EPILOGUE
Avec la bataille de Waterloo, nous arrivons à une époque dont quelques-uns de nos contemporains se souviennent encore, et au début d'une nouvelle période, la plus grande, la plus intéressante et la plus importante peut-être de l'histoire d'Angleterre, mais trop rapprochée encore de notre temps pour être traitée avec la froide impartialité de l'historien. Aussi croyons-nous que dans un ouvrage comme celui-ci il vaut mieux se contenter pour cette époque de tracer un rapide résumé des événements les plus marquants depuis 1815.
La paix. — La paix qui mit fin à cette guerre formidable contre Napoléon laissait la Grande-Bretagne fiévreuse et épuisée. Elle n'avait conservé (le toutes ses conquêtes sur mer que Malte (dont les anciens possesseurs, les chevaliers de Saint-Jean, avaient cessé d'exister), les établissements hollandais de Ceylan et du cap de Bonne-Espérance, la colonie française de Maurice et quelques îles des Indes occidentales; le pays était écrasé de taxes énormes nécessitées par l'accroissement de la dette publique (elle montait alors à huit cents millions de livres sterling : 26 milliards de francs), et d'autant plus accablantes que la détresse était générale. Pendant un certain temps, le développement de l'industrie anglaise avait été si rapide que la production dépassait de beaucoup la consommation ; les marchés anglais et étrangers étaient encombrés de marchandises invendables, et les manufiictures furent obligées de suspendre leur travail. La disette causée par une succession de mauvaises récoltes était encore aggravée par la conduite égoïste des grands propriétaires qui siégeaient au Parlement. Sentant que la prospérité de l'agriculture en Angleterre était purement factice et ne venait que de l'élévation du prix du blé produite