LA GUERRE AVEC LA FRAXCE
par les ordonnances du conseil sous Canning. Au commencement de 1812, l'Amérique n'espérait plus obtenir justice, et se résolut à la guerre. Le Congrès vota une augmentation de l'armée et de la flotte, et mit l'embargo sur tous les navires qui se trouvaient dans les ports américains. On aurait pu éviter les hostilités ouvertes en rappelant les ordonnances comme on l'avait déjà décidé, mais l'assassinat de Perceval avait fait manquer le moment favorable. Le 23 juin, douze jours après la formation du nouveau ministère, on révoqua les ordonnances. Mais le 13 juin un acte du Congrès avait déclaré la guerre à l'Angleterre.
Salamanque et Moscou. — Le moment choisi par l'Amérique pour entrer en lutte avec l'Angleterre était un des plus critiques de l'histoire de l'humanité. Six jours après la déclaration de guerre par le président Madison, Xapoléon traversa le Niémen en marche sur Moscou. Le même système continental qui avait allumé la guerre entre l'.'lngleterre et l'Amérique rompit l'alliance de l'Empereur avec le tsar Alexandre formée à Tilsitt, et rendit inévitable une lutte avec la Russie qui devait être fatale à la France. Xapoléon était irrité du refus de la Russie de supprimer délinilivement tout commerce avec l'Angleterre, suppression qui eût ruiné les propriétaires fonciers russes; d'un autre côté, le Tsar voyait avec une inquiétude croissante l'extension de l'Empire français, conséquence fatale de la lésolution prise par l'Empereur de faire exécuter son système commercial en s'eniparant de toutes les côtes septentrionales. En 1811, la Hollande, les villes hanséaliques, une partie de la U estphalie et le duché d'Oldenbourg furent successivement annexés, et le duché de Alecklembourg se trouvait sérieusement menacé. La demande comminatoire adressée par la France à la Russie d'avoir à cesser immédiatement tout commerce avec l'Angleterre, amena une rupture ouverte, et l'on se prépara de part et d'autre à une lutte gigantesque.
On appela les meilleures troupes d'Espagne sur la frontière de Pologne; et Wellington, dont l'armée s'élevait à quarante mille hommes de nationalité anglaise et à vingt mille Portugais, proGta de cette retraite pour abandonner la défensive et prendre l'offensive. Ciudad-Rodrigo etBadajoz furent prises d'assaut au printemps de 1812; et, trois jours avant que Xapoléon eût passé le Niémen (24juin) en route pour Moscou, Wellington traversa l'Aguéda et marcha sur Salamanque. Après une série de mouvements très-habiles de part et d'autre, Alarment, à la tète de l'armée du Nord, attaqua les Anglais campés sur les hauteurs aux environs de la ville (22 juillet). Pendant qu'il exécutait un mouvement tournant à droite des positions anglaises, il laissa son aile gauche isolée, et Wellington s'écria : « Marmont est perdu! " Lançant sur lui le gros de son armée, il l'écrasa et resta maître du champ de bataille. Les pertes étaient à peu près égales des deux côtés, mais cet insuccès avait complètement démorahsé l'armée
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française; sa retraite obligea Joseph à quitter Madrid, et Soult à évacuer l'Andalousie et à concentrer rarmée du Sud sur les côtes de l'Est. Pendant que xVapoléon en était encore à avancer lentement dans les immenses plaines de Pologne, Wellington faisait son entrée à Madrid (août) et commençait le siège de Burgos. La ville résista héroïquement pendant un mois, jusqu'.à ce que l'approche des deux armées françaises, concentrées au nord et au sud de l'Espagne, obligeât Wellington à battre précipitamment en retraite sur les frontières de Portugal (18 octobre).
S'il avait réussi à ébranler la domination des Français en Espagne, son échec final montrait combien leur position militaire y était encore solide. Mais on oublia bientôt cette déception en apprenant les nouvelles de Russie. Au moment où les troupes anglaises abandonnaient le siège de Burgos, commença la retraite de la grande armée de Moscou. Victorieux à Borodino, Napoléon était entré en triomphe dans l'ancienne capitale de la Russie et avait attendu avec impatience les propositions de paix du Tsar, lorsqu'un incendie allumé par les habitants eux-mêmes réduisit la ville en cendres. L'armée française fut obligée de se retirer au milieu des horreurs d'un hiver russe. Aussi, des quatre cent mille hommes de la grande armée, quelques milliers seulement repassèrent le Xiémen (décembre 1812).
