POLITIQUE PACIFIQUE DE WALPOLE
incroyable. Cette longue administration n'a pour ainsi dire pas d'histoire. Toute activité politique et législative cessa.brusquement dès son entrée au ministère. Les années se passaient sans amener aucun changement ; au bout de trois ans, il n'y avait plus qu'un seul parti à la Chambre des communes. Les tories se trouvaient tellement réduits, que pendant quelque temps c'est à peine s'ils venaient aux séances ; la perte qu'ils Grent en 172:2 d'Atterbury, évoque de Rochester, convaincu de correspondance avec le Prétendant, révoqué et banni par un décret du Parlement, priva le parti jacobite du dernier chef qui lui restait. ALilgré son caractère paciGque, la politique anglaise sous VValpole ne manqua cependant ni de grandeur, ni de dignité. Il réconcilia le pays tout entier avec les conquêtes de la Révolution. Son indifférence politique était d'accord avec le tempérament du pays. Toute l'énergie de la classe marchande était absorbée par la rapidité et l'extension du commerce et du développement de la richesse. Les marchands et les boutiquiers ne demandaient pas mieux que de laisser les affaires publiques dans les mains du gouvernement, pourvu qu'il administrât avec équité et modération. Tout ce qu'ils demandaient était qu'on les laissât jouir de leur liberté et développer leurs industries. IValpole le leur permit. Le progrès fut désormais économique plutôt que politique; mais ce progrès économique dépassa tout ce qu'on avait jamais vu.
Il était beau, d'ailleurs, de donner le repos à l'Angleterre et la paix à
l'Europe. IValpole ouvre la série des ministres anglais amis de la paix ;
*nul ne réussit comme lui : « Rien de plus funeste à l'Angleterre, dit-il,
que l'état de guerre; nous ne pouvons qu'y perdre tant qu'elle dure, et
lorsqu'elle preûd fin, nous ne pouvons guère y gagner. »
L'honneur national et l'influence anglaise, du reste, ne périclitèrent point entre ses mains ; car, grâce à sa fermeté politique et àson talent de diplomate, il remporta des avantages que des victoires ne lui eussent peut-être pas donnés. C'est la gloire de VValpole d'avoir conservé à l'Angleterre les bienfaits de la paix, en dépit de la complication des questions internationales et de la pression exercée par la cour et l'opposition. Un grand danger menaçait l'Europe : l'empereur Charles VI n'avait pas de fils ; il publia une Pragmatique sanction par laquelle il laissait ses États 'héréditaires, l'Autriche, la Hongrie et la Rohème, à sa fille Marie-Thérèse; mais aucune des puissances européennes n'avait consenti à garantir la Pragmatique. L'Espagne, toujours désireuse de recouvrer ses anciennes possessions et son monopole commercial avec les colonies d'Amérique, vit Ici une occ^ision de détacher l'Empereur de la Quadruple Alliance, qui la laissait isolée en Europe. Elle promit de soutenir la Pragmatique si Charles s'engageait à l'aider à reconquérir Gibraltar et ■llinorque sur l'Angleterre et à assurer à un prince espagnol l'héritage de Parme, de Plaisance et de la Toscane. Elle accordait les plus grands avantages