‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 156 sur 205 · L'IRLANDE SOUS LA MAISON DE HANOVRE · texte numérisé non relu

L'IRLANDE SOUS LA MAISON DE HANOVRE

Bonaparte étaient coupées; l'espoir de se servir de l'Egypte pour conquérir l'Inde s'était évanoui.

Paix de Lunéville. — Délivrée des dangers qui menaçaient sa domination en Irlande et dans l'Inde, maîtresse des mers, l'Angleterre était libre d'attaquer la France ; elle y était encouragée par la disposition des puissances européennes et par les agressions incessantes de son ennemi. La Russie s'allia étroitement cà l'Autriche, et Pitt, plein d'espoir, ne leur ménagea pas lessubsides. Les armées combinées des Russes etdes Autrichiens rejetèrent de nouveau les Français de l'autre côté des Alpes et du Rhin; la République française ne conserva la Suisse que grâce à la ténacité du général Masséna. Une tentative des Russes et des Anglais pour arracher la Hollande aux Français échoua complètement. En Orient, l'Angleterre fut plus heureuse. Bonaparte, déçu dans son premier plan de campagne indien, voulut conquérir la Syrie et créer avec les belliqueux habitants de ses montagnes une armée qu'il pourrait lancer à son gré sur Constantinople ou sur l'Inde. Mais les Turcs défendaient héroïquement Saint-Jeand'Acre, la clef de la Syrie ; l'artillerie française fut interceptée sur mer par le capitaine anglais Sidney Smith, dont les marins vinrent au secours des assiégés, et les assiégeants durent reprendre le chemin de l'Egypte. Le général français, désespérant du succès, abandonna son armée et rentra en France. Son retour à Paris fut bientôt suivi du coup d'Etat qui chassa les directeurs (10 novembre 1799); trois consuls prirent leur place. Sous le nom de premier Consul, Bonaparte devint le maître de la France. Son énergie changea la face des affaires européennes. Les propositions de paix qu'il fit à l'Angleterre et à l'Autriche avaient pour but de dissoudre la coalition et de gagner du temps pour réorganiser une armée qu'il réunissait à Dijon en secret, tandis que Moreau, avec l'armée du Rhin, s'avançait le long du Danube. Le premier Consul franchit le Saint- Bernard en 1800, et obligea l'Autriche, par la victoire de Marengo, à abandonner la Lombardie (14 juin). Une trêve arrêta la marche de Moreau, qui avait pris Munich et qui menaçait Vienne. A la reprise des hostilités en automne, les Autrichiens furent rejetés sur Vienne, et iMoreau anéantit leur armée sur l'Isar, à Hohenlinden (2 décembre). En février 1801, la paix de Lunéville mil fin à la guerre continentale.

L'Irlande sous la maison de Hanovre. — Peu de mois avant la fin de la guerre, Pitt remporta un triomphe éclatant par l'union définitive de l'Irlande et de l'Angleterre. L'histoire de cette île pendant les cinquante ans qui avaient suivi sa conquête par Guillaume III est un sujet de honte éternelle pour les Anglais. A partir de la capitulation de Limerick, les catholiques (c'est-à-dire les quatre cinquièmes de la population irlandaise) avaient été traités comme des étrangers dans leur propre pays. On inter-

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