VAI,POLE
mant complètement l'impôt foncier. La contrebande et les fraudes diminuaient les revenus de sommes immenses ; les pertes sur le tabac seul s'élevaient à près d'un tiers de ce qui était dû. Vexcise, bill de 1733, chercha à remédier au mal en établissant des entrepôts officiels et en percevant les droits sur les marchands de l'intérieur sous forme d'excisé (impôts indirects), et non de droits de douane. Cette première mesure aurait fait de Londres un port franc et accru du double le commerce anglais; la seconde aurait tellement accru le revenu de l'Etat, sans dommage pour personne, que les impôts fonciers seraient devenus inutiles. Pour le thé et le café seuls, cette modification apportée au mode de perception eut rapporté au moins cent mille livres de plus par an. Les choses nécessaires à la vie et les matières brutes pour la fabrication devaient être, suivant Walpole, libres de tous droits. Ce projet a été appliqué plus tard, mais, en 1733, le ministre était en avance sur son temps. Une agitation d'une violence inouïe se manifesta de tous côtés ; malgré la Reine, qui voulait qu'on eût raison de la résistance par la force, Walpole retira le projet de loi. a Je ne suis pas un ministre capable de faire couler le sang pour imposer des taxes » , dit-il avec une noble fermeté d'àme.
Cette explosion de préjugés populaires était due à la violence de la faction dite des patriotes. L'absence d'opposition sérieuse et de passion capable d'enthousiasmer un parti amène facilement la formation de coteries; la faiblesse des tories combinée avec la torpeur politique créa parmi les whigs l'esprit de coterie. Walpole était aussi jaloux du pouvoir; il éliminait successivement du ministère tous les collègues qui pouvaient lui porter ombrage, et ils devinrent les chefs d'un parti qui n'avait pas d'autre but que de renverser Walpole. L'amour du pouvoir était la seule paâsion qui l'emportait en lui sur son robuste bon sens. Tovvnshend fut .exclu du ministère en 1730, lord Chesterlîeld en 1733 ; et après avoir été entouré au début d'hommes de premier ordre, Walpole, après vingt ans de suprématie, n'avait plus dans son cabinet qu'un seul homme de mérite, le chancelier lord Hardwick. A la seule exception de Tounshend , les collègues renvoyés par lui se jetèrent dans l'opposition la plus factieuse et la plus dépourvue de principes qui ait jamais déshonoré la politique anglaise, hes, patriotes, comme ils s'appelaient, reconnaissaient pour chef Pulteney. Ils furent renforcés par une bande déjeunes whigs, a les gamins " {the boys), comme les appelait Walpole, dont l'ardeur était révoltée par l'inertie et le cynisme de sa politique; leur chef et leur orateur était un jeune cornette, William Pitt. Ils ne tardèrent pas à s'unir aux débris du parti tory qui s'occupait de politique et que dirigeait un homme habile, Bolingbroke, autorisé par Walpole à rentrer en Angleterre, mais à qui il refusa de rendre son siège à la Chambre des lords ; la défaite de Walpole ne suffit pas à ébranler son pouvoir, et Bolingbroke, découragé del'inutilité de ses efforts, retourna en France.