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LA GL'E.URE AVEC 1,A FRANCE

Au moment même de l'attaque contre Copenhague, un coup tout aussi efGcace avait été porté aux projets de Bonaparte en Orient. La reddition de Malte à la flotte anglaise rendait l'Angleterre maîtresse de la Méditerranée; de Malte, elle se tourna vers l'Egypte. Le général Abercromby débarqua 15,000 hommes dans la baie d'Aboukir. Les troupes françaises laissées par Bonaparte en Egypte se concentrèrent rapidement et attaquèrent le 20 mars l'année anglaise. Après un combat acharné, dans lequel Abercromby tomba mortellement blessé, les Français se retirèrent avec des pertes considérables. A la fin de juin, la capitulation de 13,000 soldats mit lin à la domination de la France en Egypte.

La paix d'Amiens. — Des deux côtés on avait hâte de mettre fin à cette guerre gigantesque. Bonaparte, désireux de donner à la France une organisation qui lui permît de recommencer la lutte avec des chances de succès, ouvrit des négociations pour la paix à la fin de 1801. Le gouvernement anglais s'empressa d'accepter ses offres. Les clauses de la paix d'.^miens, conclue en 1802, étaient nécessairement très-simples, car l'Angleterre n'avait aucune prétention à se mêler des affaires du continent.

La France promit de se retirer de l'Italie méridionale et d'abandonner à elles-mêmes les petites républiques qu'elle avait établies le long de ses frontières, en Hollande, en Suisse et en Piémont. L'Angleterre, de son côté, reconnut le nouveau gouvernement de la France, rendit les colonies nouvellement conquises, sauf la Trinité et Ceylan, accepta l'établissement d'une république aux îles Ioniennes et s'engagea à rendre Malte aux chevaliers de Saint-Jean. Il y eut un sentiment général de soulagement à la fin de cette longue lutte, et le nouvel ambassadeur de France fut porté en triomphe, à son arrivée, dans les rues de Londres. Les observateurs clairvoyants virent toutefois les dangers que le caractère du premier Consul faisait courir à la paix européenne. Quelles qu'aient été les erreurs des révolutionnaii'es français, leurs attaques contre l'indépendance des nations voisines avaient eu au moins pour mobile un vague désir de délivrer les peuples envahis duj oug de leurs gouvernements. .Mais le but de Bonaparte n'était autre que la conquête ; il voulait devenir le maître de l'Occident, et aucune notion de droit national ou de liberté des peuples ne pouvait l'arrêter. Les ressources de la France étaient immenses. Le despotisme militaire avait mis fin tout à coup à l'agitation politique créée par la Révolution, mais il n'avait pas étouffé la vigueur toute nouvelle que la France avait puisée dans l'abolition des privilèges et la création d'une nouvelle classe moyenne sim* les ruines du clergé et de la noblesse. La politique habile du premier Consul et le rétablissement du pouvoir de l'Eglise avaient assoupi peu à peu les dissensions qui déchiraient la France. Grâce à son économie et à sa sage administration, grâce aussi au système

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