‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècleChapitre 80 sur 387 · Oldfleld, Repr. Hist., vol. III, p · texte numérisé non relu

Oldfleld, Repr. Hist., vol. III, p

électeurs à Garlisle, et les candidats populaires sont ceux du duc de Norfolk. Mais lord Lonsdale est maître de la corporation. Sur son invitation, elle choisit 14 000 freemen honoraires parmi les mineurs de ses charbonnages; et, par trois fois, ses candidats sont élus*.

Partout nous observons les mêmes désordres : peut-être sont-ils plus graves ici qu'ailleurs. Partout en revanche nous observons la même variété, plus marquée dans les freemen boroughs que dans les autres. S'il y en a neuf qui comptent moins de vingt électeurs 2, il y en a vingt où le nombre des électeurs est compris entre cinq cents et mille *, et vingt-deux où le nombre des électeurs dépasse le millier*. Bristol a 6 000 électeurs; la cité de Londres en a 17 000. Les neuf bourgs où les électeurs sont en nombre infime sont des phénomènes de dégénérescence du type normal : la franchise s'y trouve restreinte, en pratique, aux membres de la corporation, pour le plus grand avantage des patrons locaux. Seulement, dès que le nombre des électeurs cesse d'être absolument insignifiant, l'influence de l'aristocratie est affaiblie. Il n'y a que \;inquante électeurs à Ghipping Wycombe; or voilà vingt ans que Sir John Dashwood a enlevé à lord Lansdownc le siège dont celui-ci avait pris l'habitude de s'attribuer la propriété'. Quand le nombre des électeurs dépasse cinq cents, quand il dépasse mille, l'électorat commence à affirmer son indépendance.

Si, dans les grandes villes elles-mêmes, les anciennes familles gardent de l'influence, c'est qu'elles savent faire aux exigences populaires les concessions nécessaires, ou découvrir les points sur lesquels il y a coïncidence entre leurs passions politiques et celles de leurs

1. Oldlield, Rcpr. Hist., vol. III, pp. 2G4, 265. — Généraliimont il y avait partage dos deux sièges entre les deux partis {Ibid., p. 238). — Si, en 1812, les deux sièges allèrent au parti de lord Lonsdale, il convient d'ajouter que In défaite du candidat populaire Curwen, suivant Gurwen lui-môme, s'explique par des causes qui n'ont rien à voir avec la fraude (Curwen, Observations... on Ircland, vol. I, pp. 6, 7, 15). Cf. R. S. Ferguson, the Cumberland and Westmoreland M. P.' S. p. 222.

2. Bossiuey; Dunvvich; llastiugs; New Roniney ; Orford; Rye; SaiiiL-liertn.iiis; Suiul- Mawes ; Winchilsca.

3. Berwick-upcn-Tweed ; Bridgenorth ; Garlisle ; Derby ; Evesham ; Grantham ; Ludlow ; Maidstone; Mnlden; Monniouth; Newcastle under Lyne; Rochester; Sandwich; Shrewsbury; Southampton; Stafford; Sudbury; St Alban's; Tewkesbury; Yarmouth.

4. Beverley; Bristol; Cantf^rbury; Ghester; Golchester; Coventry; Dover; Durham ; Exeter; Gloucester; llereford; IIuU; Lancasler; Lincoln; Liverpool; Gity of London ; Ncwcastle-upon-Tyni!; Norwicli; Nottinghani ; Oxford; Worcester; York.

5. Oldlield, Hepr. Hisl., vol. Ill, p. 85. — Cf. les plaintes de lord Lansdowne, Fitzmaurice, Life of lord Shelburne, vol. 11, pp. .382-3 : « And after ail wlien the crisis cornes, you an; likely to b(« oulbid by aniy nabob or advenlurer, and you must expect ail Ihat you hâve done to go for nolhiiig, and the most you can look for is a préférence. What can you say to a blucksmilh, who has seven chiidren, or to a cominon labouring nian who is oiïenîd 700 1. for bis vole, or to Iwo inisers who are olfercd 2 000 1. : which are ail inslancéa distinclly upon record at Wycombe since Mr. Dashwood's élection?

électeurs. Le duc de Norfolk est le patron du bourg de Gloucester, où votent 3 000 freemen, parce qu'il a su, par ses constantes libéralités et la fermeté de sa conduite politique, gagner la confiance du peuple. Il est permis de déplorer les scandales auxquels donne lieu une élection à Bristol ; mais ces scandales n'ont rien à voir avec l'influence corruptrice du gouvernement ou des riches. Bristol est gouverné par deux clubs, l'un whig, l'autre tory — deux « caucus », dirions-nous aujourd'hui, — qui tantôt se partagent les sièges à l'amiable, tantôt se les disputent avec acharnement, et sans avoir de scrupules sur le choix des moyens * : bref. Bristol est déjà, sous l'ancien régime anglais, une cité démagogique, et les progrès des institutions démocratiques ne sont pas de nature à corriger les maux dont elle souff're. A Londres, le drapier Waithman, candidat des boutiquiers, battu aux élections de 1812, se plaint, et les journaux de l'Opposition se plaignent avec lui, que l'établissement au cœur de la Cité des bureaux de VExcise et de la Banque d'Angleterre, l'introduction, pour les protéger, d'une force armée, l'importance grandissante des bureaux de la douane et de la Compagnie des Indes, aient accru l'influence gouvernementale ^. Mais il n'y a pas d'extension du droit de suffrage qui puisse empêcher l'influence gouvernementale de s'exercer sur le corps électoral, quand elle s'exerce sous cette forme. La Cité de Bristol et la Cité de Londres, comme aussi Nottingham, où les artisans régnent en maîtres ^ Norwich, Nevvcastle, Coventry, sont des circonscriptions « indépendantes » et « populaires ».

Les vices du régime électoral anglais sont VICES ET VERTUS DU

RÉGIME ÉLECTORAL «^"l^iples et graves. Mais l'extrême complexité du système permet-elle de porter un jugement d'ensemble? Est-il possible de calculer avec exactitude dans quelle mesure le droit électoral anglais fausse l'application du principe représentatif et empêche l'opinion publique de trouver son expression au Parlement? Oldfield, en 1817, essaie de dresser une statistique de ce genre*. Sur les quatre cents cinq représentants des bourgs anglais, quatorze, à l'en croire, ne sont pas envoyés à Westininster par la libre volonté du corps électoral de leurs circonscriptions respectives, mais parce que les sièges qu'ils occupent dépendent du

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