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LA GRANDE ALLIANCE

toutes parts, excepté du côlc de la Suisse, par un cercle d'ennemis; les royaumes Scandinaves restèrent à Tccart, mais dans une sorte de neutralité hostile à l'égard de la France.

Louis XIV n'avait plus pour alliée que la Turquie; mais grâce à son énergie et à la rapidité merveilleuse de ses mouvements, que lacilitait la centralisation extrême du pouvoir en France, les chances restèrent <à peu près égales des deux côtés. L'Empire était lent à se mettre en campagne, l'Autriche sans cesse inquiétée par les Turcs, et l'Kspagne réduite à l'impuissance; la Hollande et l'Angleterre seules mirent tout leur cœur dans la lutte, et encore cette dernière n'était-elle pas en état de contribuer largement à la guerre. Une brigade anglaise, formée des régiments levés par Jacques, ayant rejoint l'armée hollandaise sur la Sanibre, se distingua, il est vrai, dans une escarmouche près de Walcourt, sous les ordres de Churchill, qui avait été récompensé de sa trahison par le titre de duc de Marlborough. Mais (îuillaume avait encore à faire en Angleterre même.

Guillaume et l'Ecosse. — A la révolution de 1()88, personne n'avait tiré l'épée en faveur de Jacques II, mais la chute de son gouvernement fut plus rapide et plus éclatante encore en Ecosse , au moins dans les Basses Terres, où le despotisme s'était fait sentir plus lourdement que ])artout ailleurs. A peine Jacques II avait-il rappelé ses troupes dans le Sud pour combattre l'invasion de Guillaume, qu'Edimbourg leva l'étendard de la révolte. Les paysans de l'Ouest prirent les armes, et le clergé épiscopal, qui avait été l'instiument de la tyrannie des Stuarts depuis la restauration, fut hué par la populace et chassé de tous ses presbytères. La nouvelle de ces désordres obligea Guillaume à intervenir, quoiqu'il n'eût pas encore l'ombre d'une autorité légale en Ecosse; sur l'avis des lords écossais présents à Londres, il prit sur lui de convoquer une Convention dans le genre de celle d'Angleterre, et de ne tenir aucun compte des lois qui excluaient les presbytériens du Parlement d'Ecosse. Cette Convention proclama la déchéance de Jacques II comme tyran, et offrit la couronne à Guillaume et Marie. Cette offre était accompagnée d'une RevemUcalion, dans le genre de la Déclaration des droits déjà acceptée en Angleterre; elle se terminait par la demande de l'abolition de l'épiscopat. Guillaume accepta la couronne et la revendication ; l'arrivée des régiments écossais, que le prince d'Orange ramenait de Hollande, affermit encore le gouvernement.

Sa force devait bientôt être mise aune rude épreuve. John Graham, de Claverhouse, dont les cruautés contre les covenantaires des comtés de l'Ouest avaient été récompensées par le titre de vicomte Dundee, quitta Edimbourg, se retira avec une poignée d'hommes dans les Hautes Terres, et appela les clans à. la révolte. Les highlanders n'avaient jamais ressenti les effets du mauvais gouvernement des Stuarts ; pour eux, la révolution

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