‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 10 sur 255 · ÆT HE LF KIT H · texte numérisé non relu

ÆT HE LF KIT H

Nous ne savons que peu de chose de cette conquête de la Bretagne centrale et septentrionale. Au temps des Romains, le vaste territoire qui s’étend entre l’Hnmber et le Forth avait été le centre du pouvoir politique. York était alors la capitale de la Bretagne et le" siège du préfet impérial. La plus grande partie des légions qui occupaient l’ile étaient cantonnées le long des murs d’Hadrien. Ce territoire fut attaqué en même temps au nord et au sud. Une partie de l’armée des assaillants entra par PHumber et marcha vers les plaines du comté d’York, où fut fondé le royaume de Deirie, près des marais de Holderness et des dunes crayeuses qui se trouvaient à l’est d’York. Ida et les hommes qui l’avaient suivi, montés sur cinquante vaisseaux, atteignirent, en 547, la capitale du royaume septentrional de Bernicie, Bamborough, bâtie sur un rocher. Ils poursuivirent lentement leur chemin le long des cotes, malgré la résistance opiniâtre qui leur fut faite et qui devint, dans la suite, le sujet de chants bretons.

Æthelfrith. — La conquête de la Brehygne septentrionale fui suspendue pendant un temps assez long, par une lutte qui s’éleva entre' jes deux royaumes de Deirie et de Bernicie. Ces royaumes furent enfin >*ékmis par le roi Æthelfrith, le chef anglais le plus éiyer^iqac qui eûtyènctfre paru. De cette union naquit le nouveau royaume: de Northumhr^^oifis Æthelfrith, la conquête lit des progrès surprenants.. Un;/;(3f)3t, hyr forces des Bretons septentrionaux furent anéanties dans 1 fl tfdr 1 e de Dægsas-

tan, a la suite de laquelle la Novthumbrie étendit son pouvoir depuis rHumber jusqu’au Forth. Sur la cote occidentale de Bretagne se trouvaient les royaumes encore libres de Strathclyde et de Cumbrie entre la Clyde et la Dec, et quelques petits Etats bretons, occupant le territoire que nous appelons aujourd’hui le pays de Galles. Chester reliait ces provinces entre elles; et ce fut justement Chester qu’ Æthelfrith choisit, en 607, comme nouveau point d’attaque. Tout près de la ville s’élevait le monastère de Ban go r où étaient rassemblés deux mille moines. Après avoir imploré l’aide de Dieu pour leur pays, pendant trois jours entiers, une troupe de ces ascètes suivit l’armée des Bretons sur le champ de bataille. Æthelfrith remarqua l’attitude farouche de eet étrange bataillon d’hommes qui se tenaient à part, les bras grands ouverts, dans l’attitude de la prière. Il les prit pour des enchanteurs. « Armés ou non, disait-il, ils luttent contre nous lorsqu’ils crient ainsi à leur Dieu. » Dans la déroute qui suivit l’attaque, les moines furent les premiers frappés.

Page 1