Chute de Napoléon. — Malgré les gigantesques efforts de X'apoléon pour réparer la perte de la grande armée, le charme magique qu'il avait jeté sur l'Europe se trouvait rompu par la retraite de Moscou. La Prusse se souleva contre lui au moment où l'armée russe traversait le Niémen au printemps de 1813, et les Français qui l'occupaient furent immédiatement rejetés sur l'Elbe. Le génie militaire de l'Empereur se manifesta alors avec plus de puissance que jamais. Il réunit deux cent mille hommes à Mayence, marche contre les forces combinées de la Prusse et delà Russie en mai, les force à évacuer la Saxe par la victoire de Lutzen, et les rejette sur l'Oder par un second succès à Baulzen. Découragés par ces défaites et par la neutralité de l'Autriche, les deux alliés consentent au mois de juin à un armistice et négocient pour obtenir la paix. Mais l'Autriche, bien que peu disposée à ruiner la France au profit de la Russie, sa rivale en Orient, était aussi décidée que la Russie et la Prusse à détruire riiégémonie de Xapoléon en Europe; au moment où elle s'apercevait que l'Empereur cherchait à la jouer par de factices négociations, elle apprit que les Français étaient chassés d'Espagne, et elle se décida à agir.
En mai 1813, Wellington, quittant de nouveau le Portugal à la tête d'une armée qui s'élevait maintenant à quatre-vingt-dix mille hommes, atteignit les troupes françaises qui battaient en retraite et leur infligea une défaite à Vittoria (21 juin). C'est en pleine déroule qu'elles franchirent les Pyrénées. Madrid fut immédiatement évacué, et Clauzel sortit de
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Saragosse pour se replier vers la France. Cette victoire ne délivra pas seulement l'Espagne des envahisseurs, mais elle rendit courage aux alliés. A la fin de l'armistice, l'Autriche unit ses forces à celles de la Prusse et de la Russie, et, en octobre, la terrible défaite de Wipoléon h Leipzig obligea l'armée française à reculer jusqu'au Rhin. Les événements se précipitaient. Arrêté quelque temps par les sièges de Saint-Sébastien et de Pampelune, ainsi que par la résistance obstinée du maréchal Soult dans les Pyrénées, U ellington fut vainqueur sur la Ridassoa dans le même mois où fut gagnée la victoire de Leipzig, et entra en France. Les alliés y étaient aussi entrés par la frontière du Rhin. Le 31 décembre 1813, ils l'avaient franchi, et un tiers de la France tomba entre leurs mains. Deux mois encore, \apoléon, par des prodiges d'habileté, se maintient avec des conscrits levés à la hâte et à peine instruits contre des forces écrasantes, tandis qu'au sud Soult, forcé dans son camp retranché près de Rayonne et battu à Orthez, était obligé de battre en retraite sur Toulouse devant Wellington. Les deux armées se livrèrent en avril un combat acharné, mais sans résultat. A ce moment, sans que les deux généraux le sussent, la guerre était finie. L'étonnante résistance de Napoléon se terminale 31 mars 1814 par la capitulation de Paris; elle fut immédiatement suivie de l'abdication de l'Empereur et du retour des Rourbons.
La guerre d'Amérique. — La joie du triomphe de l'Angleterre sur son plu;', puissant ennemi lut troublée par les vicissitudes diverses de la guerre que Napoléon avait allumée de l'autre côté de l'Atlantique. La déclaration de guerre paraissait une pure folie de la part des Américains. La marine américaine consistait en un petit nombre de frégates et de sloops, et son armée se composait d'une masse de recrues mal exercées et mal armées. Les Etats eux-mêmes étaient divisés sur l'opportunité de la guerre; le Connecticut et le Massachusetts refusèrent de fournir, soit des hommes, soit de l'argent. Trois tentatives faites pour pénétrer dans le Canada, pendant l'été et l'automne, furent repoussées avec des pertes sérieuses. Mais les Américains trouvèrent d'éclatantes compensations à cet échec par de brillants succès sur mer. Dans deux engagements successifs entre des frégates anglaises et américaines, les premières furent obligées d'amener leurs pavillons. Ces deux victoires eurent des résultats beaucoup plus importants qu'on n'aurait pu le croire; ce furent les deux premiers coups un peu sensibles portés à la suprématie navale des Anglais.
