Archibald Constable, vol. III, p
teau d'Abbotsford*. « Dans vos relations avec les hommes de lettres, écrit à Murray l'éditeur Blackwood, vous savez faire en sorte que votre profession soit une profession libérale et que tout ne se ramène pas à une question de gros sous*. » Lesjéditeurs, devenus les patrons véritables de la littérature anglaise, JoaLla fortune dés' auteurs.
Pour des livres sérieux, qui traitent de religion, de philosophie, de science, de voyages, le prix offert à l'écrivain par l'éditeur peut s'élever jusqu'à 1000 ou 1500 1.. Gonstable en 1812 donne 1 000 1. à Dugald Stewart, pour une préface sur « les progrès de la philosophie », à placer en tête du « Supplément de l'Encyclopédie Britannique » ; il en offre autant à Playfair pour un tableau du progrès des sciences mathématiques et physiques*. Les romanciers à la mode reçoivent, pour une de leurs œuvres, 1500 1., 2000 1., 3000 1.*. Les poètes font d'aussi bonnes affaires que les romanciers; et, leurs prix montant d'année en année, Walter Scott reçoit, en 1805, 500 1. de la maison Longman pour le copyright du Lay of the last MinsireP; en 1807, 1 000 guinées, payées d'avance, pour le poème de Marmion — « un prix, disait-il plus tard en riant, qui faisait alors se dresser les cheveux sur la tête ^ » — ; en 1814, 1 500 guinées pour la moitié du copyright du Lord of the Isles, l'autre moitié lui demeurant. Byron reçoit 600 1. en 1812 pour les deux premiers chants de Childe Harold; 1 000 guinées en 1813 pour le Giaour et la Fiancée d'Abydos; 2 000 1. en 1816 pour le troisième chant de Childe Harold^. En 1814, Thomas Moore cherche un éditeur qui veuille lui acheter un poème. Longman consent à payer 3 000 guinées, mais demande à voir d'abord les vers. Murray consent à ne pas voir les vers, mais offre seulement 2 000 L. Thomas Moore finit par traiter avec Longman à raison de 3 000 1. pour un poème qui n'est pas encore écrit, dont il est spécifié seulement qu'il sera au moins aussi long que le Rokehy de Walter Scott®. Les poètes de second rang bénéficient de la hausse des prix. Crabbe étant venu en 1818 offrir à Murray ses Taies from the Hall, Murray se déclare prêt à lui acheter en bloc, moyennant 3 000 1., le copyright de tous ses poèmes; et les gens de lettres sont devenus si exigeants que Crabbe commence par