‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 110 sur 205 · VAI,POLK · texte numérisé non relu

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commerciaux dans ses possessions d'Amérique à une Compagnie commerciale que l'Empereur avait établie à Ostende, au mépris des traités de Westphalie et des remontrances de l'Angleterre et de la Hollande. Cette faveur révéla l'alliance de l'Espagne et de l'Autriche, et la Russie menaçait de se joindre à elles. Walpole et Toivnshend prévinrent ce danger par un traité défensif conclu entre la France, l'Angleterre et la Russie (1725). Mais la Prusse s'étant retirée de l'alliance, l'Kmpereur et l'Espagne reprirent courage, et, en 1727, Philippe commença le siège de Gibraltar, pendant que Charles menaçait la Hollande. La modération de Walpole empêcha seule une guerre européenne d'éclater. Tandis qu'il envoyait les flottes anglaises dans la Baltique, en Amérique et sur les côtes d'Espagne, il réussissait par sa diplomatie à empêcher l'Empereur de bouger, et l'Espagne fut obligée de signer en 1729 le traité de Séville, qui assurait à un prince espagnol l'héritage de Parm'' et de la Toscane. Pour calmer le mécontentement de Charles, l'Angleterre consentit, en 1731 , à garantir la Pragmatique sanction.

Walpole financier. — Si U'alpole est remarquable par sa politique de paix, il fut aussi un grand financier. 11 ne pouvait pas deviner jusqu'à quel degré les hommes d'Etat contemporains devaient porter la puissance financière de l'Angleterre, mais il eut le bon sens d'être le premier à comprendre que le seul devoir d'un ministre sage, dans un temps de rapide progrès industriel et économique, est de pratiquer la doctrine de : laisser faire, laisser passer n . Dès le début de son ministère il déclarait dans un discours du trône ;< que rien ne serait plus favorable à l'extension du commerce que d'offrir autant de facilites que possible à l'exportation des produits manufacturés et à fimportation des matières premières qui servent à leur fabrication » . Aussi son premier acte financier fut-il de supprimer les droits que l'on percevait sur plus d'une centaine d'articles d'exportation et sur près de quarante articles d'importation. En 1730, il montra le même esprit libéral en rompant avec le préjugé ([ui obligeait les colonies à ne faire d'échange qu'avec la mère patrie ; il permettait à la Géor^jie et aux Carolines de transporter leur riz dans n'importe quelle partie de l'Europe. Il en résulta que le riz d'Amérique chassa bientôt les riz d'Italie et d'Egypte. î.a loi sur les impôts indirects, malgré toutes ses imperfections , est la première ordonnance où un ministre anglais ait montré quelque intelligence des vrais principes de taxation.

La sagesse de Walpole fut récompensée par un rapide développement de la prospérité publique. Les exportations, qui étaient de six millions de livres (150 millions de fr.) au commencement du siècle, atteignirent le double cinquante ans plus tard. L'extension du commerce colonial enrichissait l'Angleterre. La population de l'Angleterre s'était subitement

accrue; celle de Manchester et de Birmingham, devenues villes manufacturières, avait doublé eu trente ans. Bristol, le principal centre du commerce avec les Indes occidentales, vit sa prospérité grandir rapidement. Liverpool, qui n'était jusqu'alors qu'une petite ville de province et qui devait sa naissance au nouveau commerce avec l'Amérique, devint le troisième port du royaume. La valeur des terrains et les revenus de tous les propriétaires fonciers tripla, dès que la paix et la sécurité furent assurées. Le développement du pays n'empêcha pas IValpole de se montrer très-économe des deniers publics, de réduire progressivement la ■dette et de diminuer les droits du fisc. Avant la mort de George I", les charges publiques se trouvèrent réduites de vingt millions.

Walpole et le Parlement. — En 1727, à l'avènement de son fils, George II, on crut qu'on allait assister à la chute de U'alpole, car le nouveau roi détestait le ministre de son père presque autant qu'il détestait son père lui-même. Quelle que fût cette haine, George II était entièrement gouverné par sa femme, l'habile Caroline d'Anspach. Celle-ci avait décidé qu'il n'y aurait aucun changement dans le ministère ; aussi, pendant les années qui suivirent, Walpole jouit-il d'une puissance sans égale. Il avait acquis sur George II une influence aussi grande que celle qu'il avait exercée sur son père. La Chambre des communes lui obéissait docilement. Le pays était calme et prospère. Les préjugés des gentilshommes campagnards contre U'alpole étaient peu à peu ébranlés par ses efforts pour réduire l'impôt foncier. L'Eglise était en paix. Les jacobites n'osaient rien tenter. Quelques mesures commerciales et quelques réformes sociales faisaient tranquillement leur chemin dans les deux Chambres. Une enquête sur l'état des prisons montra cependant que le sentiment des besoins sociaux n'était pas complètement éteint. Un bill important décida que désormais tous les actes de procédure seraient rédigés en langue anglaise.

Une seule fois, Walpole souleva un orage eu essayant une réforme d'une grande portée, .aucune taxe n'avait été aussi impopulaire dès l'origine que Vexcise (impôts indirects). Elle était due à Pym et au Long Parlement, qui avaient établi des droits sur la bière, le cidie et le poiré, produisant à la Restauration un revenu annuel de plus de six cent mille livres (15 millions de fr.). La guerre avec la France entraîna l'établissement de nouveaux impôts sur le malt, des droits additionnels sur les spiritueux, le vin, le tabac et autres articles. La fortune publique s'était tellement accrue que l'excise s'élevait h. près de deux millions et demi de livres par an à la mort de George I". Mais elle resta toujours odieuse à la nation, et des philosophes comme Locke soutenaient que tout le revenu public ne devait provenir que des contributions foncières directes. D'un autre côté, Walpole vit dans l'augmentation des impôts indirects le moyen de rattacher la petite noblesse à la nouvelle dynastie, en suppri- ". 20

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