En 1813, l'Amérique poursuivit ses triomphes en faisant de plus vigoureux efforts sur le continent; ses troupes traversèrent le lac Ontario, s'emparèrent de Toronto, détruisirent la flottille anglaise sur le lac Erié et se rendirent bientôt maîtresses du haut Canada. Lue tentative d'invasion du bas Canada fut cependant repoussée avec succès, et les troupes anglaises et canadiennes réunies réussirent à reprendre, au cœur de l'hiver, la partie
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du pays nouvellement conquise. Ces revers (!es États-Unis donnèrent une nouvelle autorité au parti qui avait été toujours opposé à la guerre, et dont le mécontentement n'avait fait que croître devant la terrible misère causée par le blocus et la ruine du commerce américain. On commençait à entendre parler de sécession, et le Alassachusetls eut même la bardiesse d'envoyer des délégués pour conférer avec des délégués des autres États de la Xouvelle-Angleterre ■■^ sur leurs griefs et communs intérêts » .
En 181 i cependant, la guerre fut reprise avec une nouvelle vigueur. Le haut Canada fut envabi de nouveau; mais l'armée américaine, après avoir infligé en juillet une teirible défaite aux forces britanniques à Cbippeua, essuya elle-même peu de semaines après un grave échec et se trouva rejetée sur les frontières des Etats-Unis. La chute de Xapoléon permit à r.^ngleterre de se donner tout entière à cette lutte contre un ennemi qu'elle avait cessé de dédaigner. Le général Ross apparut sur le Potomac avec une armée de quatre mille hommes, s'empara de Washington, dont il brûla cntièrement,*avant de l'évacuer, tous les monuments publics. Il y a peu d'actes plus honteux que celui-là dans l'histoire d'Angleterre, et il l'est d'autant plus qu'il avait été ordonné parles ministres de George IIL Cette attaque deU ashington n'avait été faite que pour frapper de terreur la population des Etats-Unis, et l'issue de la guerre dépendait en réalité des deux expéditions qui devaient pénétrer à la fois dans les États-Unis par le nord et par le sud. Elles échouèrent complètement. Une armée de neuf mille vétérans de la Péninsule qui s'était mise en marche en septembre pour attaquer Plattsburg, sur le lac Champlain, fut obligée de battre en retraite à la suite de la défaite de la flottille anglaise qui l'accompagnait. Le général Packenham parut à la tête d'une seconde armée en décembre à l'embouchure du Mississipi et attaqua la Xouvelle-Orléans, mais il fut repoussé par le général Jackson et perdit la moitié de son effectif. La paix était déjà conclue. La Gn de la guerre de France, sans supprimer les causes de la lutte, fît sentir aux Américains le danger de sa prolongation. L'Angleterre avait hâte de conclure la paix, et l'on donna satisfaction aux revendications réciproques des Anglais et des Américains par le traité de 1814.
Retour de Napoléon. — Cette paix venait fort à propos au moment où l'Angleterre avait besoin de sa liberté d'action pour une nouvelle et dernière lutte avec la France. Par un traité passé avec les alliés, Xapoléon fut autorisé à conserver un modeste débris de son magnifique empire, l'ile d'Elbe, sur la côte de Toscane; de là il avait assisté aux querelles qui s'étaient élevées entre les vainqueurs, au congrès de V'ienne, dès que l'on s'était mis à discuter la réorganisation de l'Europe. La question la plus grave était soulevée par les prétentions de la Prusse sur la Saxe, et par celles de la Russie sur la Pologne. Leurs réclamations rapprochèrent l'Autriche et l'Angleterre de leur vieille ennemie la France, dont l'ambassadeur
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Talleyiand cherchait à faire décider la question par les armes. Une guerre entre les grandes puissances semhlait imminente, lorsque Napoléon, quittant l'île d'Elbe, débarque près de Cannes, le 1" mars 1815, traverse les Alpes dauphinoises à la tête d'un millier de soldats de sa garde et se dirige sur Grenoble et Lyon. Il comptait, à bon droit, sur l'indifférence de la nation pour ses nouveaux princes, sur l'ardent désir de l'arméede venger ses défaites dans une nouvelle guerre, et par-dessus tout, sur le pouvoir magique de son nom auprès de soldats qu'il avait si souvent conduits à la victoire.
