‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 36 sur 205 · LES PREPARATIFS DE LA GUERRE CIVILE · texte numérisé non relu

LES PREPARATIFS DE LA GUERRE CIVILE

l'appui de la masse de la nation en état de porter les armes ; mais, des deux côtés, les difflcultés étaient grandes. Bien avant les réformes introduites dans l'armée par les Tudor, et qui avaient été abrogées par le bill interdisant de recruter des soldats sans une loi, le Roi n'avait aucun droit d'appeler ses sujets aux armes, si ce n'est pour rétablir l'ordre, ou pour repousser une invasion étrangère. D'un autre côté, personne n'osait prétendre qu'un pareil droit put être exercé par les deux Chambres sans le Roi, et Charles refusait énergiquement de consentir à un hill de la milice qui mettait le commandement de la force armée de chaque comté entre les mains d'hommes dévoués à la cause du Parlement. Royalistes et libéraux ne se firent aucun scrupule de violer la constitution : le Parlement en nommant de sa propre autorité des officiers de la milice, et Charles en faisant lever des troupes par des commissaires royaux.

Le Roi eut beaucoup de peine à se procurer des armes et des munitions ; aussi parut-il à la fin d'avril devant Hull, le grand entrepôt de guerre du nord du royaume, et demanda-t-il à y être admis. Le nouveau gouverneur, sir John Hotham, tombant h. genoux, déclara qu'il ne pouvait lui ouvrir les portes de la ville. L'approbation donnée par le Parlement à cet acte d'insubordination fut suivie du départ d'un certain nombre de députés royalistes qui abandonnèrent leurs sièges à Westminster. Trente-deux pairs, soixanle membres de la Chambre des communes, Hyde, Falkland, Colepepper rejoignirent Charles à York, et le lord chancelier Lyttelton les y suivit peu après avec le grand sceau (avril 1642).

Les projets belliqueux du Roi étaient encore entravés par l'opposition de la majorité de ses sujets. La grande réunion des francs tenanciers du Yorkshire, qu'il convoqua à Heyworth Moor,se termina par une pétition le suppliant de se réconcilier avec le Parlement. Malgré les dons spontanés de vaisselle d'argent faits au Roi par les Universités et les nobles de son parti, on continuait h. manquer d'armes et d'argent pour les nouvelles levées. Les deux Chambres, par contre, avaient gagné en unité et en force depuis la retraite des royalistes.

La milice se forma en peu de temps, et l'on confia le commandement de la flotte à lord Wanvick; on préleva un emprunt à Londres, les femmes répondirent en apportant jusqu'à leurs anneaux de mai'iage. Le ton des deux Chambres était devenu plus hautain depuis ces derniers préparatifs de défense : elles proposèrent la paix à la condition qu'on leur reconnaîtrait le droit de nommer et de destituer les ministres, de choisir les gouverneurs des enfants de la famille royale, et de surveiller toutes les affaires civiles, militaires et religieuses. « Si je vous accordais cela « , répliqua Charles I", " je ne serais plus qu'un simulacre, un vain fantôme de roi ! "

Page 1