‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 27 sur 205 · LA GUERRE DES EVEQL'ES · texte numérisé non relu

LA GUERRE DES EVEQL'ES

défection i , écrivait lord Xorthumberland. Strafford seul restait intraitable ; il était revenu d'Irlande avec des hommes et de l'argent qu'il avait aisément obtenus de son servile Parlement, dans l'espoir d'inspirer au Roi des mesures plus énergiques. Il soutenait que le refus du Parlement d'accéder aux demandes de Charles avait dégagé le souverain de toutes entraves légales, et qu'il pouvait désormais lever les impôts qu'il lui plairait. Le comte était d'avis de faire la guerre, et il prit le commandement de l'armée qui marCha de nouveau vers le nord ; mais les Écossais avaient déjà passé la frontière, traversé la Tyne, occupé Xewcastle, et envoyé de là des propositions de paix, priant le Roi d'avoir égard à leurs griefs, et, « avec l'avis et l'approbation des Etats d'Angleterre réunis en Parlement, d'établir une paix durable et désirée par tout le royaume ■.■■ . Ils se préparaient en même temps à marcher sur York, où Charles s'abandonnait déjà au désespoir.

Derrière lui, l'Angleterre était en pleine révolte. Les apprentis de Londres insultaient Laud à Lambeth, et faisaient irruption dans la salle, en pleine séance, de la Haute Commission ecclésiastique, à Saint-Paul. On appelait partout cette nouvelle prise d'armes, la Guerre des Evcques ; les nouvelles recrues massacraient leurs officiers suspects de papisme, brisaient les balustrades des autels de toutes les églises qui se trouvaient sur leur chemin, et désertaient pour retourner dans leurs foyers. Dans le camp même, ni les prières ni les menaces de Strafford ne pouvaient rappeler les troupes à leur devoir, et il fut obligé de reconnaître qu'il fallait au moins deux mois avant d'être prêt à livrer une bataille.

Le succès des Ecossais enhardit deux pairs, lord Whartou et lord Howard, à présenter au Roi une pétition en faveur de la paix ; Strafford les arrêta et proposa de les fusiller. Le conseil privé recula devant une pareille mesure. Les progrès menaçants des Ecossais obligèrent Charles à céder; et, après avoir essayé de tourner la difficulté en convoquant un Grand Conseil des pairs à York, il se décida, devant l'opposition générale, à convoquer les Chambres à Westminster.

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