‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 159 sur 205 · II. -IG · texte numérisé non relu

II. -IG

402 LA GL'ERllE AVEC LA FRANCE (1793-1815).

mèrent les espérances des partisans de l'émancipation catholique, c'est-àdire de la restitution aux catholiques de tous leurs droits civils. Lord Castlereayh lui-même, alors vice-roi d'Irlande, regardait cette émancipation comme le moyen le plus efficace pour vaincre l'opposition des catholiques au projet d'union. Le moindre signe d'opposition des catholiques "eût fait tout échouer, mais les catholiques ne bougèrent pas.

Dès que le bill eut été voté, Pitt se prépara à présenter au conseil des ministres une loi qui aurait donné aux catholiques la complète égalité civile. 11 se proposait d'abroger tous les serments religieux qui limitaient les droits électoraux ou qui étaient exigés pour l'admission au Parlement, dans la magistrature, au barreau, aux charges municipales, aux postes de l'armée et aux fonctions administratives. On substituait au serment religieux une simple promesse d'obéissance et de fidélité à la constitution, et l'Etat promettait de rémunérer les membres des deux clergés catholique et dissident, pour s'assurer de leur fidèle concours ; on prit aussi des mesures pour se concilier l'Eglise épiscopale en fortifiant ses moyens de discipline et en augmentant les salaires des ministres les plus indigents; enfin l'on modifiait le système des dîmes qui était une source de querelles incessantes entre le clergé épiscopal et le peuple irlandais.

Ce plan était trop vaste et trop grandiose pour obtenir l'assentiment immédiat <iu cabinet; et, avant qu'il eut pu donner son avis, le projet fut communi(|ué au roi George III, par l'indiscrétion du lord chancelier, Loughboroiigh . « Je considérerai comme un ennemi personnel » , s'écria le Roi avec colère devant Dundas, - quiconque proposera une pareille mesure. " Pitt répondit à cette explosiou de fureur en soumettant le plan au Roi. " Les circonstances politiques 'qui ont donné naissance à ces lois d'exception n, écrivait-il, « les luttes incessantes entre des sectes hostiles et presque égales en force, la crainte de voir une reine papiste sur le trône, la compétition pour la couronne, l'avènement d'un prétendant étranger, les dissensions entre les puissances catholiques et protestantes en Europe, toutes ces circonstances n'existent plus aujourd'hui. - Mais tout raisonnement était inutile avec George III; malgré l'avis des hommes de loi qu'il consulta, le Roi se regardait comme obligé par son serment de couronnement à maintenir le Test; d'ailleurs son bigotisme s'accommodait trop bien avec celui de ses sujets, et avec la méfiance de l'influence politique des catholiques. Son obstination était accrue par la conviction que sa résistance obligerait Pitt à abandonner le pouvoir. Il donna sa démission en février 1801, le même mois où fut signée la paix de Lunéville. Il eut pour successeur M. Addington , président des Communes, aussi bigot, étroit et faible d'esprit que George III lui-même. Quant à lord Haukesbury, qui succéda à lord Grenville aux affaires étrangères, il n'était pas connu en dehors de la Chambre.

Page 1