LES INSTITUTIONS D'ENSEIGNEMENT
Le respect superstitieux delà Bible détourne LE PROTESTANTISME ,,,,,• i j r -, t
FT r A SCIENCE observation exacte des laits. Le mysticisme
religieux implique un sentiment de défiance
à l'égard de la science positive, de ses prétentions à l'infaillibilité et à
l'universalité. Nous assistons cependant, en Angleterre, au cours de la
période qui correspond à la prédication méthodiste et au réveil du
protestantisme orthodoxe, à un mouvement prodigieusement rapide de
grandes découvertes scientifiques. Il faut donc, ou bien que nous ayons
exagéré l'importance du rôle joué par le réveil méthodiste dans la
formation de l'esprit public anglais, ou bien que ce réveil ait été
moins défavorable au progrès de la culture scientifique que d'abord il
paraissait l'être. Le protestantisme, en premier lieu, est une religion
du livre, une religion réfléchie et sérieuse. Il exige de tout chrétien
digne de ce nom qu'il sache lire afin de connaître la Bible : il est, dans
cette mesure, propice au développement, sinon de la haute culture,
tout au moins de l'instruction populaire. C'est, en second lieu, dans
la classe moyenne, mercantile et industrielle, que le nouvel évangé-
lisme fait le plus grand nombre de ses prosélytes. Or, la grande
industrie naissante a besoin d'ingénieurs et de savants; et le spectacle
môme du machinisme incline naturellement les esprits à chercher une
explication mécanique de tous les phénomènes naturels, y compris les
phénomènes sociaux. Considérons, à tous ses degrés, l'organisation de
l'enseignement en Grande-Bretagne, Cherchons à voir (juelle est, sur
wa.s fully occupied unlil Ihe cvening, when it would havo been nlinnsl Hncrilegc and ingralitudo iiot lo walk for half an hour at least nnjoying onc; of the fliiost «un-sellings and moon-risings which rny eye» ever hehcld (Life, vol. IV, p. 71). — Les vers de Cowpor l'aident à comprendre et k aimer les beautés de la nature (Life, vol. lll, pp. 417, 41», 420). - Mftmes impressions notées chez d'autres • évangéliques », tels que John Newton (Cobpihoun, Wilberforcc and his friends, vol. 1, p. KM); lord Muii<a>lri i/(/.. Ibid., p, 138); Porteus (R. llodgson, Life of Porteus, pp. 2», 98).
50e LES CROYANCES ET LA CULTURE.
cette organisation, l'action de ces deux forces que nous venons de définir : zèle protestant, zèle industrialiste. Nous verrons que, là où elles ne s'exercent pas, il y a stagnation; là au contraire où elles se font sentir, il y a vitalité et progrès.
De même que la rapide propagation des con- L'ENSEIGNEMENT . ■ ,r ^ r o
PRIMAIRE naissances scientifiques suppose une bonne
organisation de l'enseignement, de même une bonne organisation de l'enseignement suppose, en dernière instance, un enseignement populaire fortement constitué. L'Ecosse calviniste propose en modèle au Royaume-Uni tout entier son système d'instruction primaire. Une loi de 1696, revisée en 1803, décide que, dans chaque paroisse, un maître d'école, logé, convenablement rétribué, sera désigné par les propriétaires fonciers de la localité et le ministre'. Le système écossais n'est pas absolument un système d'éducation gratuite. Mais les enfants indigents sont élevés aux frais de la paroisse. et les autres achètent à très bas prix les services du maître d'école. 18 d. par trimestre pour apprendre à lire ; 2 s. ou 2 s. 6 d. pour apprendre à lire et à compter; autant pour apprendre le latin : car le latin s'enseigne dans les écoles primaires d'Ecosse^. Ce n'est pas non plus un système d'instruction obligatoire. Mais en fait tout le monde s'en prévaut. Lorsque les paysans sont trop pauvres pour payer le maître d'école pendant toute l'année, ils font travailler les enfants aux champs pendant les mois d'été, et les envoient à l'école pendant l'hiver. Quand les paroisses couvrent plusieurs milles carrés, et qu'il est impossible aux enfants de fréquenter l'école tous les jours, les maîtres d'école, transformés en maîtres ambulants, se font successivement loger chez divers habitants de la paroisse.
Entre ce développement de l'enseignement primaire et les progrès de l'industrialisme, il ne faut pas chercher un lien de cause à effet. Au contraire, dans la mesure où la grande industrie se propage, l'éducation populaire décline^. Les paroisses sont noyées dans l'amas confus des maisons et des usines; et les écoles, comme les églises, cessent d'être les foyers de la vie sociale. D'ailleurs les enfants, réquisitionnés par les fabriques, n'ont plus le loisir de s'instruire. Tous, ou presque
1. 43 Geo. III, c. 54. — Avant 1803, le traitement du maître d'école devait être compris entre un minimum de 200 marks scots, soit 11 1. 2 s. environ, et un maximum de 300 marks, environ 16 1. 13 s.. La loi de 1803 relève le traitement minimum à 300 marks, 16 1. 13 s. environ; le traitement maximum à 400 marks, 22 1. 4 s. environ.
2. Adolphus, British Empire, vol. IV, p. 249. — Cf. Fronde, Thomas Carlyle, a hisiory of the Jirst forty years of hislife, vol. I, pp. 5-6. — Rain, James Mill, pp. 6-7.