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LE PARLEMENT DE

Il avait déjà demandé la liberté de commerce et de culte pour les marchands anglais dans l'Amérique du Sud ; une flotte fut directement envoyée à Saint-Domingue avec trois mille hommes de troupes (1655).

Pour commencer cette guerre universelle, Klake apparut dans la Méditerranée, bombardant Alger et détruisant la flottille de pirates qui s'était aventurée, sous Charles I", jusqu'aux côtes d'Angleterre. Le bruit du canon anglais devait, selon les puritains, être entendu jusqu'au château Saint-Ange, et Rome elle-même s'incliner devant Cromwell. Le Protecteur échoua partout dans ses vastes desseins. Le froid Italien qui gouvernait la France, le cardinal Mazarin, déjoua ses projets contre le Piémont en obligeant le duc de Savoie à accorder satisfaction aux demandes de l'Angleterre. Blake, qui s'était approché des côtes d'Espagne, ne put réussir à intercepter les galions revenant d'Amérique, et son expédition aux Indes occidentales échoua devant Saint-Domingue. La conquête de la Jamaïque, malgré sa réelle importance (car elle mettait fin au monopole de l'Espagne dans l'Amérique du Sud), semblait alors une pauvre compensation pour tant d'argent dépensé et tant de sang répandu. La guerre, provoquée par l'attaque de Saint-Domingue, vit la dernière et la plus éclatante victoire du premier des grands amiraux anglais. Blake trouva la (lotte de la Plata protégée par les galions espagnols dans le port très-fortifié de Santa-Cruz (1657) ; il en força l'entrée, coula et brûla tous les vaisseaux, et réussit à faire sortir de nouveau son escadre, malgré une violente tempête. Sa mort, au moment oii il arrivait à Plymouth, jeta un voile sur la joie de cette grande victoire.

Cromwell désirait triompher sur terre comme sur mer, et, pour cela, il se jeta aveuglément dans les bras de Mazarin, engagé de son côté dans une guerre avec l'Espagne qui devait se terminer plus tard par le traité des Pyrénées (1659). Le cardinal promit Dunkerque à Cromwell, qui ne voulait accorder son aide qu'à cette condition expresse, et un détachement de soldats puritains se joignit aux troupes françaises qui étaient entrées en Flandres sous les ordres de Turenne; il se distingua par sa discipline et sa bravoure à la bataille des Dunes. Les villes flamandes se virent obligées d'ouvrir les portes aux Français, et Mazarin céda Dunkerque à Cromwell ( 1 658).

Le Parlement de 1657. — Jamais l'Angleterre n'avait été plus grande à l'extérieur, malgré la fatale erreur où tomba son gouvernement en prêtant la main aux ambitieux desseins de la France. [Mais les fautes de la politique étrangère de Cromwell sont peu de chose en- comparaison de celles qu'il commit dans sa politique intérieure. Le gouvernement du Protecteur était devenu une véritable tyrannie. Cependant il ne pouvait se contenter du rôle de despote ; il était désireux de donner une base légale

à son gouvernement; aussi s'empressa-t-il de saisir le prétexte de la guerre pour convoquer un nouveau Parlement. Malheureusement, on n'avait plus, comme en 1654, la liberté des élections. Les soixante membres envoyés par l'Irlande et l'Ecosse furent, pour ainsi dire, nommés par le gouvernement. Cromu/ell exerça une violente pression pour faire élire les membres du conseil; les catholiques et les royalistes, qui avaient combattu pour le Roi, furent de nouveau dépouillés du droit de vote, et l'on calcule qu'une moitié au moins des députés était liée au gouvernement par des questions de position et d'intérêt. Mais Cromaell trouvait ces garanties insuffisantes : il exigea de chaque membre un certificat du conseil pour être admis au Parlement ; un quart au moins des députés, c'est-à-dire une centaine (Haselrig en tète), furent exclus par ce moyen, pour cause de tiédeur religieuse et de manque de dévouement (septembre 1656),

En face de ces actes arbitraires et violents, la Chambre montra beaucoup de sagesse et de modération. Elle désavoua tout d'abord les bruits que l'on faisait courir sur ses projets d'opposition au gouvernement. L'un de ses premiers soins fut d'assurer la sécurité de la personne de Cromuell sans cesse menacée par de nouveaux complots ; elle le soutint dans sa politique belliqueuse et vota des subsides extraordinaires pour continuer la lutte. Ces mesures, qui témoignaient de tant de respect et de dévouement pour la personne du Protecteur, lui permirent de refuser sa sanction au système despotique qui avait placé, enfait, l'Angleterre sous la loimartiale. Dans son discours d'ouverture, Cromwell soutint hardiment le despotisme militaire des majors généraux. « Il a été plus efficace pour décourager le vice et établir la religion que tout ce qu'on a fait depuis cinquante ans. Je le maintiendrai» , dit-il avec une singulière véhémence, « en dépit de l'envie et des calomnies des insensés; je risquerai pour cela ma vie plus volontiers que pour quoi que ce soit de ce que j'ai entrepris; et si c'était encore à faire, je le recommencerais. " A peine avait-il présenté un bill au Parlement, approuvante conduite des majors généraux, qu'une discussion s'engagea où se révélait le tempérament delaChambre descommunes. Elle était prête, disait-elle, à consentir au Protectorat, mais résolue à le façonner sur le modèle des gouvernements réguliers. C'était aussi le désir des partisans les plus sages de Cromwell : " Ce qui me fait craindre le vote de cette loi >> , écrivait l'un d'eux à Henri, fils du Protecteur, « c'est que le pouvoir de Son Altesse se trouvera établi plus sur la force matérielle que sur les bases légales que le Parlement serait prêt à lui donner s'il consentait à se rapprocher de lui. " Le bill fut rejeté, et Cromuell s'inchna devant la volonté de la nation eu retirant aux majors leurs pouvoirs extraordinaires. .

Cette défaite du despotisme militaire fut suivie d'une tentative beaucoup plus audacieuse pour rétablir un régime légal. Le Parlement offrit à Crom-

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