Vingt jours après son débarquement, il entrait aux Tuileries, sans opposition, tandis que Louis XVIII abandonné de tous s'enfuyait à Gand. Les espérances que Napoléon avait fondées sur les divisions des puissances alliées furent promptement dissipées par l'attitude énergique qu'elles prirent à la nouvelle de son débarquement en France; tous les dissentiments s'apaisèrent en face du danger comnmn. Elles s'engagèrent à fournir un million d'hommes pour la guerre et rappekèrent leurs armées sur le Rhin. Ce fut la seule réponse faite aux propositions de Napoléon. L'Angleterre fournit onze millions de livres sterling (275 millions de francs) pour soutenir ces immeilises armées et se hâta de placer des troupes sur la frontière des Pays-Bas. Les meilleurs soldats de l'armée d'Espagne se trouvaient de l'autre côté de l'Atlantique, et sur les huit mille hommes qui se rallièrent autour de Wellington, la moitié seulement étaient Anglais; le reste se composait surtout de recrues inexpérimentées venues de Belgique et de Hanovre. Le plan de \\ ellington était de se joindre aux cent cinquante mille Prussiens du maréchal Blucher, qui s'avançait vers le cours inférieur du Rhin, et d'entrer en France par Mons et Namur, tandis que l'Autriche et la Russie marcheraient sur Paris par Belfort et l'Alsace.
Waterloo (18 juin 1815). — Mais Napoléon ne voulait pas entendre parler d'une guerre purement défensive. Grâce à des efforts vraiment prodigieux, il avait levé une armée de deux cent cinquante mille hommes, peu de mois après son arrivée à Paris; et au commencement de juin, cent vingt mille Français se concentrèrent sur la Sambre à Charleroi, tandis que les troupes de Wellington étaient cantonnées sur l'Escaut, entre Ath et Nivelles, et celles de Blucher sur la Meuse, de Nivelles à Liège. Les deux armées alliées avaient hâte d'opérer leur jonction à Quatre-Bras, mais elle était déjà impossible. Blucher et ses quatre- vingt mille hommes furent attaqués par Napoléon à Ligny et forcés après une lutte désespérée de se replier sur W avre. Le même jour (10 juin), Ney, à la tète de vingt mille hommes et appuyé par une réserve de nombre égal commandée par d'Erlon, parut devant Quatre-Bras, où vingt mille soldats anglais et belges, à peine, avaient pu se réunir. Les Belges cédèrent devant les charges de la cavalerie française, mais la résistance énergique de l'infanterie donna
WATERLOO (18 JUIM 1815). 421
le temps à Wellington d'amener troupes sur troupes jusqu\à ce que \ey, se voyant à la fin de la journée bien inférieur en nombre aux ennemis, se retira du champ de bataille. Chacun des adversaires avait perdu environ cinq mille hommes dans ce combat acharné; cependant, malgré l'importance des pertes de Wellington, la résolution et la fermeté de Tarmée anglaise avaient puissament contribué à déjouer la tentative de Xapoléon de rompre les lignes des alliés.
