Mem. and Corr. of Viscount Combermere, vol. I, p
4. Sandby, Hist. of the Royal Academy, vol. I, pp. 145-148; Pye, Patronage of British Art, pp. 217-218. Pye constate cependant le déclin du préjugé, et signale la décoration des églises de Rochester, de Winchester, de Salisbury, de Saint-Stephen's (Walbrook), de Saint-Margaret (Westminster). — Prince Hoare, Epochs of the Arts, p. 259, ajoute la chapelle de Foundling Hospital. — Voir les protestations des peintres contemporains contre ce puritanisme, voir Barry, /nquiry, chap. v (Works, vol. II, p. 210); — [Garey]; Observations ... on ... Décline of ... Historical Painting, p. 13. — Cf. Literary Works of Sir Joshua Reynolds, vol. II, p. 338.
5. Min. of ev. for sélect committee on arts atxd principles of design, 1836, p. 1106.
6. H. of C, 5 février 1816 {Pari. Deb., vol. XXXII, pp. 311 sqq.).
les préventions antigouvernementales, tant la parcimonie bourgeoise est étroite, tant la gentry est indifférente à l'embellissement de la capitale.
L'aristocratie, dont le patronage exerce sur les beaux-arts une influence décisive, demande des portraits. Ainsi des raisons économiques expliquent pourquoi, dans la lutte engagée depuis un demisiècle entre peintres d'histoire et portraitistes, l'avantage reste toujours aux derniers*. C'est en peignant des portraits que Reynolds a fini par accumuler une fortune de 100 000 1.^. Un portrait de Lawrence coûte en 1815 trois cents guinées, et coûtera bientôt sept cents guinées*. En vain l'Académie Royale a été fondée pour permettre aux artistes anglais de peindre, sans mourir de faim, autre chose que des portraits. En vain 1' « Institution Britannique » a exclu de ses expositions annuelles les peintres de portraits. L'École anglaise, malgré tant d'efforts contraires, reste une école de portraitistes. Gainsborough est mort en 1788, Reynolds en 1792, Romney en 1802, Hoppner, le peintre favori du prince de Galles, en 1810, l'écossais Raeburn n'a plus que peu d'années à vivre ; mais Lawrence est en pleine possession de son infaillible technique. Le Régent lui a commandé la décoration d'une grande salle de son château de Windsor, pour commémorer les victoires remportées en 1814 et en 1813. Non pas des tableaux de batailles. Cédant au goût public et à la force des choses, le Régent a voulu une galerie de portraits. Lawrence, renouvelant les temps de Rubens et de Van Dyck, vient de quitter son pays pour exécuter la commande royale, et obtenir des séances de pose de tous les souverains d'Europe. C'est l'apogée du portraitisme anglais.
Webster explique comment, en 1803, il renonça à l'architecture parce que la carrière ne lui rapportait pas les avantages pécuniaires sur lesquels il avait d'abord compté. « Je résolus, dit-il, de me faire peintre de paysages; c'était alors une profession très lucrative*. » Les paysagistes sont, au début du siècle, avec les portraitistes, la gloire de l'école anglaise. Lentement, ils se dégagent des influences étrangères sous lesquelles ils se sont formés. Influences hollandaises, sensibles chez Gainsborough et chez Crome, fondateur de 1' « école de Norwich » ; influences françaises et classiques, manifestes chez Wilson, avouées dans les tableaux qui appartiennent à la première manière de Turner. Tous ces maîtres ont cependant une originalité commune. Avant que
1. Sur cette lutte .nliai imi, voir K.irry, Inquiry, chnp. x {Works, vol. II, pp. 246 sqq.). — Life of Haydon, vol. I, passiin.
2. Journal of a Tour ... by a French TravcUer, 1815, vol. 1, p. 39. 'i. Hiographie Universelle, art. 'Reynolds'.
\. li'Mic.' Jour,, ///s-;. „f ihe Royal Institution, p. l'.li.
