L"I\DÉPENDANCE DE L'AMÉRIQUE
chussetts, New-Hanipshire, Connecticutet Rhode-Island, au Maryland et à la Virginie, le développement des colonies anglaises en Amérique s'était lentement, mais continuellement poursuivi. Des émigrants venaient s'y établir, en petitnombre il est vrai, et deux nouvelles colonies, au sud delà Virginie, reçurent de Charles II le nom de Carolines. La guerre avec la i Hollande Gt passer à la domination anglaise le district qui s'étend de l'Hudson aux lacs intérieurs (1664). Charles II s'empressa de placer son frère à la tête de ce district, qui changea alors son nom de Nouvelle- Amsterdam contre celui de New-York. Ce vaste territoire fut bientôt divisé pour former, en dehors de New-York, les colonies de New-Jersey et de Delaware. Kn 1682, une troupe de quakers suivit William Penn à travers le Delaware jusqu'au centre d'une forêt vierge, et ils formèrent une colonie dont le nom de Pensylvanie rappelle à la fois son fondateur et les bois où elle prit naissance. Ce ne fut que beaucoup plus tard, sous George H, qu'un nouvel établissement fut fondé par le général Oglethorpe sur la Savannah. Il reçut le nom de Géorgie et devait servir de refuge aux débiteurs anglais et aux protestants persécutés de l'Allemagne. Malgré la lenteur de leur développement, ces colonies grandissaient en nombre eten richesse. A l'avènement de George III, les colons formaient une population de près de 1,:20(),000 blancs et 250,000 nègres; c'était le quartjle^celle de l'Angleterre, et leurs richesses avaient augmenté dans une proportion plus grande encore. Les colonies du Sud étaient les plus productives. La Virginie était fière de ses plantations de tabac, la Géorgie et les Carolines de leur mais, de leur riz et de leur indigo. New-York et la Pensylvanie se contentaient de leurs pêcheries, de leur commerce de blé et de bois. Mais les colonies du Nord et celles du Sud ne différaient pas seulement dans leur industrie. Dans les Etats du Sud la prédominance de l'esclavage fait naître un esprit aristocratique et favorise la création de vastes propriétés. Nous voyons même le système anglais des substitutions s'introduire parmi les riches planteurs de la Virginie, et plusieurs des anciennes familles anglaises y étaient représentées, par exemple celle des Fairfax et des Washington.
Dans toute la Nouvelle-Angleterre, au contraire, l'esprit des puritains dominait, et les colons conservaient leur piété, leur intolérance, leur simplicité de vie, leur besoin d'égalité, leurs tendances démocratiques des premiers jours. Par ses principes d'éducation comme par son activité politique, la Nouvelle -Angleterre avait nue supériorité incontestable; car l'établissement des puritains avait immédiatement amené la fondation d'un système scolaire qui est la gloire de l'Amérique. « Chaque ville n , disait l'acte, « dès que le Seigneur lui aura accordé de se développer assez pour posséder cinquante maisons, en mettra une à part pour enseigner aux enfants à lire et à écrire; et quand la ville possédera cent maisons, elle fondera une école secondaire. »