Yonge, Life of lord Liverpool, voL I, p
2. Life and Speeches of O'Connell, voL I, p. 86, discours du 29 déc. 1810 : We would
si habile qu'il intimide les prélats irlandais. Moins de quatre mois après la séance parlementaire où le secret de leurs concessions a été révélé, les évêques irlandais, réunis à cet effet, déclarent à l'unanimité qu'il est « inopportun « {inexpedient) de rien changer au mode canonique qui a toujours été suivi pour la nomination des évêques catholiques romains*. Le parti populaire et intransigeant d'O'Connell fait des progrès constants au détriment du parti aristocratique et modéré, que dirige Lord Fingall. Au moment où, en juin 1812, l'Opposition parlementaire obtient enfin à Westminster, à une majorité importante, le vote de l'émancipation catholique, le malentendu est flagrant entre les catholiques et leurs défenseurs parlementaires. Ceuxci ont obtenu une majorité au Parlement en acceptant l'émancipation sous condition, l'émancipation accompagnée d'un système de garanties, de securities, comme on dit. L'immense majorité des catholiques irlandais, qui sont eux-mêmes l'immense majorité des catholiques du Royaume, veulent, exigent, dans une série de meetings très violents, (( l'abrogation totale et inconditionnelle des lois pénales- ».
Dans les premiers mois de 1813, un 6/// d'émancipation est déposé à la Chambre des Communes. Il est rédigé, sous sa forme première, par Grattan; mais Canning y annexe un certain nombre d'articles qui contiennent les securities demandées; et Grattan les accepte, parce qu'il ne croit pas pouvoir obtenir, à d'autres conditions, le passage de la ioi\ En quoi consistent ces securities? D'abord dans une formule de serment, très longue, très minutieuse, directement inspirée de la doctrine « cisalpine ». Ensuite dans l'établissement d'un Board ofCommissioners, choisis par la Couronne parmi les plus notables représentants du catholicisme britannique, lords ou grands propriétaires fonciers. Chaque fois que, pour un siège épiscopal vacant, Rome proposera une candidature, il appartiendra au Board, après examen des litres, d'accorder ou de refuser au candidat le témoignage « de loyalisme et de conduite pacifique », faute duquel il ne saurait être nommé. De même «Micore, le Board devra examiner les bulles et autres
fairi cxcil»; a .NaUiPiial aiul Irisli Party, capable of annihilating auy foreiga oppresser whalsoever... et p. 54-r).5; discours du 18 sept. 1810 : Nay, were Mr. Perceval to morrow to olîer me the Hepeal of tho Union upon thc ternis of re-onacting tlie eulire pénal code, I déclare it froni ray heart, and in the présence of iny God, tlial 1 wnuld rnost cheerfully enibracc; liis oiTer.
1. Ed. Rcv., nov. 1810, n" X.XXIII, Art. L Catholic Question (vol. XVll, pp. I sip]., .ii particulier 20 s(\(\.).
2. Meeting du 18 juin 1812 (Life and Speeches of O'Connell, vol. I, pp. 108 sqq.).
3. Texte du liill de Grattan, //. of C, 30 avril 1813 (Pari. Deb., vol. XXV, pp. H08 sqq.), des clauses additionnelles de Canning, //. of C, Il mai 1813 {Pari. Deb., vol. X.XVl, pp. 88 sqq). Texte définitif du liiU, apr(^s aineudement en Commission, //. of C, 20 mai 1813 (Pari. Deb., vol. X.XVI, i.p. 27(i >.|(|.).
documents émanant de la Cour de Rome, et ne les laisser circuler que s'il considère qu'ils ne portent pas atteinte aux lois civiles. Projet d'origine vraisemblablement cisalpine, lui aussi : la gentry catholique verrait avec plaisir s'introduire dans l'administration du catholicisme les principes du self-government aristocratique à l'anglaise. En somme, les catholiques d'Angleterre acceptent tous, ou peu s'en faut, l'arrangement de Ganning : sur quatre vicaires apostoliques, trois s'y rallient. Mais l'Irlande catholique proteste. O'Gonnell élimine le parti « vétoïste » du Catholic Board, organisation formée en Irlande pour défendre la cause catholique'. Les évoques déclarent le projet « schismatique^ ». On ne saurait, disent les « anti-vétoïstes » régler la question des rapports de l'Église et de l'État sans un accord avec le pape; et le pape, prisonnier de Napoléon, est inaccessible.
Il subsiste pourtant à Rome, en l'absence du pape, une administration ecclésiastique pour l'expédition des affaires courantes. Les hommes d'État anglais, les catholiques du parti modéré, obtiennent en février 1814, de Mgr Quarantotti, qui gouverne la Congrégation de la Propagande, une approbation sans réserve du bill de 1813. N'importe : les Irlandais et les intransigeants refusent d'admettre sa compétence, en appellent au Souverain Pontife lui-même ^ Ils vont plus loin, et déclarent que, même si le Pape ratifiait jamais le rescrit de Quarantotti, ils ne s'inclineraient pas. « Je suis sincèrement catholique, dit O'Gonnell, mais je ne suis point papiste... Même en matière spirituelle l'autorité du Pape est limitée... Faisons parvenir jusqu'à Rome notre résolution de ne jamais céder*. »
Cependant Pie VII rentre à Rome. Anti-vétoïstes et vétoïstes envoient deux missions rivales à sa poursuite : du côté anti-vétoïste, Murray, coadjuteur de l'archevêque de Dublin, et Joseph Milner; du côté vétoïste, Poynter, vicaire apostolique du district de Londres. Pie VII se trouve placé dans une situation difficile. Les catholiques irlandais, malgré leurs écarts de langage, défendent les droits de l'Église catholique à la liberté intégrale. D'autre part, Rome ne peut ni ne veut se brouiller avec le gouvernement anglais. Au mois d'avril 1815, une lettre du cardinal Litta, Préfet de la Propagande, essaie de tenir la balance égale entre les deux partis. La formule du serment est rejetée;
1. Meeting catholique de Cork du 30 août (Life and Speeches of O'Connell, voL II, pp. 7 sqq.).
2. General Meeting of the Roman Catholic Prelates of Ireland, 27 mai 1813 (Life and Speeches of O'Gonnell, vol. I, p. 320).
3. Résolutions votées par les évèques, 27 mai 1814 (Life and Speeches of O'Gonnell, vol. II, p. 149).