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CHAPITRE IX

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La succession d'Espagne. — Ce fut beaucoup moins l'épuisement de la France que le besoin de se préparer pour une nouvelle lutte, plus formidable (jue les précédentes, qui décida Louis XIV, malgré son orgueil, à se soumettre aux conditions humiliantes de la paix de Rysvvick. La mort du roi d'Espagne, Charles II, était imminente; avec lui s'éteignait la descendance mâle de la branche espagnole de la maison d'Autriche qui régnait depuis deux siècles. Les guerres de Louis XIV n'avaient que trop prouvé combien l'Espagne était déchue du haut rang qu'elle occupait autrefois en Europe. Mais son empire était si vaste, ses ressources si énormes, qu'on croyait en général qu'avec un gouvernement plus énergique, elle pourrait recouvrer quelque chose de son ancienne splendeur. Le monarque espagnol possédait encore quelques-uns des plus magniflques pays de l'ancien et du nouveau monde : le Milanais, le royaume de Xaples, la Sicile, les Pays-Bas espagnols, une partie de l'Amérique du Sud, saus compter l'Espagne même et les plus belles îles des mers espagnoles. Réunir un pareil empire aux Etats de Louis XIV ou de l'Empereur, c'eût été ruiner d'un seul coup l'indépendance de l'Europe, rétablie avec tant de peine par Guillaume III; aussi, pour éviter un pareil désastre, le roi d'Angleterre s'était-il hâté de reprendre sa liberté en signant la paix de Rysuick (1697). Il y avait trois prétendants au trône d'Espagne ; le Dauphin, fils d'une sœur aînée de Charles II ; le prince électoral de Ratière, petit-fils

' Sources : Le grand ouvrage de IVIacaulay, qui s'arrête à la paix de Rysvvick, a été continué par lord Sfanliope : H'tstorij of England imder queen Anne. La principale source, pour Marlborough lui-même, est sa biographie par l'archidiacre Coxe, avec ses dépêches. Henri Martin, dans son Histoire de France, a raconté avec soin la guerre et les négociations de la succession d'Espagne au point de vue français : c'est même la partie la plus judicieuse de son ouvrage. Les Pamphlets politiques de Swift, et la Correspondance de lîolingbroke, sont d'une importance capitale pour la seconde moitié du règne de la reine Anne. Voy. aussi Hanke, Geschichte von England, et ï Histoire de l'Europe au dix-huitième siècle, de G. von Noorden.

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