Smiles, Murray, vol. I, pp
9. Mem. Journ., and Corr. of Thomas Moore, vol. II, pp. 57, 58.
refuser, et s'adresse, en vain d'ailleurs, à un autre éditeur dans l'espoir d'obtenir davantage*.
Les gens de lettres, tirés de la misère et de la bohème, s'accommodent diversement de leurs conditions nouvelles d'existence. Crabbe, quand il touche ses 3 000 1., déborde d'une joie naïve, emporte les billets à Trowbridge pour les faire palper par son fils^. Lord Byron se rappelle toujours qu'il est un grand seigneur, affecte le dédain, refuse de traiter [directement avec son éditeur, abandonne à des amis pauvres l'argent qui lui est dû*. Le vieux Southey, méthodique et laborieux, rédige des poèmes épiques et des articles de revue avec la conscience et la régularité d'un bon ouvrier*. Wal.terLScatt enfin est un grand spéculateur, qui s'entend d'autant mieux avec Gonstable qu'il comprend la littérature comme celui-ci comprend la librairie.
Il écrit pour s'enrichir, acheter de la terre, devenir un grand propriétaire. ir'a"c5mmencé par commanditer une maison d'imprimerie et de librairie, afin de toucher sur le produit de ses œuvres les bénéfices du commerçant en plus des bénéfices de l'auteur. L'entreprise marchant mal, Gonstable l'a rachetée : le grand éditeur et le grand auteur sont dorénavant liés l'un à l'autre. Gonstable verse à Walter Scott, par échéances, des sommes déterminées, moyennant la promesse de livrer des poèmes ou des romans à des dates également déterminées. Mais si la promesse n'est pas tenue? si le roman n'est pas prêt à la date fixée? L'auteur se rachète alors par la promesse d'un autre roman livrable à une date plus reculée : « On parle du fermier qui faisait lever deux épis là où auparavant il n'en levait qu'un; mais vous, mon bon ami, écrit Walter Scott, avez fait surgir douze volumes là où probablement il n'en aurait surgi qu'un seul^ » Qu'arrivera-t-il encore si l'auteur vient à mourir? L'éditeur a pris ses précautions, il s'est assuré sur sa tête. N'est-il pas à craindre cependant qu'à trop écrire l'auteur lasse
1. Smiles, Murray, vol. 11. p. 72. — Mem., Journ. and Corr. of Th. Moore, vol. II, pp. 235-238. — Les grandes Revues sont encore, pour les auteurs, d'importantes sources de revenus. L'innovation de Gonstable, quand il fonda VEdinbargh Review, fut de bien payer ses collaborateurs : dix guinées la feuille, c'est-à-dire trois fois autant qu'on ne donnait dans les vieilles Revues, cinquante guinées par numéro au rédacteur en chef. Le prix de la feuille monta jusqu'à vingt guinées (Cockburn, Life of Jeffrey, vol. 1, p. 134; vol. H, p. 74). .Mêmes prix à la Quarlerly Review; voir lettre de Southey à Goleridge : « The most probable line of composition is reviewing ... I hâve nol yetreceived 80 much for the 'History of the Hrazils' (in three volumes) as for a single article in the Quarlerly (Smiles, Murray, vol. II, p. 39).