, sous le régime des « lois pénales », avaient établies sur le continent, à Paris, à Douai, à Saint-Omer, à Liège, pour l'éducation de leurs enfants et la formation de leurs prêtres, se transportent en Angleterre avec la connivence du gouvernement; et, contre cette renaissance des ordres monastiques, c'est à peine s'il se produit, à la Chambre des Communes, de faibles protestations'.

En Ecosse, le gouvernement donne un aumônier de leur dénomination à un régiment de Highlanders catholiques, subventionne même les prêtres catholiques et leurs deux séminaires. En Irlande, le Parlement vote un crédit annuel de 8 000 1. au nouveau séminaire de Maynooth, fondé à l'intention du clergé catholique '\ En 1800, (juand le cardinal York, le dernier représentant de la ra<;e des Stuart, est |iar Ir fait de l'occuijation française, obligé d'abandonner Rome et de

1. Ward, [)awn of the CalhoUc Revival, vol. II, pp. 1 s(|(i.. 01) s<\(\., 103 s(|(i. — //. o/C, 22 mai 18()() (Pari. Deb., vol. XXXV, pp. 340 s<|q.).

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