‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 89 sur 205 · LA G R A \ D E A L L I A X C E · texte numérisé non relu

LA G R A \ D E A L L I A X C E

La Grande Alliance. — La maladresse commise par Louis XIV en choisissant l'Allemagne comme point d'attaque au lieu de la Hollande, fut bien atténuée par ses brillants succès au début de la guerre. Toute la rive gauche du Rhin tomba bientôt entre ses mains ; ses armées étaient maîtresses du Palatinat et pénétrèrent jusqu'en Wurtemberg. Il se croyait assuré du succès quand l'arrivée de Jacques à Saint-Germain vint renverser tous ses projets. Il fut immédiatement obligé de se mettre sur la défensive, et les épouvantables ravages qui marquèrent sa retraite sur le Rhin révélèrent la profondeur de la blessure faite à son orgueil. Le Palatinat fut changé en un véritable désert; le palais imposant de l'Electeur à Heidelberg, les tombes vénérées des empereurs à Spire, ainsi que les villes commerçantes et les huttes des vignerons, tout fut également détruit de fond en comble. De pareils excès ne pouvaient que faciliter la tâche de son redoutable rival. En acceptant le trône d'Angleterre, le stathouder Guillaume avait uni les deux grandes puissances protestantes dont les flottes dominaient les mers, et sa diplomatie avait su rapprocher les uns des autres tous les Etats allemands, un an auparavant, parle traité d'Augsbourg. Mais il y avait encore loin de ces accords à une coalition européenne contre la France; les deux branches de la maison d'Autriche, en Espagne et en Autriche, hésitaient à s'allier à des princes protestants contre un roi catholique; l'Angleterre ne se souciait pas de faire la guerre à la France au profit des libertés du continent. Toute hésitation disparut, dès que la réception de Jacques à Saint-Germain en qualité de roi d'Angleterre vint justifier la déclaration de guerre de l'Angleterre; la Hollande suivit, et les deux pays s'entendirent pour lutter énergiquement contre la France. L'adhésion de la cour de Vienne et de l'Espagne compléta enfin, en 1689, cette Grande Alliance dont Guillaume III était l'inspirateur. La Savoie entra aussi dans la coalition , et la France se trouva ainsi entourée de

' Sources : Gomme précédemment.

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