janvier 1815 (Life and Speeches, vol. II, p
le système du Board of Commissioners est rejeté pareillement. Mais une sorte de veto atténué est suggérée. Sur une liste de candidats proposés pour chaque vacance épiscopale, la Couronne aurait le droit de demander la suppression d'un certain nombre de candidats; on laisserait cependant toujours un nombre suffisant de noms soumis au choix du Saint-Siège. C'est trop encore pour contenter l'intransigeance irlandaise. O'Connell accuse Joseph Milner d'avoir trahi la cause de ceux qui l'envoyèrent à Rome*. Les prélats catholiques déclarent à l'unanimité, tout en protestant de leur « vénération » pour le Souverain Pontife, leurs appréhensions persistantes au sujet d'une détermination « prise par le Saint-Siège non seulement sans leur concours, mais en opposition directe à leurs résolutions répétées^ ».
« Soyons justes : ce n'est point parce que nous sommes catholiques que les Anglais nous détestent : ils nous haïssent tout simplement parce que nous sommes irlandaise » O'Connell, le jour où il s'exprimait en ces termes, définissait sans doute avec exactitude la vraie nature de l'anti-catholicisme anglais. Lui-même, par l'agitation qu'il entretient, renforce ces préjugés hostiles à l'Irlande, Par cette agitation mi-religieuse mi-politique, il aggrave les troubles agraires que déjà nous avons mentionnés. La masse du bas peuple est encore trop inconsciente pour s'ébranler, mais cette inertie diminue de jour en jour. Le Catholic Board, deux fois dissous, est reconstitué en 1815 sous le nom de Catholic Association; et c'est le dessein avoué d'O'Connell d'ériger les prêtres, dans toutes les paroisses, en agents réguliers des sociétés révolutionnaires qu'il organise*. Comment s'étonner, dès lors, si à Londres, par réaction, l'opinion redevient anti-catholique?
Il y aurait une majorité à la Chambre des Communes, et peut-être même à la Chambre des Lords, pour faire place, dans le Parlement, à un Lord Petre ou à un comte de Shrewsbury, à un Sir John Throckmorton ou à un Charles Butler; mais personne ne se soucie de voir les comtés irlandais envoyer peut-être un jour à Westminster une faction démagogique, étourdie, insurrectionnelle, à tendances séparatistes. Ceux qui hésitaient sont confirmés dans leurs hésitations : tel Wilberforce, dont l'état d'esprit représente à merveille les vacillalions de l'opinion indépendante, et qui se demande, en 1814, dans un discours irrité, si les Irlandais ne sont pas de ces peuples (pi'il faut