W«ke(lr!l(l, Ireland, vol. 11, pp. HQ sqq
renoncer à ses revenus ecclésiastiques, le Roi, sur la recommandation de Pitt, lui accorde une pension de 4 000 1. K Comment parler sérieusement d'un péril catholique, lorsque c'est l'Angleterre protestante qui fait la charité à l'Église catholique opprimée et dépouillée? L'Église catholique ne mérite plus la haine, mais la pitié.
Viennent ensuite, en France, le temps de la dictature napoléonienne. Après avoir essayé, par le Concordat et les articles organiques, de subordonner le clergé français au pouvoir civil, Napoléon finit par transporter le Pape en France; il vise à faire de lui l'instrument de ses volontés. La politique de Napoléon fournit aux anti-papistes anglais des arguments nouveaux. Supposez Pie VII mourant en prison, Napoléon obtenant à sa place l'élection de son oncle le cardinal Fesch : n'est-ce pas le complet asservissement du Saint-Siège à l'Empire? l'influence de l'Empereur s'insinuant dans le Royaume-Uni par l'intermédiaire des catholiques d'Angleterre et d'Irlande? Mais les partisans de l'émancipation répliquent que, si la papauté se laissait à ce point asservir, le monde catholique cesserait d'obéir à un pouvoir dégénéré ; que d'ailleurs un asservissement aussi complet est difficile à concevoir, et que le cardinal Fesch, lui-même, une fois élu, se trouverait du coup en mesure de braver la volonté impériale ^.
Voici d'ailleurs l'empire français anéanti, et toutes ces craintes devenues sans objet. Pie VII rentre dans sa capitale, sous la protection des armées anglaises; son secrétaire d'État, le Cardinal Consalvi, est depuis longtemps l'ami des hommes politiques anglais ^ ; c'est à l'influence de lord Castlereagh qu'il doit de venir prendre place au Congrès de Vienne, à côté des souverains alliés et de leurs représentants; pour obtenir l'intégrité de ses possessions territoriales contre les velléités d'agrandissement de l'Autriche, le Saint-Siège compte sur l'appui du cabinet de Londres*. Le pape est devenu le client de l'Angleterre,
Faut-il conclure que les objections d'ordre politique que l'on oppose à l'émancipation apparaissent en fin de compte comme purement chimériques? Tel serait le cas si nous les avions énumérées toutes; mais: il en reste une dont nous avons différé l'examen. L'immense majorité des catholiques du Royaume-Uni est irlandaise; c'est donc toute la question d'Irlande qui se trouve soulevée, chaque fois qu'on discute