Tart de Turner soit parvenu à sa perfection, avant que Constable se soit fait connaître ^ ils constituent déjà, au sens plein du mot, une « école ». Ils créent une tradition nouvelle, qui pouvait se développer seulement au pays du brouillard et des ciels voilés ; ils découvrent la splendeur d'une atmosphère qui a sa vie propre, et dans laquelle baignent les objets réels. Le genre, chaste entre tous les genres, et qui n'exclut pas une vague religiosité, soulève moins que tout autre les répugnances du nouvel évangélisme. Une aristocratie rurale réalise ce tour de force de conserver l'amour de la nature plus intact en Angleterre que dans aucun autre pays d'Europe, alors que l'Angleterre est, de tous les pays d'Europe, celui où la civilisation industrielle et urbaine fait les plus gigantesques progrès. C'est à la même influence qu'il faut sans doute attribuer encore la vogue de la peinture de genre, des petits tableaux représentant des scènes de la vie populaire, et généralement de la vie des champs. Morland est mort, mais Wilkie fait fureur, et Mulready obtient ses premiers succès. Ils exposent en 1815, au salon de l'Académie, deux de leurs plus célèbres tableaux : Wilkie son Dislraining for Reni, Mulready ses Idle Boys.
Il se peut que le développement pris en Angleterre par la peinture de paysage, la peinture de genre, et surtout la peinture de portrait, ait désappointé les espérances de ceux qui, en fondant l'Académie Royale, avaient voulu encourager le grand art et la peinture d'histoire. Il n'en est pas moins vrai que, même à l'Académie, les paysagistes, les portraitistes et les peintres de genre l'emportent en nombre sur les peintres d'histoire. Les graveurs au contraire, sont exclus. Le règlement leur accorde seulement six places parmi les membres « associés », qui n'ont ni le droit de vote ni même le libre accès à la bibliothèque. Landseer se consume en vains efforts pour obtenir, en faveur de luimême et ses confrères, un meilleur traitement. Il réclame l'élection de quatre graveurs, la constitution d'une section de gravure à l'exposition annuelle. Il échoue, et les graveurs froissés refusent même de se porter candidats aux six postes d' « associés » qu'on leur aban-
1. Turner expose encore en 1815 un tableau classique : sa « Didon bâtissant Garthage ». — Voif l'appréciation de V Examiner, 28 mai 1815 : « Gaspar and Nicolas Poussin may hâve painted nobler grown trees, and hâve been more careful in détail and finishing; Rubens may hâve had even a bolder flush of colour, and Claude more reflnement; but combining ail Mr. Turner's other cajpabilities with that best of ail qualities, a créative imagination, not one of the great Masters were more signiflcant and inspiring than the Professor of Perspective to the Academy. » — Turner exposait en tout huit tableaux, parmi lesquels, outre la Didon, les tableaux intitulés The Eruption of the Souffrier Moutains, et Crossing the Brook. — L'Examiner appréciait en ces termes l'exposition de Constable : « It is a pity that Mr. Gonstable's pencil is still so coarsely skctchy. There is much sparkiing insight and a gênerai character of truth in 268 Village in Suffolk and in 245 Boat Building. »
donne*. Les Académiciens s'obstinent à considérer la gravure comme un genre subalterne, un pur procédé technique propre à vulgariser les œuvres d'art, un art industriel plutôt qu'un art libéral : entêtement singulier, d'autant plus singulier que l'Angleterre, depuis une trentaine d'années, possède les premiers graveurs de l'Europe.
L'alderman Boydell, bon artiste, grand commerçant, a créé de toutes pièces l'école anglaise de gravure. Il a commandé aux meilleurs peintres une série de tableaux, dont les sujets sont empruntés aux drames shakespeariens, pour servir de modèles à WooUett, à Earlom, à Sharpe, et constituer en même temps une exposition permanente de tableaux modernes, la fameuse Shakespeare Gallery de Pall MalP. Et les progrès accomplis en Angleterre par le commerce de la gravure ont exercé une action profonde sur la situation économique de l'artiste anglais. Il ne dépend plus du patronage monarchique ni du patronage aristocratique, mais du patronage anonyme du public, auquel il vend, à de nombreux exempkires^ les reproductions de ses œuvres. La gravure peut se vendre isolément, ou être incorporée à un ouvrage imprimé. Elle peut être le portrait d'un homme en vue, l'illustration d'un roman d'aventures ou d'un récit de voyage*. Dans tous les cas, le peintre et le graveur deviennent, par l'intermédiaire d'un éditeur, des producteurs dont la marchandise se débite en détail. L'industrie de la gravure, envisagée à ce point de vue commercial, constitue comme un degré intermédiaire entre l'industrie du tableau et l'industrie du livre.