CHAPITRE III
LE R 0 Y A U M E DE N O R T H ÜMBRIE1.
Æthelbert. — Les royaumes bretons étaient désormais séparés absolument les uns des autres. Par la victoire de Deorham, les Saxons occidentaux avaient isolé les Bretons du Devon et du Cornouailles de leurs compatriotes. De son côté, Æthelfrith gagna la bataille de Chester, soumit la province de Lancastre et divisa en deux parties distinctes ce qui restait encore du peuple breton. A partir de ce moment, le caractère de la conquête changea. Elle dégénéra en des luttes intermittentes avec les quelques provinces bretonnes qui subsistaient encore, isolées les unes des autres : Gall es occidentales, Galles septentrionales, et Cumbrie, ainsi qu’on les appelait. Ces luttes sans cesse reprises et interrompues ne devaient se terminer que par. les victoires d’Edouard Ier.
Un changement plus important encore s’opéra dans la conduite des chefs anglais les uns vis-à-vis des autres. A peine délivrés de la guerre avec les Bretons, ils employèrent leurs forces à combattre les uns contre les autres pour se disputer la suprématie. Le résultat de cette longue guerre fut de donner au pays une véritable unité nationale. La lutte fut d’abord conduite par la Yorthumbrie qui réussit, sous Æthelfrith, à établir son autorité sur les tribus anglaises qui occupaient la Bretagne centrale, les
1 S ources : L ' Historia ccclesiastica gentis Anglorum, de Bède, est la principale autorité à consulter pour cette période. On trouvera dans le texte des détails sur cet ouvrage et sur son auteur. De nombreux fragments du livre de Bède se trouvent ajoutés aux maigres annales royales et épiscopales des Saxons occidentaux, pour former ce que nous possédons aujourd’hui sous le nom de Chronique anglo-saxonne . Le poëme de Cædmon a été publié par AI. Thorpe, et il a été analysé par Sharon Turner ( Historg of the Anglo-Saxons , t. III, ch. ni) et par M. Morley [En g H s h writers , t. I). La Vie de Wilfrid, par Eddî, et celle de Cuthhert, par Bède et par un biographe contemporain antérieur, qui servent d’appendice à l’édition de V Historia ecclesiastica de M. Stevenson, jettent une grande lumière sur l’état religieux du nord de l’Angleterre. Pour Guthlac de Crowland, voiries Acta Sanctorum, du IL avril. Pour Théodore et l’Eglise anglaise qu’il organisa, voir Ke.aible ( Saxons in England , t. II), et surtout les remarquables observations du professeur Stubbs dans son Histoire constitutionnelle .