‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 319 sur 387 · Phil. Trans., 1801, part II, p · texte numérisé non relu

Phil. Trans., 1801, part II, p

plus brillant des conférenciers scientifiques de Y « Institution Royale », montre que, dans la décomposition de Teau par la pile, il se produit un dégagement d'oxygène à un pôle, et d'hydrogène à l'autre, alors même qu'on interpose, dans l'intervalle, des substances quelconques, animales ou végétales. Beaucoup d'incertitude flotte d'ailleurs sur les résultats de ces premières expériences. Cruikshank essaie en vain de décomposer un certain nombre de sels, Davy, et plusieurs autres chercheurs en Angleterre et en France, constatent que, si on fait agir la pile sur de l'eau, il se dégage de 1' « acide murialique » ou « nitromuriatique » au pôle positif, et un alcali fixe au pôle négatif. La pile aurait-elle donc le pouvoir de produire des alcalis et des acides, et, lorsqu'il se dégage, au contact avec des sels, un acide et un alcali, faut-il dire que ce dégagement a pour cause la décomposition du sel, ou bien, comme il semble que ce soit le cas en présence de l'eau, l'action pure et simple de la pile?

En 1806, Davy résout le problème. Par une série d'expériences conformes au type des expériences de Lavoisier, il établit que, dans les cas où, les deux pôles de la pile plongeant dans de l'eau, il apparaît un alcali et un acide, c'est que l'eau n'était point parfaitement pure : l'alcali et l'acide sont en réalité les produits de la décomposition d'un seP. Davy reprend en conséquence les recherches au point où les avaient portées Nicholson, Carlisle et Cruikshank; il pousse plus avant sur cette voie, et pose en loi générale « que l'hydrogène, les substances alcalines, les métaux, et certains oxydes métalliques, sont attirés par des surfaces métalliques électrisées négativement, et repoussés par des surfaces métalliques électrisées positivement; qu'inversement l'oxygène et les substances acides sont attirés par des surfaces métalliques électrisées positivement, repoussés par des surfaces métalliques électrisées négativement^ ». D'où la possibilité, sinon d'identifier l'affinité chimique et l'affinité électrique, du moins d'y voir deux phénomènes qui dérivent d'une même cause, et dont les intensités sont proportionnelles : l'intensité des affinités se mesure par la différence des états électriques.

L'électrochimie est fondée; et la Bakerian Lecture que Davy prononce, en novembre 1806, pour annoncer au monde les résultats de ses recherches, produit une impression profonde. La « Revue d'Edimbourg » admire que le génie de Davy, échappant « à l'influence énervante de l'Institution Royale », ait pu se développer « dans celte

1. Bakerian Lecture for 1806 : OnSomc Chemical Atjencirs of Electricily {Works, vol. V> pp. * sqq.).

Page 1