‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 264 sur 387 · R. Adam, Ruins of the Palace ... at Spalatro, Préface · texte numérisé non relu

R. Adam, Ruins of the Palace ... at Spalatro, Préface

3. Sur les conditions où elle a été formée, sur sa composition aristocratique, sur son activité, voir Taylor, Fine Arts in England, vol. II, pp. 158 sqq.

4. Fergusson, Hist. of the Modem Styles of Architecture, 3° éd., vol. II, p. 91.

architectes, qui visent au grand, au classique, au romain; et, comme toutes les ruines antiques sont des ruines d'édifices publics, les architectes se condamnent à résoudre ce paradoxe de construire des châteaux aussi habitables que possible et cependant pareils, non pas à des maisons d'habitation antiques — les documents font défaut * — , mais à des temples romains ou grecs.

Quelques propriétaires s'insurgent, réclament un style plus national et moins factice. Mais, tombant d'une archéologie dans une autre, ils demandent des modèles à l'architecture du moyen âge anglais^. Il y a cinquante ans qu'Horace 'Walpole a donné le signal de la renaissance gothique en édifiant sa fausse abbaye de Strawberry Hill. Beckford, en 1813, est en train de construire sa fausse abbaye de Fonthill : absurde décor de théâtre, hâtivement bâti, qui déjà s'est une fois écroulé, qui est destiné à s'écrouler une fois encore^. Toute une école d'érudits fournit aux architectes les documents dont ils ont besoin. John Britton publie en 1807 le premier volume de ses « Antiquités architecturales de la Grande-Bretagne »; Sir James Hall, en 1813, son « Essai sur l'Origine, l'Histoire et les Principes de l'Architecture Gothique ». Les catholiques commencent à exploiter, pour le besoin de leur apologétique, la ferveur nouvelle dont les monuments du moyen âge sont l'objet : John Milner, vicaire apostolique des Midlands, écrit en ce sens un ouvrage remarqué*. Mais à vrai dire cette mode gothique n'est pas plus sincère que la mode néo-classique ; il ne s'agit même pas de deux écoles rivales d'architecture, animées par des convictions contraires. Les mômes architectes, industriels avisés — tels Wilkins et Nash, — travaillent à volonté dans l'un ou l'autre style, et livrent, selon le caprice du client, un portique dorique, une façade ogivale — au besoin môme une pagode chinoise.

En sculpture, en peinture, les efforts de l'Académie Royale pour créer un « grand art » ont obtenu quelque succès. Thomas Banks a fondé, en Angleterre, pour la première fois dans l'histoire, une école

1. C'est précisément pour essayer de combler celte lacune que R. Adam avait été étudier les ruines du palais de Diocléticn en Dalmatie, Ruins ofthe Palace al Spalatro, Introduction, p. .3. — John Hall, Origin ... ofGothic Architecture, pp. 13.T sqq.. fait justement observer que le style classique n'est pas mémo applicabb», sans des transformations qui le dénaturent, à la construction d'une é/çlise chrétienne.

2. Ëastlake, Hist. of tke Golhic Revival, pp. 57-58, remar(|ue qu'on n'avait jamais absolument cessé de restaurer, dans le style primitif, les maisons de campagne et les châteaux de la noblesse ri de la gentry.

3. Fergusson, llixt. of tlie Modem Styles of Architecture, vol. H, pp. W sqq.

4. Est-ce pour c<;lle raison qu'Kastlake, dans son Hist. of the Gothic Revival, ne mtîutionne pas MilniirV Voir sa protestation (p. .5») contre ce qu'il appelle • the vulgar superstition which Ibcn and long afterwards identilled the Pointed Arcb with the leniïts iil Kotiii- .. Sur l'ouvrage de Milner, voir Quarterly Rcvicw, oct. 1811, art. ill« ''^fi'"' hileciure (vol. VI, pp. 02 sqq.).

de sculpture. Flaxman, illustre dans toute l'Europe, Chantrey, Westmacott, Wyatt, sont des artistes estimables. En Benjamin West, l'Angleterre possède un excellent peintre d'histoire. Voilà cinquante ans qu'il a opéré cette révolution de représenter les personnages de ses tableaux dans le costume exact de leur temps et de leur profession ; âgé maintenant de soixante-dix-sept ans, il continue à produire, et les œuvres qu'il entreprend sont de plus en plus ambitieuses *. On dit que, de 1769 à 1801, il a reçu une somme de 34 787 1, pour les tableaux que le roi lui a commandés. En 1811, la British Institution lui a payé trois mille guinées son tableau du « Christ guérissant les malades », pour en faire hommage à la nation^. Mais les moeurs imposent des limites au patronage monarchique et gouvernemental. Les artistes se heurtent à la pruderie de la cour : on raconte que George III refusa de poser devant Gainsborough parce qu'il désapprouvait le désordre de sa vie privée, et que celui-ci, après l'avoir observé à la dérobée, dut faire son portrait de mémoire^. Ils se heurtent au rigorisme protestant : quand les peintres de l'Académie Royale ont, en 1773, offert de décorer à leurs frais l'intérieur de Saint-Paul, l'archevêque de Canterbury et l'évêque de Londres ont décliné la proposition, alléguant que ce serait déchaîner les clameurs anti-papistes*. Ils se heurtent à la parcimonie de l'Échiquier : c'est en vain que l'Académie Royale a fait des démarches répétées pour obtenir un crédit de 5000 1., en vue d'ouvrir une « Galerie d'Honneur », où seraient exposées, à titre permanent, les œuvres les plus notables des peintres contemporains*. Le Parlement vote l'érection de deux monuments en souvenir des deux victoires de Trafalgar et de Waterloo". Mais le monument de Waterloo ne sera jamais exécuté : tant sont fortes à la Chambre des Communes

1. Voir le jugement porté sur lui en 1813 par Prince Hoare, Epochs of Art, p. 221 : Above the sportive, desultory trains of Venetian grouping, he ranks with the more chaste composers of the Florentine and Lombard Schools; and, surpassing many, is excelled by few.

2. Taylor, Fine Arts in England, p. 224 : [Garey], Observations ... on ... Décline of ... Historical Painting, p. 64. Suivant Garey, la souscription, la vente de la reproduction gravée du tableau, les recettes de l'exposition, rapportèrent à la British Institution une somme de près de 13 000 1..

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