‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 127 sur 205 · G E 0 11 G E III · texte numérisé non relu

G E 0 11 G E III

3il

à cette Ilévolulioii. Mais il cousidcrait la docilité do ses deux prédécesseurs vis-à-vis de leurs minisires, non comme la conséquence légitime de la Révolution, mais c^mn^e une usurpation sur l'autorité que la Révolution avait laissée à la couronne. ^ Il était résolu à ne pas consentir à cette usurpation. Il ne voulait pas se mettre en opposition avec la loi, mais gouverner, s'affranchir de l'autorité des partis et des ministres, et être de fait le premier ministre du royaume. Xous avons vu combien un tel rêve était incompatible avec la constitution parlementaire, telle que Suuderland l'avait délînitivement établie dans le pays ; mais George était décidé cà réaliser son rêve.

Il y fut aidé par les circonstances. La défaite de Charles-Edouard et sa dégradation morale avaient tué le jacobitisme, et déûnitivement détaché de la cause des Stuart le clergé et les squires. Ceux-ci étaient disposés à prendre de nouveau une part active à la politique, et, à l'avènement de Geoi'ge III, qui, contrairement à ses prédécesseurs, était un Anglais né en Angleterre et parlant la langue du pays, ils trouvèrent l'occasion qu'ils cherchaient. Depuis le commencement du règne, les tories avaient peu à peu reparu à la cour. C'est à la longue, il est vrai, que le parti, dans son ensemble, se décida cà soutenir le gouvernement ; mais son intervention modilia du coup toute la politique anglaise. S'étaut tenus éloignés des affaires pendant tant d'années, ils étaient demeurés étrangers aux progrès qu'avaient faits les idées politiques depuis la révolution de 1688, et ils reportèrent sur leur nouveau souverain toute la vénération qu'ils avaient éprouvée pour les Stuart. Ainsi se forma un u parti du Roi n , que George^ dirigeait à sa guise et fortifiait en se servant large-( i ^' m^t de l'influence et du pouvoir que les luis accordaient encore aun^ souverain. Lejloi disposait de toutes les promotions dans l'Église, ^êAj^ia^Y

tous les avancements ^ns^armée et d'uii grand nombre de places^àia:^ cour ou dans l'administration ^Tvile. Ce grand moyen de gouvernement,' le patronage, dont la Chambre des communes avait fait un si grand usage et dont les ministres avaient usurpé le monopole, fut rapidement repris par George III et réservé exclusivement à la couronne. George avait entre les mains une des armes de WalpoTe, etTT l'employa sans scrupule pour dissoudre^ le parti dont IValpole avait si longtemps maintenu l'unité. Il vit que, comme dans tous les partis depuis longtemps au pouvoir, la division s'était mise parmi les uhigs, et qu'ils étaient affaiblis par le mépris qu'inspiraient à la masse du peuple l'égoïsme et la corruption de leurs représentants. Plus de trente ans auparavant, Gay avaij raillé sur la ^ène les principaux hommes d'Etat, sous la ligure de détrmissetrrs— et -^,de voleurs de grand chemin. « Il est difficile de déterminer '1 , disait le spirituel auteur drnmatigiift, « si p.p. sont |ps nobles gentilshommes qui imitent ceux des grands chemins, ou si ce sont ceux des grands chemins qui imitent les nobles gentilshommes. » Quand les

fJ

iAaV"

Page 1