‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 87 sur 205 · GUILLAUME D'ORANGE · texte numérisé non relu

GUILLAUME D'ORANGE

Eglise poussés à la rébellion par la Déclaration d'indulgence ; le comte de Devonshire enfin, l'ancien lord Cavcndisli du Bill d'exclusion, promettait l'appui des whigs et des non-conformistes, satisfaits d'une promesse de tolérance. Dix jours après la naissance du prince de Galles (30 juin) , une invitation formelle adressée à Guillaume d'intervenir en Angleterre pour rétablir la liberté et protéger la religion protestante, fut signée par les principales notabilités politiques et portée à la Haye, le 30 juin, par Herbert, le plus populaire des marins anglais, qui avait été privé de son commandement pour avoir refusé de voter contre le serment du Test. Les lords suppliaient Guillaume de débarquer avec une armée assez forte pour justifier leur propre soulèvement.

L'invitation fut expédiée de Londres le lendemain de l'acquittement des évêques. L'effervescence générale, les cris partis des bateaux qui couvraient la Tamise, les feux de joie allumés dans toutes les rues montraient que le pays était à la veille d'une insurrection. L'armée elle-même, sur laquelle s'appuyait Jacques, se laissa gagner par le peuple. Jacques H était à Hounslow lorsqu'il apprit l'acquittement des évêques, et comme il s'éloignait du camp à cheval, il entendit une grande acclamation derrière lui : V. Qu'est cela? -> demanda-t-il. «'Oh! rien », lui fut-il répondu; a vos soldats témoignent leur joie de l'acquittement des évêques, voilà tout !» — u. Et vous dites que ce n'est rien? i grommela le Roi. 11 comprit dès lors qu'il se trouvait complètement isolé dans son royaume ; les lords, la petite noblesse, le haut et le bas clergé, les Universités, la magistrature, les gens de négoce, les fermiers propriétaires, tous se tenaient à l'écart. Voilà maintenant que les soldats eux-mêmes l'abandonnaient. Les catholiques les plus, fervents le suppliaient de céder, mais c'eût été changer son gouvernement de fond en comble. Toute apparence de légalité avait disparu; shériffs, maires, magistrats, nommés par la couronne au mépris d'un acte du Parlement, n'avaient aucun titre légal à remplir leurs fonctions ; dans le cas même de la convocation d'un nouveau Parlement, les députés déclarés élus par ces fonctionnaires ne pouvaient légalement siéger à Westminster. On aurait eu de la peine à trouver un ministre et un conseiller privé exerçant une autorité régulière. Jacques était allé si loin dans la voie de l'illégalité, qu'on ne pouvait établir un gouvernement normal qu'en renversant tout ce qu'il avait fait. Il n'y songeait pas. Les remontrances de ses amis et les dangers qui le menaçaient ne servirent qu'à l'exciter à la résistance. Il leva le camp de Hounslow et dispersa ses troupes dans différents cantonnements. Les deux juges qui avaient décidé l'acquittement des évêques furent révoqués. Jacques H donna l'ordre au chancelier de chaque diocèse de lui indiquer les membres du clergé qui n'avaient pas lu la Déclaration d'indulgence. Mais sa volonté se brisa contre une résistance énergique sourde et universelle. Aucun chancelier ne voulut donner de réponse aux commissaires, et les commissaires eux-mêmes furent

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