La retraite de Blùcher laissait les flancs de l'armée anglaise à découvert ; aussi le jour suivant, lorsque les Prussiens se repliaient sur Wavre, Wellington, à la tète de près de soixante-dix mille hommes, se retira-t-il en bon ordre du côté de Waterloo, suivi parle gros des troupes françaises commandées par l'Empereur en personne. Napoléon avait détaché le maréchal Grouchy avec trente mille hommes pour harceler l'arrière-garde prussienne, pendant qu'il essayait avec ses quatre-vingt mille hommes d'amener Wellington à lui livrer bataille. Dès le matin du 18 juin, les deux armées se rencontrèrent dans la plaine de Waterloo, à l'entrée de la forêt de Soignies, sur la grande route de Bruxelles. Xapoléon avait craint de voir Wellington se retirer devant lui sans combat. " Je les tiens! » s'écria-t-il en voyant les Anglais se ranger en ligne de bataille sur la faible élévation de terrain qui coupe la grande route située entre le château de Hougomont, à droite de la ferme, et le hameau de la Haie-Sainte à gauche. Il avait de bonnes raisons pour croire au succès. On comptait des deux côtés soixante-dix à quatre-vingt mille hommes; mais les Français étaient supérieurs en artillerie et en cavalerie, et une grande partie des troupes de Wellington consistait en recrues belges qui se débandèrent et s'enfuirent dès le début du combat, l ne furieuse attaque contre Hougomont commença la bataille à onze heures du matin ; mais ce n'est qu'à midi que le corps de d'Erlon s'avança vers le centre auprès de la Haie- Sainte, qui dès lors porta tout l'effort de la journée. Jamais on ne vit un pareil héroïsme de part et d'autre, soit dans l'attaque, soit dans la résistance. Les colonnes do Drouet d'Erlon, repoussées par les fantassins anglais, avaient été culbutées par les cavaliers gris d'Ecosse; mais les vainqueurs furent écrasés à leur tour par les cuirassiers français; le gros de la cavalerie française, forte de douze mille hommes, chargea à plusieurs reprises le front des lignes anglaises, emportant des canons, balayant avec la bravoure du désespoir les carrés formidables dont le feu nourri éclaircissait leurs rangs. Les colonnes françaises du centre s'avancèrent avec une bravoure presque égale sur la ferme de la Haie-Sainte, qu'elles finirent par arracher à leurs adversaires, et, sous la conduite de \ey, poussèrent une attaque vigoureuse, quoique inutile, contre les troupes massées au delà. Mais à ce moment les chances de la journée tournèrent contre Xapoléon. Pour vaincre, il aurait fallu qu'il écrasât l'armée anglaise avant l'arrivée de Blùcher, et l'armée anglaise n'était pas écrasée. Malgré les pertes terribles
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qu'il avait subies (plusieurs de ses régiments étaient réduits à une poignée d'hommes), Wellington défendit sa position avec énergie, tandis que les Prussiens, partis de Wavre à travers des forêts, par des chemins pleins d'une bouc épaisse, marchaient à son secours, sans s'inquiéter des attaques d'arrière-garde par lesquelles Grouchy espérait les retenir loin du champ de bataille. A quatre heures et demie leur avant-garde sortit du bois, mais le corps principal était encore assez loin; aussi Napoléon défendit-il longtemps sa position jusqu'à ce que leur nombre eût augmenté dans une telle proportion, que l'Empereur se trouva contraint de tenter un effort désespéré contre le front de l'armée anglaise. La garde impériale (sa seule réserve, et qui n'avait pas encore pris part à la bataille) fut alignée à sept heures en deux colonnes d'attaque. La première, commandée par \ey luimême, balaya tout devant elle en gravissant la hauteur derrière la Haie- Sainte, où les lignes anglaises, quoique décimées, tenaient ferme; elle avait à peine atteint le front de l'armée ennemie qu'elle fut reçue par un terrible feu de mousqueterie et se vit obligée de se retirer devant une charge des Anglais. La seconde, forte de trois mille hommes, s'avança avec le même courage sur une pente près de Hougomont pour être repoussée et traitée de la même manière.
Au moment ou elles se retiraient lentement pas à pas, descendant la fatale colline, les Prussiens s'avancèrent au nombre de quarante mille hommes contre la droite de l'armée de Mapoléon; leurs canons balayèrent la route de Charleroi, et \\ ellington cboisit ce moment pour mettre toutes ses troupes en mouvement. Dès lors tout était perdu. Seule, la vieille garde restait ferme dans ce désastre de l'armée française, et ce ne fut qu'à la huit que les Anglais, épuisés de fatigue, cessèrent de poursuivre les troupes ennemies dispersées qui iîe sauvaient éperdues du champ de bataille. La cavalerie prussienne continua la poursuite pendant toute la nuit. Une quarantaine de mille Français avec trente canons seulement repassèrent la Sambre. Xapoléon lui-même s'enfuit précipitamment à Paris. Sa seconde abdication fut suivie de la triomphante entrée des armées prussienne et anglaise dans la capitale. La guerre se termina par l'exil de Napoléon à Sainte-Hélène et le rétablissement de Louis XVHI sur le trône des Bourbons.